{"id":781,"date":"2017-05-22T23:08:30","date_gmt":"2017-05-22T21:08:30","guid":{"rendered":"http:\/\/alworld.fr\/?p=781"},"modified":"2017-05-22T23:08:30","modified_gmt":"2017-05-22T21:08:30","slug":"moby-play-celeste-in-the-city","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sonologysm.fr\/?p=781","title":{"rendered":"Moby &#8211; Play : c\u00e9leste in the city"},"content":{"rendered":"<h3  > Un album de fin de d\u00e9cennie, boud\u00e9 \u00e0 sa sortie et qui connut une spectaculaire remont\u00e9e gr\u00e2ce au cin\u00e9ma et \u00e0 la publicit\u00e9. Depuis, Play de Moby est consid\u00e9r\u00e9 comme un classique de l&rsquo;\u00e9lectro.<\/h3>\n<p  > Ann\u00e9e : 1999 | Genre : Electro \/ Breakbeat | Label : Mute \/ V2<\/p>\n<p>Cette fin de si\u00e8cle fut \u00e9trange pour la <a href=\"http:\/\/alworld.fr\/category\/music-and-me\">musique<\/a>. La <em>Britpop<\/em> \u00e9tait sous coma artificiel, la <em>French Touch<\/em> disparaissait doucement vaincue par un trop-plein de f\u00eates et d&rsquo;argent, tandis que le rock alternatif allait conna\u00eetre une embellie sans pr\u00e9c\u00e9dent. Au milieu de ces bouleversements, l&rsquo;apparition des starlettes du dimanche, de <em>boys-band<\/em> fumeux ou encore l&rsquo;\u00e9mergence de l&rsquo;\u00e9lectro hors de son aura <i>underground<\/i>. Et parmi cette foire d&#8217;empoigne, un jeune New-Yorkais <i>vegan<\/i> et humaniste allait vivre une des exp\u00e9riences les plus cr\u00e9atives et les plus intenses de son existence. Bient\u00f4t, <strong>Moby<\/strong> &amp; <em>Play<\/em> ne feront qu&rsquo;un.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"800\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play2.jpg\" alt=\"Moby - Play : C\u00e9leste in the City - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play2.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play2-300x125.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play2-1024x427.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play2-768x320.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play2-1536x640.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > Ab\u00eeme et lumi\u00e8re aveuglante<\/h3>\n<p>Tout n&rsquo;a pas commenc\u00e9 de fa\u00e7on idyllique. Cela doit faire 7 ans que Moby, alias Richard Melville, descendant d&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Herman_Melville\">Hermann Melville<\/a> &#8211; son surnom est un hommage &#8211; est connu dans le milieu encore ferm\u00e9 de la musique \u00e9lectronique. Consid\u00e9r\u00e9 par ses pairs comme l&rsquo;enfant prodige de l&rsquo;\u00e9lectro, Moby se sent prisonnier d&rsquo;une impasse. L&rsquo;\u00e9chec cuisant de son pr\u00e9c\u00e9dent <i>Animal Rights, <\/i>sorte de manifeste anti-violence et contre la cruaut\u00e9 des animaux \u00e0 la sauce m\u00e9tal hardcore, a d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9 les fans de la premi\u00e8re heure (on les comprend)&#8230; m\u00eame les \u00e9chos positifs de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s comme <b>Terence Trent D&rsquo;Arby<\/b>, <b>Bono <\/b>ou m\u00eame <b>Axl Rose<\/b> &#8211; il lui avouera l&rsquo;\u00e9couter en boucle chaque matin &#8211; n&rsquo;arrivent pas \u00e0 rassurer Moby sur ses capacit\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;exp\u00e9rience a le go\u00fbt amer de la d\u00e9faite, comme il l&rsquo;indiquera bien des ann\u00e9es plus tard, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agira de le d\u00e9fendre en concert :<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\tJ&rsquo;\u00e9tais assis pr\u00e8s des petites balan\u00e7oires en pneu qui avaient \u00e9t\u00e9 rong\u00e9es par les pitbulls [&#8230;] et je me disais : Quand ce disque sortira, ce sera la fin de ma carri\u00e8re. Je devrais commencer \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce que je peux faire d&rsquo;autre.\t\t\t<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<cite>Moby jouant \u00ab\u00a0Play\u00a0\u00bb au Sara Delano Roosevelt Park en 1999<\/cite>\n\t\t\t\t\t<\/p><\/blockquote>\n<p>Pour Moby, c&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9, l&rsquo;album qui suivra <i>Animal Rights <\/i>sera le dernier de sa carri\u00e8re. Il commence \u00e0 travailler d&rsquo;arrache-pied \u00e0 partir de 1998, dans son studio de Mott Street \u00e0 Manhattan. Selon Moby, aucun signe avant-coureur n&rsquo;indique que cet album sera meilleur que le pr\u00e9c\u00e9dent. L&rsquo;artiste frappe \u00e0 la porte de Warner Bros, Sony, RCA mais il est constamment rejet\u00e9 par les labels, arguant que l&rsquo;album est trop bizarre, trop \u00e9lectro, trop \u00e9litiste bref, trop en avance sur son temps. Enfin, un label mineur, <b>V2 <\/b>&#8211; responsable, entre autres, de <b>The Black Keys<\/b>, <b>Grandaddy<\/b>, et <b>Nada Surf<\/b> &#8211; accepte d&rsquo;en assurer la promotion. Encore une fois la poisse colle \u00e0 Moby : aussit\u00f4t le disque envoy\u00e9 aux journalistes, ceux-ci le m\u00e9prisent en affirmant qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas que \u00e7a \u00e0 faire que de l&rsquo;\u00e9couter. Ce qui n&rsquo;a manqu\u00e9 de faire une grosse publicit\u00e9&#8230; Moby et <i>Play<\/i>, un vrai faux d\u00e9part.<\/p>\n<p>Le but de V2 \u00e9tait clair : vendre au moins 250 000 copies du disque, au m\u00eame niveau qu&rsquo;<i>Everything Is Wrong<\/i>, sorti en 1995 et qui avait \u00e9t\u00e9 un carton. L&rsquo;objectif s&rsquo;annonce ardu, d&rsquo;autant que les premi\u00e8res ventes de <i>Play<\/i> sont d\u00e9cevantes, r\u00e9coltant une pauvre place 33 dans les charts britanniques. La premi\u00e8re semaine, l&rsquo;album se vend mal : \u00e0 peine 6000 copies. Le lancement fut \u00e0 l&rsquo;image de cette ouverture : d\u00e9cevant.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\tLorsque Play a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9, il a en quelque sorte \u00e9chou\u00e9. Il ne s&rsquo;est pas tr\u00e8s bien vendu. Il n&rsquo;a pas re\u00e7u de bons commentaires pour la plupart. La tourn\u00e9e \u00e9tait minuscule. Le premier spectacle que j&rsquo;ai jou\u00e9 \u00e9tait dans le sous-sol d&rsquo;un Virgin Megastore \u00e0 Union Square et environ 20 personnes sont venues, et c&rsquo;\u00e9tait gratuit&#8230;\t\t\t<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<cite>Moby pour le magazine Music Tech, 28 mai 2024<\/cite>\n\t\t\t\t\t<\/p><\/blockquote>\n<p>Janvier 2000. Moby est au fond du trou, occup\u00e9 \u00e0 faire la premi\u00e8re partie du groupe\u00a0<b>Bush<\/b>\u00a0pour le MTV Campus Invasion Tour. Cette exp\u00e9rience est d\u00e9gradante pour lui, \u00e9tant donn\u00e9 le peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;a pour lui le public. Un mois passe. Le publiciste de Moby manque de s&rsquo;\u00e9trangler en affirmant \u00e0 son client que\u00a0<i>Play<\/i>\u00a0a atteint la premi\u00e8re place des ventes au Royaume-Uni. S\u00e9rieusement alcoolis\u00e9 et d\u00e9prim\u00e9, Moby met un certain temps \u00e0 comprendre. Et pourtant, la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9clate au grand jour :\u00a0<i>Play<\/i>\u00a0est num\u00e9ro un presque partout en Europe, et dans les pays anglo-saxons. 11 mois se sont \u00e9coul\u00e9s&#8230; et d\u00e9j\u00e0 150 000 copies ont \u00e9t\u00e9 vendues&#8230; du jamais vu pour un album \u00e9lectro ! C&rsquo;est un v\u00e9ritable choc pour Moby dont la seule r\u00e9ponse est \u00ab\u00a0mais l&rsquo;album est sorti il y a dix mois.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"800\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play3.jpg\" alt=\"Moby - Play : C\u00e9leste in the City - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play3.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play3-300x125.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play3-1024x427.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play3-768x320.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play3-1536x640.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > Humaniste, fondamental<\/h3>\n<p>L&rsquo;album se vendra \u00e0 12 millions d&rsquo;exemplaires dans le monde, dont deux millions rien qu&rsquo;aux Etats-Unis. Un record absolu pour un album \u00e9tiquet\u00e9 dance music. Qu&rsquo;est-ce qui peut bien explique ce ph\u00e9nom\u00e8ne sans pr\u00e9c\u00e9dent? Certainement le choix tr\u00e8s intelligent de singles \u00e0 fort potentiel comme le br\u00fblant <i>Honey<\/i>, ou encore le calibr\u00e9 <i>Find My Baby.<\/i> Surtout, la sortie de <i>Porcelain<\/i>, hymne dance irr\u00e9el ang\u00e9lique et m\u00e9lancolique, a permis \u00e0 Play d&rsquo;obtenir la reconnaissance internationale. Pourtant, le genre dance n&rsquo;\u00e9tait pas franchement populaire vers la fin des ann\u00e9es 90 aux Etats-Unis. Ironiquement, cet album allait permettre \u00e0 Moby d&rsquo;asseoir enfin sa supr\u00e9matie dans un milieu qui allait bient\u00f4t devenir f\u00e9rocement concurrentiel&#8230;<\/p>\n<p>Ce qui a fait la force de Play, c&rsquo;est tout son univers audiovisuel. D&rsquo;une part, ses clips de qualit\u00e9, rehaussant toute la puissance m\u00e9lodramatique des singles de l&rsquo;album : r\u00eaverie a\u00e9rienne pour <i>Porcelain<\/i> par <b>Jonas Akerlund<\/b> (<b>Lady Gaga, Britney Spears, Rammstein<\/b>), d\u00e9lire orwellin dans <i>Honey<\/i> par <b>Roman Coppola,<\/b> parodie glauque de clip de rap pour <i>South Side<\/i> par <b>Joseph Khan<\/b>. Mais la palme de la r\u00e9ussite revient sans aucun doute \u00e0 <i>Natural Blues<\/i> par <b>David LaChapelle<\/b>, o\u00f9 Moby, emprisonn\u00e9 dans un corps de vieillard, voit sa vie d\u00e9filer sur un \u00e9cran de t\u00e9l\u00e9vision et tout se termine par sa renaissance en b\u00e9b\u00e9. Un chef d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=z3YMxM1_S48<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, Play a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un des premiers albums \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 int\u00e9gralement sous licence commerciale \u00e0 des fins m\u00e9diatiques et audiovisuelles. D\u00e8s lors, on entendra Play plus \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 la radio! Porcelain sera l&rsquo;hymne de <em>La Plage<\/em> de <strong>Danny Boyle<\/strong>, <em>Honey<\/em> et <em>Find My Baby<\/em> serviront pour des pubs pour<strong> American Express<\/strong>, <strong>Volkswagen<\/strong>, <strong>Baileys Irish Cream<\/strong>, <em>My Weakness<\/em> appara\u00eet dans <strong>X-Files<\/strong>. La critique est unanime : pour eux, <em>Play<\/em> est le chef-d\u2019\u0153uvre mainstream que tous les adorateurs d&rsquo;\u00e9lectro ont un jour r\u00eav\u00e9 de concevoir. Certains affirment que Moby a su trouver l&rsquo;\u00e9quilibre parfait entre beaut\u00e9 et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, et qu&rsquo;il pousse ses auditeurs \u00e0 aimer la musique dans son \u00e2me. D&rsquo;autres disent qu&rsquo;on n&rsquo;avait jamais vu pareil tourment artistique int\u00e9rieur se traduire de si belle fa\u00e7on&#8230; une remarque bien ironique, au vu du parcours tortueux qu&rsquo;a connu l&rsquo;album dans sa naissance. Un douloureux accouchement pour Moby, qui a \u00e9t\u00e9 salvateur.<\/p>\n<p><em>Animal Rights<\/em> avait \u00e9t\u00e9 incompris dans sa radicalit\u00e9 et son jusqu&rsquo;au-boutisme parfois \u00e9touffant. Play est la r\u00e9ponse placide, s\u00e8che et po\u00e9tique des questionnements existentiels de Moby : l&rsquo;humanisme, son v\u00e9ganisme, le fondamentalisme, l&rsquo;importance de la religion bouddhiste. La radicalit\u00e9 dans les domaines amoureux, professionnels et soci\u00e9taux. Il suffit de lire le livret de l&rsquo;album pour se rendre compte du cheminement spirituel et physique de l&rsquo;artiste. Clair comme de l&rsquo;eau de roche.<\/p>\n<p>On pourrait croire que ce d\u00e9bordement hippie aurait pu ruiner n&rsquo;importe quel promo digne de ce nom, mais avec Play, elle prend tout son sens. C&rsquo;est un album sorti du n\u00e9ant, rest\u00e9 en apesanteur pendant des mois, entr\u00e9 de fa\u00e7on vaporeuse dans les charts et qui s&rsquo;est durablement ancr\u00e9 dans la t\u00eate des gens au point de devenir indispensable. Quelque part, <em>Play<\/em> a d\u00e9fonc\u00e9 les portes ferm\u00e9es de la bien-pensance au sujet de la musique \u00e9lectronique. Ce domaine, longtemps redout\u00e9, pouvait \u00e9galement avoir sa place entre une discoth\u00e8que lambda, entre deux albums de <strong>Barbra Streisand<\/strong> et des <strong>Beatles<\/strong>. De la m\u00eame fa\u00e7on qu&rsquo;il \u00e9tait apparu, l&rsquo;opus est devenu un classique, d\u00e9montrant que la techno et la dance pouvaient \u00eatre des genres nobles.<\/p>\n<h3  > Sons sortis du n\u00e9ant<\/h3>\n<p>On notera l&rsquo;utilisation massive et extr\u00eamement pr\u00e9cise de samples de chants soul et funk. L&rsquo;un deux, le magnifique \u00e9chantillon de la chanteuse <strong>Bessie Jones<\/strong>, utilis\u00e9 dans <em>Honey<\/em>, et surtout d&rsquo;un obscur album intitul\u00e9 <em>Sounds of the South: A Musical Journey from the Georgia Sea Islands to the Mississippi Delta<\/em>. Un ami de Moby lui avait fait \u00e9couter cet album, ce qui a du marquer l&rsquo;artiste au point d&rsquo;en utiliser la totalit\u00e9 dans son disque. Un \u00e9trange m\u00e9lange de saintet\u00e9 et d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments chaotiques, plus urbains comme le breakbeat ou m\u00eame le rap avec <em>Bodyrock<\/em> ou <em>South Side<\/em>.<\/p>\n<p>Le talent d&rsquo;arrangeur de Moby n&rsquo;\u00e9tait plus \u00e0 prouver avant l&rsquo;\u00e9laboration de <em>Play. <\/em>L&rsquo;artiste s&rsquo;est visiblement surpass\u00e9 dans cet opus o\u00f9 est r\u00e9gl\u00e9 comme un parfait orchestre \u00e0 l&rsquo;attention des plus sceptiques. L&rsquo;album se savoure comme une r\u00eaverie incandescente, entre le ciel et la terre, entre le feu et la glace. Le chaleureux <em>Honey<\/em> se succ\u00e8de au fulgurant <em>Find My Baby<\/em>, chanson de blockbuster id\u00e9al, puis un bond en avant vers la vo\u00fbte c\u00e9leste avec l&rsquo;ang\u00e9lique <em>Porcelain.<\/em> On regrettera un petit peu la mi\u00e8vrerie pass\u00e9 le mill\u00e9naire, mais qui fonctionne sans doute mieux que l&rsquo;obsol\u00e8te <em>Dreamland<\/em> de <strong>Robert Miles<\/strong> sorti la m\u00eame ann\u00e9e. Les tubes s&rsquo;encha\u00eenent avec la m\u00e9lancolie d&rsquo;un adolescent en pleine crise, oscillant entre tristesse froide et col\u00e8re rentr\u00e9e. On n&rsquo;en revient pas de tant de ma\u00eetrise, aucune chanson n&rsquo;est en trop, tout a sa place, comme un Nirvana id\u00e9al musical. Que ce soit les hal\u00e8tements presque \u00e9rotiques de <strong>Gwen Stefani<\/strong> dans <em>South Side<\/em>, ou les chants d\u00e9sincarn\u00e9s de Moby dans <em>Machete<\/em> ou<em> If Things Were Perfect<\/em> jusqu&rsquo;aux \u00e9l\u00e9gies chr\u00e9tiennes de <em>My Weakness<\/em>, chaque son a son importance.<\/p>\n<p>Les d\u00e9lires de Moby trouvent alors leur point culminant avec Play. On y parle sans d\u00e9tours de religion fr\u00f4lant parfois l&rsquo;exc\u00e8s, de l&rsquo;importance de l&rsquo;amour, de la tristesse (<em>Why Does My Heart Feel So Bad?<\/em>), de d\u00e9tresse sentimentale (le culte <em>Natural Blues<\/em>). A \u00e7a se m\u00eale des guitares acoustiques, des sons de batterie calibr\u00e9s. On retient la splendide ballade techno\u00efde appel\u00e9e <em>Inside<\/em> rappelant les battements de c\u0153ur d&rsquo;un f\u0153tus. La vie, l&rsquo;amour et la mort s&rsquo;y m\u00ealent avec une douleur presque suave.<\/p>\n<p>On se sent un peu comme le biologiste qui est persuad\u00e9 que les mammif\u00e8res portent tous leurs b\u00e9b\u00e9s dans leur ventre, avant de tomber sur un ornithorynque, qui poss\u00e8de un bec et pond des \u0153ufs. <em>Play<\/em> est l&rsquo;exemple typique de l&rsquo;album casse-gueule qui aurait m\u00e9rit\u00e9 de finir dans le n\u00e9ant dans lequel il a \u00e9t\u00e9 extirp\u00e9. On lui destinait un avenir restreint dans un cercle d&rsquo;initi\u00e9s, <em>Play<\/em> a \u00e9clat\u00e9 sur les radios et dans les publicit\u00e9s avec une arrogance mal dissimul\u00e9e. On pensait qu&rsquo;il s&rsquo;agirait d&rsquo;un EP aux hits oubliables, <em>Play<\/em> a sorti 18 chansons d&rsquo;une qualit\u00e9 rarement atteinte, avec du gospel et de l&rsquo;ambient en prime. De quoi s&rsquo;arracher les cheveux.<\/p>\n<p>Pourtant, on finit par jubiler. Car <em>Play<\/em> a non seulement march\u00e9, mais il reste encore et toujours d&rsquo;actualit\u00e9. Son h\u00e9ritage a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 discret, mais il a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rable. Toute une frange de jeunes musiciens d&rsquo;\u00e9lectro ont compris qu&rsquo;ils avaient eux aussi la chance de percer dans le milieu. Le son ind\u00e9modable de l&rsquo;album a inspir\u00e9 beaucoup d&rsquo;artistes actuels.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"800\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play4.jpg\" alt=\"Moby - Play : C\u00e9leste in the City - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play4.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play4-300x125.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play4-1024x427.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play4-768x320.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/moby_play4-1536x640.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un album de fin de d\u00e9cennie, boud\u00e9 \u00e0 sa sortie et qui connut une spectaculaire remont\u00e9e gr\u00e2ce au cin\u00e9ma et \u00e0 la publicit\u00e9. 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