{"id":843,"date":"2018-07-01T22:58:18","date_gmt":"2018-07-01T20:58:18","guid":{"rendered":"http:\/\/alworld.fr\/?p=843"},"modified":"2018-07-01T22:58:18","modified_gmt":"2018-07-01T20:58:18","slug":"kaiser-chiefs-employment-le-travail-cest-la-sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sonologysm.fr\/?p=843","title":{"rendered":"Kaiser Chiefs Employment, le travail c&rsquo;est la sant\u00e9 !"},"content":{"rendered":"<h3  > 2005. La musique s&rsquo;am\u00e9liore enfin. Le rap et le r&rsquo;n&rsquo;b redevient \u00e9coutable. Le rock reprend des couleurs gr\u00e2ce \u00e0 aux groupes White Stripes ou The Strokes. Forc\u00e9ment, une renaissance de la \u00ab\u00a0britpop\u00a0\u00bb allait logiquement bient\u00f4t appara\u00eetre.<\/h3>\n<p  > Ann\u00e9e : 2005 | Label : B-Unique | Genre : Indie Rock<\/p>\n<p>Les hostilit\u00e9s commencent en 2000, avec la sortie de l&rsquo;exp\u00e9rimental et intriguant <i>Kid A<\/i> de <b>Radiohead<\/b>, qui montre que la premi\u00e8re vague Britpop a bel et bien disparu, laissant Blur et consorts \u00e0 leurs exp\u00e9rimentations, et les autres \u00e0 la casse. Coldplay n&rsquo;est pas encore un groupe \u00e0 stade, et Placebo allait rendre le Kh\u00f4l et l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 sexuelle \u00e0 la mode. Et pour les autres ? Ceux qui \u00e9taient friands de bi\u00e8re ti\u00e9dasse et de chants de stade? Ils n&rsquo;ont plus les fr\u00e8res Gallagher pour leur remonter le morale, encha\u00eenant les <a href=\"http:\/\/alworld.fr\/category\/music-and-me\">albums<\/a> plus mauvais les uns que les autres. Finis les singles accrocheurs \u00e0 la radio quand les stars de t\u00e9l\u00e9-crochet envahissent les charts. Finis les journ\u00e9es au pub \u00e0 fredonner <i>The Universal<\/i> ou <i>Wonderwall <\/i>entre deux gorg\u00e9es de bi\u00e8re.<\/p>\n<p>Mais pas d&rsquo;inqui\u00e9tude. Une petite poign\u00e9e de groupes cool, jeunes et plein d&rsquo;entrain allaient tous les rassurer. Le tr\u00e8s prometteur <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Franz_Ferdinand\"><b>Franz Ferdinand<\/b><\/a> allait sortir un album qui allait fr\u00e9mir le classement britannique et assurer au groupe une belle notori\u00e9t\u00e9. Plus brut et plus m\u00e9chant, <b>Kasabian<\/b> pr\u00e9f\u00e9rait ajouter de la noirceur avec le beau <i>Empire<\/i>. Et surtout, les petits malins d&rsquo;<b>Arctic Monkeys<\/b>, profitant du boum de MySpace, sortait <i>Whatever People Say I Am, That&rsquo;s What I&rsquo;m Not<\/i>, un title horriblement long pour un disque qui allait ouvrir la voie aux artistes du Web&#8230; Sans compter <b>Keane<\/b> et son <i>Hopes &amp; Fears<\/i>, et enfin, un groupe originaire de Leeds, dont nous allons parler aujourd&rsquo;hui : Kaiser Chiefs et <i>Employment<\/i>.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1280\" height=\"720\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/kaiser_chiefs_travail_sante.jpg\" alt=\"Kaiser Chiefs Employment, le travail c&#039;est la sant\u00e9 ! 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Sait-on simplement que Matthew Lewis, le Neville Londubat de Harry Potter, y a \u00e9tudi\u00e9, et que le psychiatre John Todd y a \u00e9crit le syndrome d&rsquo;Alice aux Pays des Merveilles.<\/p>\n<p>A l&rsquo;universit\u00e9, Rix et Baines croisent les fameux trublions du futur groupe : le taiseux Andrew White et le flamboyant Ricky Wilson, roux dodu amateur de bi\u00e8res et allergique au chocolat. Ils fondent alors <b>Parva<\/b>, un groupe dont les d\u00e9buts seront logiquement difficiles, mais dont la r\u00e9putation arrivera tout de m\u00eame \u00e0 franchir les limites de Leeds et arriver aux oreilles d&rsquo;un petit label appel\u00e9 Mantra Recordings. Plut\u00f4t heureux que l&rsquo;on s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 eux, Parva signe un contrat et enregistre un album, 22, qui malgr\u00e9 une certaine qualit\u00e9 musicale, rejoindra bient\u00f4t les notes de bas de page de l&rsquo;histoire de la pop. Comble de malchance, Mantra Recordings ferme ses portes, c&rsquo;est le retour \u00e0 la case 0.<\/p>\n<p>Mais le flegme britannique allait encore faire mouche. Conscients qu&rsquo;ils sont \u00e0 un tournant de leur carri\u00e8re naissante, ils d\u00e9cident de tout plaquer : le groupe change leur r\u00e9pertoire, radicalement. Leur amour du foot fait qu&rsquo;ils se rebaptisent <b>Kaiser Chiefs <\/b>en hommage au club sud-africain du m\u00eame nom, o\u00f9 le capitaine de l&rsquo;\u00e9quipe de Leeds dont ils sont fans, <b>Lucas Radebe<\/b>, a jou\u00e9. De clubs en clubs, de concerts en concerts, les Kaiser Chiefs se distinguent d\u00e9j\u00e0 par une pop festive et irr\u00e9v\u00e9rencieuse, bien loin des exp\u00e9rimentations gla\u00e7antes de Radiohead ou du son <i>baggy<\/i> d&rsquo;Oasis. Ricky Wilson, chanteur fort en gueule (avec une sacr\u00e9e descente), se distingue par ses tenues \u00e9l\u00e9gantes et recherches, et par une f\u00e2cheuse tendance \u00e0 monter sur les enceintes.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;en fallait pas plus pour se faire rep\u00e9rer par l&rsquo;agent artistique <b>James Sandom<\/b>, responsable de groupes comme Franz Ferdinand ou encore Interpol&#8230; Il fut mis au courant par son ami Sean Adams (leader de <b>Drowned in Sound<\/b>) de leurs exploits sur sc\u00e8ne. Curieux, celui-ci est vite impressionn\u00e9 par le potentiel \u00e0 singles de leurs chansons.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\tJ&rsquo;ai assist\u00e9 \u00e0 quelques concerts et j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9 par une s\u00e9rie de tubes potentiels. C&rsquo;\u00e9tait une \u00e9vidence !\t\t\t<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<cite>James Sandom, futur manager du groupe Kaiser Chiefs<\/cite>\n\t\t\t\t\t<\/p><\/blockquote>\n<p>Sandom devient aussit\u00f4t leur agent et leur fait signer un contrat sur le label B-Unique, o\u00f9 l&rsquo;on peut retrouver des pointures comme\u00a0<b>John Newman<\/b>\u00a0ou\u00a0<b>Kodaline<\/b>. Sa succession de choix va favoriser la popularit\u00e9 du groupe : premier live dans un festival musical \u00e0 Moscou couronn\u00e9 de succ\u00e8s, et leur ouverture du NME Awards Tour, un d\u00e9but plein de promesses dans les m\u00e9dias, tout comme Coldplay ou Franz Ferdinand dans le pass\u00e9. L&rsquo;histoire se r\u00e9p\u00e8te, pour le meilleur pourrait-on dire dans leur cas&#8230;\u00a0<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=54DtVXjk2jY\t\t<\/p>\n<h3  > Kaiser Chiefs, Employment ou la quintessence britannique<\/h3>\n<p>Histoire de ne pas marcher sur des charbons ardents, Kaiser Chiefs pour <i>Employment<\/i>, sait s&rsquo;entourer de personnes de confiance. Pour cela, ils d\u00e9cident d&rsquo;engager les services de Stephen Street, un nom bien connu dans la pop britannique&#8230; car il est le producteur historique de Blur, ayant accompagn\u00e9 le groupe pendant trois albums (\u00e0 succ\u00e8s) et jou\u00e9 le r\u00f4le de p\u00e8re de substitution dans les bons comme dans les mauvais jours. Celui-ci les invite dans un sous-sol du Studios Olympic. Consid\u00e9r\u00e9 comme le second studio le plus important du Royaume-Uni apr\u00e8s les mythiques studios d&rsquo;Abbey Road, les plus grands groupes des ann\u00e9es 60 et 70 y ont enregistr\u00e9 tels que Led Zeppelin, Jimi Hendrix, The Small Faces, et bien entendu les Beatles. Un alignement des plan\u00e8tes parfait pour l&rsquo;\u00e9closion d&rsquo;un single \u00e0 gros potentiel.<\/p>\n<p>Et il ne tarde pas \u00e0 arriver. Peu apr\u00e8s leur installation, le groupe enregistre \u00ab\u00a0I Predict a Riot\u00a0\u00bb. Etonnante chanson parlant d&rsquo;un \u00e9minent ing\u00e9nieur civil nomm\u00e9 John Smeaton, consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re de l&rsquo;ing\u00e9nierie civile. Cette chanson a la particularit\u00e9 d&rsquo;utiliser le dialecte du Yorkshire avec les fameux \u00ab\u00a0thou\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0thee\u00a0\u00bb, variantes anciennes signifiant \u00ab\u00a0vous\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0you\u00a0\u00bb moderne exprimant le vous et le tu (pour les nuls en anglais occup\u00e9s \u00e0 dormir au fond). On en retiendra deux clips \u00e9bouriffants : une bataille de polochons qui d\u00e9g\u00e9n\u00e8re, et au autre plus abouti visuellement, o\u00f9 le groupe d\u00e9ambule dans une ville edwardienne et rencontre un \u00e9trange directeur de troupe de cirque. Puis \u00ab\u00a0Oh My God\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Everybody I Love You Less and Less\u00a0\u00bb suivront avec le m\u00eame succ\u00e8s. Le roublard <i>Employment <\/i>sort le 7 mars 2005, pr\u00eat \u00e0 tout casser avec son charme d\u00e9suet et ses paroles accrocheuses.<\/p>\n<p>L&rsquo;album <i>Employment <\/i>de Kaiser Chiefs r\u00e9colte une pluie de louanges. On lui pr\u00eate un charme so british incontestable. Le Rolling Stones, malgr\u00e9 une certaine r\u00e9serve, affirme que c&rsquo;est l&rsquo;album parfait pour les amateurs d&rsquo;\u00e9nergie virile et de chorus na-na-na, Spin rigole des blagues du groupe et de leur humour d\u00e9bonnaire&#8230; s&rsquo;encha\u00eenent les acclamations de Yahoo Music, Mojo, NME Magazine&#8230; le succ\u00e8s populaire est imm\u00e9diat. D\u00e8s sa sortie, l&rsquo;album devient le quatri\u00e8me album du Royaume Uni le plus vendu de 2005, tous ses singles se classent dans le Top 10 des charts britanniques.\u00a0<i>Employment <\/i>devient 6 fois disque de platine et se vend en tout \u00e0 3 millions d&rsquo;exemplaires. <i>Employment <\/i>de Kaiser Chiefs \u00e9crase la concurrence et remporte les prix les plus prestigieux : 3 Brit Awards, le NME award du meilleur album. Un record inesp\u00e9r\u00e9 dans une industrie du disque de plus en plus moribonde et avec un public jeune plus port\u00e9 sur le iPod que sur les concerts&#8230; Concerts o\u00f9 le groupe laisse \u00e9clater sa vitalit\u00e9, surtout Ricky Wilson, jetant des baudruches dans le public, n&rsquo;h\u00e9sitant \u00e0 jeter de la bi\u00e8re et \u00e0 monter sur les enceintes, ou encore faire le petit train au milieu de la foule ! La f\u00eate est bien partie pour durer. Quoique &#8230;<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=84qWb8i_Q_A\t\t<\/p>\n<h3  > Arrogance et p\u00e9nombre<\/h3>\n<p><i>Employment<\/i> n&rsquo;a pas fait que des heureux. Certains critiques lui reproche la facilit\u00e9 de leurs arrangements, le pompage plus que douteux sur certains autres hits britanniques comme \u00ab\u00a0<i>Girls and Boys<\/i>\u00a0\u00bb de <b>Blur<\/b>. On peut aussi se questionner sur l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de certaines chansons, quoique tr\u00e8s bonnes, sur l&rsquo;opus, ou bien que les solos de guitare n&rsquo;existent finalement que pour \u00eatre repris en chanson! On notera une certaine lourdeur sur des titres comme \u00ab\u00a0<i>Saturday Night<\/i>\u00a0\u00bb ou le curieux \u00ab\u00a0<i>Na Na Na<\/i>\u00a0\u00bb qui r\u00e9sume \u00e0 lui seul une certaine arrogance ; une chanson sans grandes paroles dans un album un peu facile, comme un geek boutonneux au milieu d&rsquo;adolescents un peu attard\u00e9s&#8230; Les ronflants <i>Time Honored Tradition <\/i>ou <i>Caroline, Yes <\/i>(un joli hommage aux <b>Beach Boys<\/b>) peuvent faire h\u00e9risser le fan hardcore des ann\u00e9es 70 mais plairont davantage \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration X (dont je fais partie) qui n&rsquo;ont pas connu les \u00e9lans ouvriers d&rsquo;<b>Oasis<\/b> ou la pop arty de Blur. Autre \u00e9poques, autres moeurs, et autre musique. On se rend compte qu&rsquo;<i>Employment<\/i>&nbsp;de Kaiser Chiefs agit un peu comme un bonbon \u00e0 l&rsquo;ac\u00e9rola : une \u00e9nergie festive qui explose dans la bouche, puis une sensation pesante sur le mental sans comprendre ce qui s&rsquo;est pass\u00e9.<\/p>\n<p>On ne peut pas vraiment dire que la modestie soit l&rsquo;une des qualit\u00e9s du groupe. Ricky Wilson a longtemps dit qu&rsquo;il d\u00e9sirait cr\u00e9er un groupe \u00e0 stades et conqu\u00e9rir le monde (rien que \u00e7a)&#8230; Sur le premier point on ne leur en voudra pas d&rsquo;avoir donn\u00e9 envie \u00e0 leurs fans de chanter \u00e0 tue-t\u00eate leurs refrains entre deux coups de t\u00eate de Beckham, sur le second on peut se l&rsquo;avouer : Kaiser Chiefs et <i>Employment <\/i>n&rsquo;ont pas r\u00e9volutionn\u00e9 le genre. Nous n&rsquo;avons pas affaire \u00e0 des militants d&rsquo;originalit\u00e9 intr\u00e9pides et fougueux mais plut\u00f4t \u00e0 des fils de bonne famille intr\u00e9pides et fougueux ne voulant pas trop se salir mais ajoutant une petite touche de fun et d&rsquo;\u00e9vasion dans une pop aux abois, \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;une pinc\u00e9e de piment dans un rago\u00fbt trop fade. Mais \u00e0 force de trop en rajouter, cela ne risque-t-il pas de faire tourner la soupe? L&rsquo;overdose est \u00e9vit\u00e9e de justesse, et l&rsquo;on se surprend \u00e0 aimer ces compositions sucr\u00e9es et color\u00e9es&#8230;<\/p>\n<p>Cependant l&rsquo;esprit de f\u00eate est-il toujours pr\u00e9sent ? Pas s\u00fbr. Derri\u00e8re la f\u00eate de fa\u00e7ade, on devine un sentiment amer et un certain cynisme&#8230; \u00ab\u00a0Toucher les seins\u00a0\u00bb dans <i>Born To Be A Dancer<\/i>, vraiment ? Les paroles sont assez n\u00e9gatives malgr\u00e9 l&rsquo;effet sautillant : les multiples r\u00e9f\u00e9rences aux beuveries, \u00e0 la stupidit\u00e9 humaine, la duret\u00e9 de l&rsquo;amour <i>(Everybody I Love You Less and<\/i> <i>Less<\/i>) ou \u00e0 une l\u00e9g\u00e8re critique sociale <i>(Oh My God).&nbsp;<\/i>Cela pourrait ajouter un peu de profondeur \u00e0 l&rsquo;ensemble, mais l&rsquo;on sent bien que la f\u00eate vire parfois&nbsp;au charivari. La joie sautillante se teinte d&rsquo;une m\u00e9lancolie typiquement britannique. On se retrouve pris entre deux \u00e9taux, malgr\u00e9 nous : on est compatissant devant ce premier exercice de style plut\u00f4t bien ma\u00eetris\u00e9 mais sceptique devant ce d\u00e9ploiement survitamin\u00e9 de guitares et de cr\u00e8me glac\u00e9e. L&rsquo;\u00e9gocentrisme est-il volontaire ou assum\u00e9? Le myst\u00e8re reste entier.<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=SnxNJbWCcng<\/p>\n<p>On louera toutefois la sinc\u00e9rit\u00e9 un peu maladroite du groupe, de mettre en avant la guitare dans un de mill\u00e9naire domin\u00e9 par les synth\u00e9tiseurs crachant du dubstep bient\u00f4t us\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la corde. Le chant y occupe, chose int\u00e9ressante \u00e0 noter, une place importante. Fini le chant an\u00e9mique et fluet de Thom Yorke sur ses exp\u00e9rimentations gla\u00e7antes, et bonjour aux ch\u0153urs endiabl\u00e9s et inspir\u00e9s. La duret\u00e9 du monde s&rsquo;efface petit \u00e0 petit, laissant place \u00e0 un apr\u00e8s match de foot Manchester-Leeds en pleine descente de bi\u00e8re. On se surprend \u00e0 chanter les chansons sans trop de coh\u00e9rence, on finit par se laisser transporter par tant de bonne volont\u00e9.<\/p>\n<p>Certes, l&rsquo;album n&rsquo;est pas inoubliable, mais cela est fait avec tellement d&rsquo;\u00e9nergie, que l&rsquo;on ne peut totalement rejeter leur engouement pour les syllabes et les riffs un peu d\u00e9coratifs. L&rsquo;h\u00e9ritage des Doors semble loin. Entre deux f\u00eates de Fluo Kids fans des Klaxons, Kaiser Chiefs ne renie pas cette h\u00e9ritage. Le groupe parvient \u00e0 le d\u00e9tourner de mani\u00e8re amusante sans oublier un fond de r\u00e9alit\u00e9 plut\u00f4t \u00e9tonnant dans ce genre de contenu.<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es 2000 n&rsquo;allaient pas produire de mirifiques groupes pop-rock avec une sinc\u00e9rit\u00e9 toute relative. Kaiser Chiefs et <em>Employment<\/em> sait qu&rsquo;il n&rsquo;est pas un monument d&rsquo;originalit\u00e9 mais il tente quelque chose avec un enthousiasme certain. Certains ne seront pas convaincus, d&rsquo;autres comme moi se laissent tenter. Un excellent souvenir d&rsquo;apprentissage de l&rsquo;anglais me revient alors un t\u00eate, provoquant dans mon corps une enveloppe cotonneuse de nostalgie. Qu&rsquo;importe s&rsquo;il manque une identit\u00e9 forte pour le groupe qui pourrait leur donner un peu plus de l\u00e9gitimit\u00e9, qu&rsquo;importe si on \u00e9coute une version un peu grossi\u00e8re de Supergrass ou Blur, qui ont sans doute fait mieux en 1993. L&rsquo;\u00e9coute est un r\u00e9gal, l&rsquo;ensemble est plaisant.<\/p>\n<p>C&rsquo;est dans les plus vieux pots qu&rsquo;on fait les meilleures soupes c&rsquo;est certain. Mais un peu de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et de fantaisie, et on rajeunit le potage un peu trop \u00e9pais que l&rsquo;on a sous le nez&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2005. La musique s&rsquo;am\u00e9liore enfin. Le rap et le r&rsquo;n&rsquo;b redevient \u00e9coutable. 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