{"id":734,"date":"2017-05-03T00:10:56","date_gmt":"2017-05-02T22:10:56","guid":{"rendered":"http:\/\/alworld.fr\/?p=734"},"modified":"2017-05-03T00:10:56","modified_gmt":"2017-05-02T22:10:56","slug":"gorillaz-humanz-humains-apres-tout","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sonologysm.fr\/?p=734","title":{"rendered":"Gorillaz &#8211; Humanz : humains apr\u00e8s tout&#8230;"},"content":{"rendered":"<h3>Avec son m\u00e9lange unique de sonorit\u00e9s et de messages,\u00a0Humanz de Gorillaz offre une exp\u00e9rience musicale inqui\u00e9tante et int\u00e9ressante qui continue de r\u00e9sonner dans le coeur endurci de certains fans z\u00e9l\u00e9s.<\/h3>\n<p>Ann\u00e9e : 2017 | Genre : Hip Hop \/ Trip Hop | Label : Parlophone<\/p>\n<p>Puis bient\u00f4t, le tableau se fissure. L&rsquo;argent public qui part en fum\u00e9e, l&rsquo;immigration qui enrage vos concitoyens. Et puis, \u00e0 l&rsquo;Ouest rien de nouveau. Un golden-boy fatigu\u00e9 a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu, faisant joujou avec ses petits boutons \u00e0 haine et \u00e0 bombe nucl\u00e9aire. Au Nord, une \u00eele glac\u00e9e conna\u00eet une pouss\u00e9e de haine contre les banques. Au Sud, \u00e0 travers la Manche, pas mieux. Une bande d&rsquo;abrutis a canard\u00e9 des artistes au nom d&rsquo;une version Berserk de Dieu qui n&rsquo;existe que dans leurs r\u00eaves. Puis a tu\u00e9 dans l\u2019\u0153uf l&rsquo;insouciance d&rsquo;une jeunesse qui voulait juste s&rsquo;amuser. Putain de camion. Des gens venus d&rsquo;ailleurs hagards, et partout la guerre, la rage et l&rsquo;impuissance. Vous pensez \u00eatre arriv\u00e9s au bout du chemin. Pourtant le cauchemar ne fait que commencer. Votre \u00eele si pr\u00e9cieuse se craque d\u00e9finitivement, finie l&rsquo;Union. Finis les avantages. Finie la rigolade. L&rsquo;amertume vous gouverne, votre vie ne vous suffit plus.<\/p>\n<p>Il ne reste plus que vos dons naturels dans la musique contemporaine. Vous savez? Ce don qui vous a permis de vous sortir de la merde tout seul, quand vous aviez quinze ans, quand vous avez rat\u00e9 votre bac pour la milli\u00e8me fois. Ce don qui vous a permis de percer la sc\u00e8ne londonienne avec vos quatre copains bourr\u00e9s. Ce don qui vous a tout donn\u00e9, et qui vous a repris pas mal de choses. Ce don merveilleux qui vous a fait rencontrer des gens formidables. Ce don qui a failli vous tuer. Ce don qui est la seule chose qui vous reste de tangible pour supporter toute cette noirceur. Alors, ni une ni deux, vous vous disputez une \u00e9ni\u00e8me fois avec votre meilleur ami dessinateur et vous vous remettez au travail. Et vous planchez un mois, deux mois, six mois, un an, trois ans, sept ans. Enfin, l&rsquo;enfant na\u00eet. Votre enfant de revanche voit le jour et vous vous sentez moins lourd&#8230; Gorillaz avec\u00a0<i>Humanz<\/i>, critique d\u00e9form\u00e9e d&rsquo;une humanit\u00e9 perdue?<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/gorillaz-humanz2.jpeg\" sizes=\"(max-width: 1199px) 100vw, 1199px\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/gorillaz-humanz2.jpeg 1199w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/gorillaz-humanz2-300x149.jpeg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/gorillaz-humanz2-1024x510.jpeg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/gorillaz-humanz2-768x382.jpeg 768w\" alt=\"Gorillaz - Humanz : Humains apr\u00e8s tout - Alworld.fr\" width=\"1199\" height=\"597\" \/><\/p>\n<h3>Une pr\u00e9paration humanis\u00e9e<\/h3>\n<p>On ne pr\u00e9sente plus Gorillaz, groupe machine \u00e0 r\u00eaves qui a vu le jour en 1998 et qui a fait une formidable perc\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 avec leur single fantomatique <i>Clint Eastwood<\/i>. Rappelez-vous (ou plut\u00f4t, abstenez-vous) : les <b>Destiny&rsquo;s Child<\/b> et<b> N&rsquo;Sync<\/b> r\u00e9gnaient en ma\u00eetre sur des charts domin\u00e9s par le grasdouble et le strass. La pauvret\u00e9 artistique avait fait un sacr\u00e9 bout de chemin, o\u00f9 tout le monde s&rsquo;\u00e9tait perdu. Au fil des ann\u00e9es, les tendances ont \u00e9volu\u00e9, les artistes sont rest\u00e9s, d&rsquo;autres sont d\u00e9finitivement tomb\u00e9s, tandis que le monstre gorill-esque continuait sans rien dire son bonhomme de chemin. Et de sa sagesse de singe, Gorillaz canardait les jeunes premiers, m\u00e9prisait le commercial, jetait des pierres aux ennemis de la libert\u00e9, et observait d&rsquo;un air catastroph\u00e9 les cons\u00e9quences de la connerie humaine. Et livrait des albums poignants \u00e0 la beaut\u00e9 d\u00e9licate et \u00e9mouvante, dans un joyeux fatras marqu\u00e9 par les influences africaines, cubaines, pop, rap, dance.<\/p>\n<p>Gorillaz a toujours \u00e9t\u00e9 une r\u00e9action \u00e0 chaud. <b>Damon Albarn<\/b>, fatigu\u00e9 de voir toujours la m\u00eame fange sur MTV, se r\u00e9volte prestement de ce star-system qui a failli l&rsquo;achever : nous sommes en 1998 et il est plus que bas. Son meilleur ami Jamie Hewlett, pas plus frais, en veut \u00e0 la Terre enti\u00e8re. De cette col\u00e8re contre les paillettes, na\u00eet en 2001 Gorillaz, v\u00e9ritable coup de ma\u00eetre et album compl\u00e8tement \u00e0 contre-courant de ce qui se fait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. L&rsquo;album porte le nom du groupe, ce qui signifie en gros : \u00ab\u00a0nous sommes l\u00e0, nous existons et on vous enquiquine.\u00a0\u00bb Le succ\u00e8s, bizarrement, \u00e9clate et Damon Albarn se retrouve \u00e0 faire le pitre entre deux interviews, subitement d\u00e9pressif les bons jours, bourr\u00e9 comme un coing les mauvais jours. Les prix s&rsquo;encha\u00eenent, tout se passe pour le mieux. Albarn d\u00e9cide d&rsquo;arr\u00eater, mais voil\u00e0 qu&rsquo;\u00e9clate le 11 septembre et son horreur t\u00e9l\u00e9visuelle, ce qui le pousse \u00e0 continuer.<\/p>\n<p>De ce cauchemar terroriste, et de l&rsquo;ineptie des politiques, na\u00eet <i>Demon Days<\/i>, marqu\u00e9 par l&rsquo;\u00e9chec Bush, le spectre du terrorisme, la peur de l&rsquo;inconnu. Les \u00ab\u00a0jours d\u00e9moniaques\u00a0\u00bb d\u00e9veloppent une avalanche de guests de qualit\u00e9 : <b>Ike Turner, Dennis Hopper, De La Soul.<\/b> Ce d\u00e9ploiement un poil hyst\u00e9rique montre la capacit\u00e9 d&rsquo;Albarn \u00e0 toujours innover, quitte \u00e0 \u00e9tonner. L&rsquo;album est \u00e0 ce jour ce qu&rsquo;ils ont fait de mieux, en terme d&rsquo;\u00e9criture et de beaut\u00e9 musicale. Encore une fois, Albarn veut arr\u00eater, mais comme le destin est parfois tatillon, il continue.<\/p>\n<p>2010, <i>Plastic Beach<\/i>, un r\u00eave de plastique perdu au milieu de l&rsquo;oc\u00e9an. On sent que le groupe a travers\u00e9 les sept mers et a laiss\u00e9 des plumes au passage, les personnages sont fracass\u00e9s, un robot a fait son apparition. Le monde est en lambeaux, mais il reste toujours la musique. L&rsquo;album, plus foutraque que les pr\u00e9c\u00e9dents, d\u00e9route les fans de la premi\u00e8re heure et nous fait douter, moi y compris. 2010 n&rsquo;est pas 2001, et dans un monde domin\u00e9 par Spotify, les royalties maigrichonnes et la tyrannie du cool, un groupe comme Gorillaz peut-il d\u00e9montrer qu&rsquo;il est encore dans le courant ? La r\u00e9ponse tarde \u00e0 arriver. The Fall, uniquement enregistr\u00e9 au iPad, est un compl\u00e9ment int\u00e9ressant mais n&rsquo;est pas vraiment l&rsquo;album salvateur que tout le monde attendait.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Hallelujah Money (feat. Benjamin Clementine) - Gorillaz\" width=\"1080\" height=\"608\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/CDUrpPvU1_4?feature=oembed\"  allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Puis comme toujours, au moment o\u00f9 on s&rsquo;y attend le moins, la r\u00e9ponse arrive. En 2017, en plein Brexit, dans un monde post-Trump domin\u00e9 par l&rsquo;appel de violence et le point de non-retour du terrorisme de masse, Albarn nous livre une r\u00e9ponse am\u00e8re, dure et \u00e2cre, l&rsquo;ironiquement intitul\u00e9 Humanz. Au mot Human on y a rajout\u00e9 le Z, comme de A \u00e0 Z. Le Z, Gorillaz, <i>Humanz<\/i>, signature finale et peut-\u00eatre la fin d&rsquo;une \u00e9poque&#8230; La pochette de l&rsquo;album ne montre plus les d\u00e9bordements cartoonesques de Hewlett, mais les quatre musiciens avec une apparence humanis\u00e9e. Les monstres simiesques deviennent des \u00eatres de chair et d&rsquo;os, alors que le monde est compl\u00e8tement en roue libre. Le digital s&rsquo;est d\u00e9finitivement greff\u00e9 avec l&rsquo;humain, les genres se m\u00e9langent de fa\u00e7on plus mall\u00e9able, les esprits sont connect\u00e9s.<\/p>\n<p>La promotion a commenc\u00e9 de fa\u00e7on grin\u00e7ante, avec le bien nomm\u00e9 <em>Hallelujah Money<\/em> par le spectral <strong>Benjamin Clementine<\/strong>, o\u00f9 transper\u00e7ait une noirceur insoup\u00e7onn\u00e9e, sorte d&rsquo;hymne anti-Trump (sorti la veille de l&rsquo;\u00e9lection, tiens donc) \u00e2pre, aux paroles poignantes : \u00ab\u00a0Quand le matin arrive \/ Nous sommes toujours humains \/ Comment le saurons-nous? \/ Comment r\u00eaverons-nous? \/ Comment allons-nous aimer? \/ Comment le saurons-nous?\u00a0\u00bb Des interrogations qui laissaient le champ libre \u00e0 un futur album forc\u00e9ment charg\u00e9 en \u00e9motions diverses. L&rsquo;album sort. Le ton y est tr\u00e8s noir, avec des perles de lumi\u00e8re et d&rsquo;espoir, toujours&#8230; la critique est dithyrambique. Les guests y sont plus nombreux, plus agressifs que dans les pr\u00e9c\u00e9dents opus, trop heureux qu&rsquo;on leur tende un micro pour s&rsquo;exprimer. La f\u00eate humano\u00efde peut commencer.<\/p>\n<h4>Gorillaz &#8211; Humanz : Premi\u00e8re partie<\/h4>\n<p><em>I Switched My Robot Off<\/em>\u00a0nous pose d\u00e9finitivement dans l&rsquo;ambiance entre organique et technologique, puis \u00e9clate en bouche l&rsquo;ent\u00eatant Ascension et son avertissement\u00a0\u00ab\u00a0Le ciel nous tombe sur la t\u00eate, alors baisse bien ton cul avant de te faire \u00e9craser, b\u00e9b\u00e9\u00a0\u00bb. Puis le tubesque\u00a0<em>Strobelite<\/em>\u00a0et l&rsquo;\u00e9clatant\u00a0<strong>Peven Everett<\/strong>, qui montre tout l&rsquo;amour qu&rsquo;Albarn a pour la musique noire, le sombre\u00a0<em>Saturn Barz<\/em>\u00a0et son refrain chant\u00e9e par\u00a0<strong>Popcaan<\/strong>\u00a0en slang jama\u00efcain parlant du tranchant d&rsquo;un couteau. Un peu de r\u00e9cr\u00e9ation avec\u00a0<em>Momentz<\/em>, qui rappelle le meilleur de Demon Days, en compagnie des infatigables<strong>\u00a0De La Soul<\/strong>. La premi\u00e8re partie de la f\u00eate s&rsquo;arr\u00eate avec une Interlude sur la sempiternelle tendance des politiques \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter les m\u00eames erreurs depuis plus de quarante ans.<\/p>\n<h4>Gorillaz &#8211; Humanz :\u00a0Seconde partie<\/h4>\n<p>Le tr\u00e8s beau\u00a0<em>Submission<\/em>, avec en featuring\u00a0<strong>Danny Brown<\/strong>, \u00e0 qui on doit le clip gore\u00a0<em>Ain&rsquo;t It Funny ?<\/em>\u00a0et\u00a0<strong>Kelela<\/strong>, apporte un peu de douceur dans un univers de p\u00e9nombre. Le canon charg\u00e9\u00a0<em>Charger<\/em>\u00a0avec<strong>\u00a0Grace Jones<\/strong>\u00a0s&rsquo;impose \u00e0 nous, comme un shot de tequila qui vous rendrait groggy, qui rend Albarn semble poss\u00e9d\u00e9. Puis autre interlude, toujours remplie de messages subliminaux, \u00e0 peine \u00e0-t-on le temps de respirer que le fragile et \u00e9mouvant\u00a0<em>Andromeda<\/em>, feat.\u00a0<strong>D.R.A.M<\/strong>, nous enveloppe de sa douceur protectrice. La nuit nous ensorcelle dans\u00a0<em>Busted And Blue<\/em>, qui rappelle \u00e9galement qu&rsquo;Albarn n&rsquo;a pas son pareil en ballade m\u00e9lancolique &#8211; apr\u00e8s vingt cinq ans de\u00a0<strong>Blur<\/strong>, cela s&rsquo;entend parfaitement. Autre\u00a0<em>Interlude<\/em>\u00a0issue d&rsquo;une radio d\u00e9moniaque, on encha\u00eene sur\u00a0<em>Carnival<\/em>\u00a0d&rsquo;Anthony Hamilton et sa r\u00e9partie cinglante \u00ab\u00a0on joue pour gagner \/ juste pour trouver les t\u00e9n\u00e8bres \/ rentre chez toi encore \/ et nous tombons tous les deux\u00a0\u00bb, la communion des \u00e2mes se poursuit avec le solaire\u00a0<em>Let Me Out<\/em>\u00a0et le flow implacable de\u00a0<strong>Pusha T<\/strong>\u00a0et la voix suave de\u00a0<strong>Mavis Staples<\/strong>, que demander de plus? Compl\u00e8tement essouffl\u00e9 par ce d\u00e9luge orgiaque, la derni\u00e8re Interlude Penthouse, retra\u00e7ant en fond sonore une fiesta qui finira forc\u00e9ment mal&#8230;<\/p>\n<h4>Gorillaz &#8211; Humanz :\u00a0Troisi\u00e8me partie<\/h4>\n<p><em>Sex Murder Party<\/em>\u00a0a r\u00e9pondu \u00e0 la question. De leurs voix bris\u00e9es,\u00a0<strong>Jamie Principle<\/strong>\u00a0et Damon Albarn parlent d&rsquo;un meurtre qui a mal tourn\u00e9, peut-\u00eatre pas la meilleure chanson de l&rsquo;album, mais tout est pardonn\u00e9 avec\u00a0<em>She&rsquo;s My Collar,<\/em>\u00a0o\u00f9 Albarn, plus absent sur cet opus, fait la part belle \u00e0 la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et le retrait avec une certaine classe. Interlude surr\u00e9aliste \u00e0 propos d&rsquo;un \u00e9l\u00e9phant, et le beau, le profond et l&rsquo;inqui\u00e9tant\u00a0<em>Hallelujah Money<\/em>\u00a0explose \u00e0 nos oreilles tel un feu d&rsquo;artifice. Un single plus abouti que ne l&rsquo;avait \u00e9t\u00e9\u00a0<em>Saturnz Barz,<\/em>\u00a0o\u00f9 la voix de\u00a0<strong>Benjamin Clementine<\/strong>\u00a0fait merveille. Le troubadour venu d&rsquo;outre-tombe d\u00e9ploie toute une nuance de variations vocales splendides dans une chanson moins dr\u00f4le, narrant l&rsquo;amour de l&rsquo;argent dans un monde en proie au doute et aux extr\u00eames. Comme si cela n&rsquo;\u00e9tait pas suffisant, Albarn nous terrasse compl\u00e8tement avec\u00a0<em>We Got The Power<\/em>, un peu na\u00eff sur les bords, rehauss\u00e9 par la voix incroyable de\u00a0<strong>Jehnny Beth<\/strong>\u00a0de\u00a0<strong>Savages<\/strong>, mais bienvenu apr\u00e8s une \u00e9pop\u00e9e hip-hop plus dark que light. Un message d&rsquo;espoir inesp\u00e9r\u00e9 dans un oc\u00e9an saum\u00e2tre, une petite lueur d&rsquo;esp\u00e9rance au milieu du chaos ambient.<\/p>\n<h4>Bonus (\u00e9dition augment\u00e9e)<\/h4>\n<p>Apr\u00e8s \u00eatre ressorti harass\u00e9 de fatigue de cette odyss\u00e9e musicale, Gorillaz &amp; <i>Humanz <\/i>nous replonge dans son univers avec 6 diamants fantastiques : une\u00a0<em>Interlude New World<\/em>\u00a0sarcastique,\u00a0<strong>Rag&rsquo;n&rsquo;Bone Man<\/strong>\u00a0et sa barbe de Merlin nous d\u00e9montre qu&rsquo;il est plus qu&rsquo;un musicien hyp\u00e9 par les journaux avec le pr\u00e9cieux\u00a0<em>The Apprentice<\/em>, puis, encore du beau avec\u00a0<em>Halfway To The Halfway House<\/em>\u00a0et son\u00a0<strong><a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/everett.peven\/\"><u>Peven Everett<\/u><\/a><\/strong>\u00a0remont\u00e9 \u00e0 bloc, l&rsquo;improbable\u00a0<em>Out of Body<\/em>, pas tellement abouti mais plut\u00f4t convaincant,\u00a0<em>Ticker Tape<\/em>\u00a0et son charme post-D-Sides o\u00f9 Albarn s&rsquo;exprime r\u00e9ellement apr\u00e8s 24 chansons, et enfin le gospel<em>\u00a0Circle of Friendz<\/em>, rappellant \u00e0 tous que Gorillaz n&rsquo;est pas qu&rsquo;une question de d\u00e9ferlement de guests, mais une alchimie puissante rendue possible gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;amiti\u00e9. Conclusion un peu innocente mais qui saura contenter les fans hardcore comme moi.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/gorillaz-humanz3.jpeg\" sizes=\"(max-width: 1906px) 100vw, 1906px\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/gorillaz-humanz3.jpeg 1906w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/gorillaz-humanz3-300x144.jpeg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/gorillaz-humanz3-1024x491.jpeg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/gorillaz-humanz3-768x368.jpeg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/gorillaz-humanz3-1536x736.jpeg 1536w\" alt=\"Gorillaz - Humanz : Humains apr\u00e8s tout - Alworld.fr\" width=\"1906\" height=\"913\" \/><\/p>\n<h3>Une humanisation imparfaite mais tenace<\/h3>\n<p><em>Humanz<\/em> n&rsquo;est pas <em>Demon Days<\/em>, mais il n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec <em>Plastic Beach<\/em>. <em>Plastic Beach<\/em> \u00e9tait solaire et br\u00fblant dans son agressivit\u00e9, avec son hip-hop cartoonesque et ses sons sortis d&rsquo;un jeu vid\u00e9o, <em>Humanz<\/em> est noir et taiseux. <em>Plastic Beach<\/em> est incandescent dans sa lumi\u00e8re aveuglante, <em>Humanz<\/em> s&rsquo;apparente \u00e0 un r\u00e8glement de compte d&rsquo;une violence sourde remplie de d\u00e9sespoir. <em>Plastic Beach<\/em> brille tel un diamant dans la fange, <em>Humanz<\/em> a l&rsquo;\u00e9clat hypnotique de l&rsquo;onyx. La violence soci\u00e9tale si bien racont\u00e9e par le groupe a connu des mues diverses au fil de leur opus : pr\u00e9-11 septembre dans Gorillaz, post-Bush avec <em>Demon Days<\/em>, agressivit\u00e9 assum\u00e9e dans <em>Plastic Beach<\/em>, chaos froid et lent comme la mort dans <em>Humanz<\/em>. Belle mais triste progression de Gorillaz via leur univers de 2001 \u00e0 2017 : la Geep-Bulldozer-Caterpillar a roul\u00e9 sur des autoroutes en looping pour atterrir dans un monde domin\u00e9 par la peur du kamikaze, avant d&rsquo;aboutir \u00e0 une \u00eele de plastique. Fragile \u00eelot d\u00e9vast\u00e9 par la b\u00eatise humaine, et l&rsquo;on atterrit enfin dans la maison hant\u00e9e <em>d&rsquo;Humanz<\/em>.<\/p>\n<p>On admire Gorillaz et <em>Humanz<\/em> et ses \u00e9pop\u00e9es musicales signes de sagas vikings, mais quelque chose cloche. Que faire apr\u00e8s le d\u00e9sespoir? Esp\u00e9rer quelque chose de plus beau, de plus fort ? Lorsque nous nous r\u00e9veillerons, qu&rsquo;aurons-nous devant nous ? Gorillaz et <i>Humanz<\/i> n&rsquo;apporte pas de r\u00e9ponse concr\u00e8te \u00e0 son cauchemar h\u00e9doniste et \u00e9tale son d\u00e9sespoir au risque de suffoquer, non sans renoncer aux qualit\u00e9s d&rsquo;Albarn. Celui-ci adh\u00e8re toujours aux sons R&rsquo;n&rsquo;B, hip-hop et rap, mais aussi aux facilit\u00e9s musicales &#8211; ballades un peu trop longues, na\u00efvet\u00e9 de certaines paroles. Les singes du cirque ont rev\u00eatu une \u00e9paisse cuirasse et se taisent, rel\u00e9gu\u00e9s au rang de simples marionnettes manipul\u00e9es par le destin de l&rsquo;Homme. Albarn lui-m\u00eame n&rsquo;est plus qu&rsquo;un spectre, juste pr\u00e9sent dans certaines chansons pour d\u00e9clamer des v\u00e9rit\u00e9s d&rsquo;une voix monocorde &#8211; choix assum\u00e9 par ce dernier dans les interviews. L&rsquo;artiste est plus invit\u00e9 que chef d&rsquo;orchestre, comme d\u00e9pass\u00e9 par cette f\u00eate foraine o\u00f9 chacun trouvera son compte, du fan hardcore de black music, \u00e0 l&rsquo;aficionado de la house et de la dance.<\/p>\n<p>On est \u00e0 deux doigts de l&rsquo;indigestion, on fr\u00f4le parfois la crise de nerfs et on \u00e9touffe par un l\u00e9ger manque de coh\u00e9rence dans le d\u00e9roulement de cette after-party du d\u00e9mon. En 2001, Gorillaz apparaissait comme un \u00eelot myst\u00e9rieux o\u00f9 les vrais artistes trouvaient leur compte. Mais en 2017, \u00e9poque marqu\u00e9e par la guerre du streaming, les fulgurances artistiques de <b>Frank Ocean<\/b> ou de <b>Drake <\/b>dans un R&rsquo;n&rsquo;B en pleine mutation, les singes peuvent-ils encore innover ? Encore une fois Humanz se d\u00e9file, nous proph\u00e9tise un futur bien sombre, o\u00f9 seul l&rsquo;humain pourra s&rsquo;en sortir avec ses valeurs morales. La phrase inscrite sur l&rsquo;album Ceux qui ont peur de la musique sont dangereux est d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 grin\u00e7ante et implacable, apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements de ces derniers temps, et r\u00e9sonnent bizarrement en nous.<\/p>\n<p>En 2017, l&rsquo;humain a bascul\u00e9 dans une autre \u00e8re. Les <i>monkey <\/i>Gorillaz avec <i>Humanz <\/i>se sont transform\u00e9s en miroirs de notre \u00e2me, humains fatigu\u00e9s, humains terrass\u00e9s. Humains digitaux, humains connect\u00e9s, humains d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, humains ragaillardis, humains artistes, humains singeurs. Mais humains apr\u00e8s tout.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Gorillaz - Saturnz Barz (Spirit House)\" width=\"1080\" height=\"608\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/5qJp6xlKEug?feature=oembed\"  allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec son m\u00e9lange unique de sonorit\u00e9s et de messages,\u00a0Humanz de Gorillaz offre une exp\u00e9rience musicale inqui\u00e9tante et int\u00e9ressante qui continue de r\u00e9sonner dans le coeur endurci de certains fans z\u00e9l\u00e9s. Ann\u00e9e : 2017 | Genre : Hip Hop \/ Trip Hop | Label : Parlophone Puis bient\u00f4t, le tableau se fissure. 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