{"id":49018,"date":"2024-11-05T16:57:26","date_gmt":"2024-11-05T15:57:26","guid":{"rendered":"https:\/\/alworld.fr\/?p=49018"},"modified":"2024-11-05T16:57:26","modified_gmt":"2024-11-05T15:57:26","slug":"le-paradoxe-du-biopic-musical","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sonologysm.fr\/?p=49018","title":{"rendered":"Le paradoxe du biopic musical"},"content":{"rendered":"<h3  > Le paradoxe du biopic musical est un oc\u00e9an d&rsquo;impr\u00e9vus. Reconnu genre cin\u00e9matographie \u00e0 part enti\u00e8re, le biopic musical s&rsquo;est bien install\u00e9. Quoi de plus vibrant au fond que de voir la vie de sa star pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e port\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran ? Mais une complaisance voire de l&rsquo;ennui peut se faire sentir. Un biopic musical est-il forc\u00e9ment un mauvais film ?<\/h3>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une hagiographie mouvement\u00e9e et pleine de peps est tentante pour un artiste \u00e0 d\u00e9peindre. Tout un univers en mouvement, souvent condamn\u00e9 \u00e0 rest\u00e9 scell\u00e9 sur papier, devient alors palpable, r\u00e9alisable, montrable. On se pla\u00eet \u00e0 voir d\u00e9filer litt\u00e9ralement sous nos yeux la vie incroyable de nos artistes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s. Toutefois, malgr\u00e9 de rares occasions, l&rsquo;exercice s&rsquo;av\u00e8re p\u00e9rilleux et rarement r\u00e9ussi. Certains assument sans complexes leurs d\u00e9lires (<em>Elvis, Rocketman<\/em>), un peu moins leur fragilit\u00e9 \u00e0 fleur de peau (<em>Back to Black<\/em>), voire fr\u00f4lent la crise de foi (<em>Bob Marley One Love<\/em>), ou pire, gomment des \u00e9l\u00e9ments peu reluisants pour le grand public (<em>Bohemian Rhapsody<\/em>). Des exemples r\u00e9ussis ont tout de m\u00eame fait leur chemin, mais curieusement en insistant sur l&rsquo;intimit\u00e9 tragique (<em>Tina<\/em>), ou bien la rage contenue (<em>The Rose<\/em>), ou la m\u00e9lancolie v\u00e9n\u00e9neuse (<em>Ray, Walk The Line<\/em>). Aussi charmants et d\u00e9licieux soient-ils, les biopics musicaux posent une question plus l\u00e9gitime qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet : est-ce r\u00e9ellement n\u00e9cessaire de tout montrer, divulguer d&rsquo;un artiste qu&rsquo;on avait toujours adul\u00e9 comme tel? On pourrait se poser l&rsquo;autre question : est ce que expliquer une existence c\u00e9l\u00e8bre, aussi merveilleuse soit-elle, n&rsquo;est ce pas au final la corrompre? La dissoudre ? Oui on va loin dans l&rsquo;explication philosophique, mais la plupart du temps ce qui veut \u00eatre une c\u00e9l\u00e9bration devient rapidement un miroir d\u00e9formant de consensuel, ou de statu quo. Un comble, lorsqu&rsquo;on veut retranscrire une ballade symphonique et visuelle pleine de bonnes attentions. A l&rsquo;heure du consum\u00e9risme, de la guerre de l&rsquo;image et d&rsquo;un marketing de plus en plus agressif, on doute fortement de la bonne volont\u00e9 d&rsquo;une telle op\u00e9ration. Le tiroir caisse va sonner plein \u00e0 ras bords, les kids du mill\u00e9naire auront leur bande son TikTok et les anciens pleureront de joie devant une \u00e9ni\u00e8me peinture de Paul McCartney en proth\u00e8ses plus vrai que nature. Complaisance, ennui, mauvaise \u00e9nergie, le biopic musical souffre encore d&rsquo;\u00e9cueils. Mais le probl\u00e8me est plus large qu&rsquo;on ne le pense.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"800\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux2.jpg\" alt=\"Le paradoxe des biopics musicaux - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux2.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux2-300x125.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux2-1024x427.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux2-768x320.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux2-1536x640.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > Paradoxe du biopic musical : Une r\u00e9cit en pilote automatique, tu raconteras<\/h3>\n<p style=\"background-color: #ffffff;\">Biopic : contraction de \u00ab biographical motion picture \u00bb. Un biopic est un genre cin\u00e9matographique, sous forme romanc\u00e9e, qui retrace la vie ou le parcours d&rsquo;un personnage qui a r\u00e9ellement exist\u00e9. A ne pas confondre avec le documentaire, qui raconte le r\u00e9el, celui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 trafiqu\u00e9 (on l&rsquo;esp\u00e8re). La version gentille de la d\u00e9finition du biopic serait la suivante : une histoire (souvent incroyable) d&rsquo;une personne partie de rien (en g\u00e9n\u00e9ral) devenant l&rsquo;un des plus grands artistes qui soient. En n&rsquo;oubliant pas de saupoudrer de quelques anecdotes croustillantes (et pas forc\u00e9ment utiles) sur son parcours (forc\u00e9ment) retors et (toujours) parsem\u00e9 d&#8217;emb\u00fbches. Dans le pire des cas, cela se finit en mariage (la <em>vis comica<\/em> en plus am\u00e9ricain) ou pire avec une mort (forc\u00e9ment) tragique. Et emphas\u00e9e si la personne est jeune (toujours un plus).\u00a0 On se surprend \u00e0 aimer le fait de savoir \u00e0 quelle sauce l&rsquo;on sera mang\u00e9 en fonction des aspirations du r\u00e9alisateur charg\u00e9 de l&rsquo;affaire. Comme toute aventure cin\u00e9matographique en somme. A force d&rsquo;abn\u00e9gation et de volont\u00e9, le biopic musical est devenu un genre cin\u00e9matographique \u00e0 part enti\u00e8re. Et aussi fou que cela puisse para\u00eetre, un genre reconnu et assez populaire. Avec ses d\u00e9tracteurs et ses d\u00e9fenseurs. Ses chefs-d&rsquo;\u0153uvre et ses nanars. Et tout ce qui tourne autour de l&rsquo;\u00e9thique, le voyeurisme, les zones d&rsquo;ombres. Au risque au final, d&rsquo;\u00eatre en pilote automatique, avec une formule bien pens\u00e9e, et assez interchangeable. Comble de l&rsquo;ironie, le magazine anglais \u00e9tudiant ind\u00e9pendant <a href=\"https:\/\/theboar.org\/2020\/04\/the-familiar-formula-of-the-music-biopic\/\"><strong>The Boar<\/strong><\/a> se fend d&rsquo;un article \u00e9quivoque \u00ab\u00a0la formule familiale du biopic musical\u00a0\u00bb.\u00a0Comme l\u2019\u00e9crit <b>Dennis Bingham<\/b> dans <i>Whose Lives Are They Anyway: The Biopic As Contemporary Film Genre,<\/i><\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\tIl ne jouit d&rsquo;aucune des gloires du cin\u00e9ma de genre, mais souffre tous les pi\u00e8ges.\t\t\t<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<cite>Dennis Bingham<\/cite>\n\t\t\t\t\t<\/p><\/blockquote>\n<p>Le biopic musical a connu ces derni\u00e8res ann\u00e9es une impressionnante renaissance, avec tout ce qui implique de succ\u00e8s financier surtout. Pensez donc, r\u00e9aliser un biopic musical ne n\u00e9cessite pas tant d&rsquo;argent que \u00e7a comme pour un film de super-h\u00e9ros. Pour n&rsquo;importe quel studio, le film musical est un pari s\u00fbr. Le budget, m\u00eame s&rsquo;il est cons\u00e9quent, n&rsquo;arrive jamais \u00e0 la cheville d&rsquo;un Marvel par exemple. On utilise les effets sp\u00e9ciaux, la 3D et autres, en dernier recours, pour reconstruire des lieux, des ambiances. Pour le r\u00f4le principal, un acteur d\u00e9butant peut faire l&rsquo;affaire, moins cher\u00a0 qu&rsquo;un Brad Pitt ou un George Clooney. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;obligation d&rsquo;acheter les droits aux artistes, puisque l&rsquo;histoire peut \u00eatre montr\u00e9e, en toute filouterie, comme une \u00ab\u00a0repr\u00e9sentation artistique\u00a0\u00bb. Comprenez une interpr\u00e9tation. Certes les droits musicaux sont cons\u00e9quents, aussi l&rsquo;accord de la famille ou le budget avocat en cas de proc\u00e8s pour diffamation. Le retour financier est \u00e0 mesurer sur la base de fans de l&rsquo;artiste. Comprenez, pour quelqu&rsquo;un comme Bob Marley, c&rsquo;est tout b\u00e9nef&#8230; puisque les fans de Bob Marley veulent voir Bob Marley sur l&rsquo;\u00e9cran. Un autre point de taille : la curiosit\u00e9 morbide. L&rsquo;humain est une esp\u00e8ce qui ressent ce besoin de savoir la v\u00e9rit\u00e9, surtout sur les choses qui le touchent. Le biopic musical s&rsquo;int\u00e9resse davantage sur les puissantes connexions \u00e9motionnelles entre le fan et l&rsquo;artiste. En soi pas vraiment un crime, mais \u00e9tant donn\u00e9 que le talent du r\u00e9alisateur varie beaucoup, cette connexion n&rsquo;est pas toujours \u00e9vidente. Pire m\u00eame, dans le milieu, on se gausse du biopic musical li\u00e9 au cin\u00e9ma comme la techno sur l&rsquo;\u00e9lectro : un mal n\u00e9cessaire. Voire m\u00eame, dans une version insultante, comme \u00ab\u00a0app\u00e2t \u00e0 r\u00e9compense\u00a0\u00bb. Il faut voir les r\u00e9sultats qu&rsquo;<em>Elvis<\/em> a eu : 3 <em>Golden Globes<\/em> du <strong>Meilleur Acteur, Meilleur R\u00e9alisateur, Meilleur Film Dramatique<\/strong>, ou <em>Bohemian Rhapsody<\/em> qui remporte l&rsquo;Oscar du meilleur acteur. Une v\u00e9rit\u00e9 il faut le dire.<\/p>\n<p>Mais qu&rsquo;est ce qui pla\u00eet sinc\u00e8rement au public \u00e0 qui le biopic musical s&rsquo;offre sans retenue? Comment expliquer un tel engouement ?<\/p>\n<h3  > Une pellet\u00e9e de clich\u00e9s tu ajouteras<\/h3>\n<p style=\"background-color: #ffffff;\">Le plus douloureux dans le biopic, c&rsquo;est le clich\u00e9. Ne nous voilons pas la face, notre vie est remplie de clich\u00e9s. Cela est plus probl\u00e9matique pour un genre codifi\u00e9 que le biopic. Codifi\u00e9 le biopic? Etes-vous aveugle? Il n&rsquo;existe aucun biopic sur Terre ne parlant pas de sacro-sainte r\u00e9demption, de drogues et autres paradis artificiels, d&rsquo;enfance malheureuse ou de succ\u00e8s monstre. Bien entendu, ces informations ne sont pas nouvelles elles se trouvent dans tous les films de tous les genre du monde. Cela devient plus retors lorsqu&rsquo;ils sont vendus comme \u00ab\u00a0plus-value\u00a0\u00bb comme un objet marketing comme les autres. Surtout pour un biopic. Au risque d&rsquo;\u00eatre r\u00e9p\u00e9titif, m\u00eame dans un bon biopic. C&rsquo;est le cas pour<em> Rocketman<\/em>, flamboyante biographie d&rsquo;Elton John, qui commence par une r\u00e9union des Alcooliques Anonymes. Celui-ci d\u00e9roule alors dans une rythmique ultra-calibr\u00e9e, son enfance difficile aupr\u00e8s d&rsquo;un p\u00e8re absent (il partira refaire sa vie ailleurs) et une m\u00e8re fuyante, son ascension jalonn\u00e9e d&#8217;emb\u00fbches, sa rencontre avec Faust, pardon, son producteur et amant John Reid. Enfin arrivent le succ\u00e8s foudroyant, les ballades musicales, les probl\u00e8mes d&rsquo;addiction, et le sexe. Bah oui faut bien vendre! Et autant le dire tout de suite, cela fonctionne plut\u00f4t bien. J&rsquo;ai m\u00eame pleur\u00e9 durant certaines sc\u00e8nes et les musiques d&rsquo;Elton John sont assez iconiques pour se laisser porter par le film. R\u00e9alis\u00e9 en plus par le t\u00e2cheron <b>Dexter Flecher<\/b> qui finira <i>Bohemian Rhapsody<\/i>, et bien l&rsquo;ensemble est plaisant, dynamique et r\u00e9ussi. Pourtant, le film n&rsquo;a rien d&rsquo;exceptionnel. C&rsquo;est une rengaine qu&rsquo;on va d\u00e9j\u00e0 vu, voire revu avec plus ou moins d&rsquo;ardeur. Et des acteurs plus ou moins convaincants. Il n&rsquo;est pas difficile de faire un bingo de biopics musicaux,\u00a0 de cocher la fameuse case \u00ab\u00a0enfance trouble\u00a0\u00bb et de constater que votre pauvre grille est d\u00e9j\u00e0 noircie. Oups.<\/p>\n<p>https:\/\/youtu.be\/K3q3LEaK7_U?si=bpi5NCeygs_VL2x4<\/p>\n<p>Suivre la vie des artistes que l&rsquo;on aime est une chose, voir le m\u00eame chemin recommencer encore et encore en est une autre. D&rsquo;ailleurs il n&rsquo;est pas difficile de constater que c&rsquo;est toujours les m\u00eames clich\u00e9s qui reviennent. Enfant abandonn\u00e9 (<em>Get On Up<\/em>, <em>Rocketman<\/em>, <em>Ray<\/em>, <em>Bob Marley One Love<\/em>) ou ignor\u00e9 (<em>I Wanna Dance With Somebody, Cloclo, Dalida)<\/em> ou bien enfant incompris (<em>Back To Black, Bohemian Rhapsody, The Rose, Elvis)<\/em>, voire carr\u00e9ment exploit\u00e9 (<em>Respect, Selena, La M\u00f4me, Judy).<\/em> Bref, y&rsquo;en a pour tout le monde. Et quand cela grandit, pas mieux. L&rsquo;adolescent est furibard et commence ces petits concerts \u00e0 la va-vite avant de rencontrer comme par miracle (cela existe hein), la ou les personnes qui flatteront son \u00e9go. Puis la valse des producteurs et de l&rsquo;argent commence. Avec toujours les m\u00eames attentes. Et les m\u00eames r\u00e9sultats. Un frisson d&rsquo;amertume me secoue. Surtout quand on sait que les acteurs et actrices, ont toute la force du biopic qui repose sur leurs fr\u00eales \u00e9paules. Quand ils savent jouer. C&rsquo;est le cas pour la majorit\u00e9 des biopics, m\u00eame dans un film d\u00e9cevant comme <em>Bohemian Rhapsody<\/em>, avec un <strong>Rami Malek<\/strong> en Freddie Mercury plus vraie que nature en d\u00e9pit de <strong><a href=\"https:\/\/www.premiere.fr\/Cinema\/News-Cinema\/Les-revelations-du-prothesiste-dentaire-de-Bohemian-Rhapsody\">fausses dents pro\u00e9minentes risibles<\/a><\/strong>. <strong>Austin Butler<\/strong> dans <i>Elvis<\/i>, est imp\u00e9rial et m&rsquo;a arrach\u00e9 des larmes \u00e0 la fin du film avec l&rsquo;interpr\u00e9tation de <em>Unchained Melody<\/em> en mode fin de vie. <strong>Bette Midler<\/strong> est vibrante et magnifique dans le vrai-faux biopic <em>The Rose<\/em> en fausse Janis Joplin tar\u00e9e mais touchante. Le film se laisse voire par la simple magie d&rsquo;un jeu d&rsquo;acteur convaincant qui pourrait fournir l&rsquo;excuse de voir un biopic. Seulement ce n&rsquo;est pas le cas pour tout le monde. On zappera vite sur le t\u00e9l\u00e9film odieux <em>Man in the Mirror: The Michael Jackson Story<\/em> avec un <b>Flex Alexander<\/b> aux fraises. Et que dire de <em>Bob Marley One Love<\/em> avec un <strong>Kingsley Ben-Adir<\/strong> compl\u00e8tement p\u00e9t\u00e9, la bouche constamment ouverte et un acting absent (sauf vers la fin). Ou encore <i>Back To Black<\/i> avec\u00a0<b>Marisa Abela<\/b> qui souffre de la comparaison et qui n&rsquo;arrive pas \u00e0 porter les \u00e9paules de la chanteuse \u00e9corch\u00e9e au point d&rsquo;en faire une p\u00e2le copie destin\u00e9e aux costumes d&rsquo;Halloween les moins inspir\u00e9s. Quand cest parfois m\u00eame la ressemblance qui fait d\u00e9faut comme pour <em>I Wanna Dance With Somebody<\/em> ou l&rsquo;actrice <strong>Naomie Ackie<\/strong>, pourtant convaincante, passe pour \u00eatre une intermittente du spectacle tentant vainement de ressembler \u00e0 Whitney&#8230; Re-oups.<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=AW6WMKnIqaE<\/p>\n<p>Cela prouve bien que m\u00eame si les clich\u00e9s existent et pullulent dans le biopic, le charme du film repose en grande partie sur l&rsquo;acteur principal. En gageant qu&rsquo;il joue bien et se d\u00e9marque. Ce qui fait, parfois (voire presque toujours) effondrer l&rsquo;\u00e9difice de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9. Je ne dis pas que faire \u00e9talage d&rsquo;une vie difficile n&rsquo;est pas une bonne chose. Elle est probl\u00e9matique lorsqu&rsquo;elle est simplement cosm\u00e9tique&#8230; au point de rendre le film ennuyeux. Les d\u00e9cors reconstitu\u00e9s ne sont que de vagues d\u00e9cors sans \u00e2me, les personnages importants de l&rsquo;histoire ne sont l\u00e0 que pour faire de la figuration, les probl\u00e8mes soci\u00e9taux sont pass\u00e9s \u00e0 la trappe. S&rsquo;attarder sur des probl\u00e8mes de fonds, voire politiques, est toujours risqu\u00e9, mais plus convaincant que de faire une grosse et b\u00eate hagiographie sans saveur. Certains films y parviennent, comme\u00a0<em>All Eyez On Me<\/em> ou le sulfureux <em>Straight Outta Compton<\/em> parlant de bavures polici\u00e8res dans les ann\u00e9es 90 avec f\u00e9rocit\u00e9 et violence. Mieux, ces r\u00e9cits s&rsquo;imbriquent dans une r\u00e9elle prise politique s&rsquo;entrem\u00ealant logiquement avec un parcours musical engag\u00e9 et fort. Citons <em>Selena<\/em>, qui malgr\u00e9 son caract\u00e8re film pour ados sur <strong>Selena Quintanilla<\/strong>, parle de la communaut\u00e9 latino avec une rare profondeur et une douloureuse lucidit\u00e9. On y critique Reagan et sa politique raciste, on parle de la difficult\u00e9 des latinos \u00e0 percer dans la musique, surtout les femmes. Ce qui rend le film moins inoffensif qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet. On peut parler de <em>Lady Sings the Blues<\/em>, vibrant hommage \u00e0 <strong>Billie Holliday<\/strong> par <strong>Eartha Kitt<\/strong> qui raconte sans fards des rafles polici\u00e8res sur des Noirs, de la s\u00e9gr\u00e9gation et du militantisme. M\u00eame <em>The Rose<\/em> se permet de montrer le New York crapoteux des ann\u00e9es 70, avec ses peep-shows, ses cin\u00e9mas porno et ses drag queens un peu trop avin\u00e9es, montrant un instant, l&rsquo;envers du r\u00eave am\u00e9ricain. M\u00eame un film comme <i>Tina<\/i>, avec l&rsquo;excellente <b>Angela Bassett<\/b>, parle de violences conjugales avant <i>MeToo<\/i>, voire de manipulation mentale et de viol conjugal, une premi\u00e8re. Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de \u00e7a, un trop grand nombre de films se compla\u00eet dans une surench\u00e8re dispensable de clich\u00e9s fumeux n&rsquo;existant que pour servir leur but : \u00e9mouvoir. Si le baroque et l&rsquo;exc\u00e8s peuvent \u00eatre r\u00e9ussis et m\u00eame aider le r\u00e9cit comme c&rsquo;est le cas pour <i>Elvis<\/i>, l&rsquo;inverse est possible. Citons <em>Love &amp; Mercy<\/em> sur les <strong>Beach Boys<\/strong> et son rythme lancinant et m\u00e9lancolique, qui sied parfaitement \u00e0 ce g\u00e9nie qu&rsquo;est <strong>Brian Wilson<\/strong>. Un chef d&rsquo;oeuvre du genre comme <em>Control<\/em> sur <strong>Joy Division<\/strong> est le parfait exemple de la mesure et de la minutie dans sa mise en sc\u00e8ne en noir et blanc \u00e9pur\u00e9e. Une le\u00e7on qui h\u00e9las, sonne dans le vide, au vu des r\u00e9sultats moyens que l&rsquo;on a recueilli ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Mais le pire reste \u00e0 venir.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"800\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux3.jpg\" alt=\"Le paradoxe du biopic musical - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux3.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux3-300x125.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux3-1024x427.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux3-768x320.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux3-1536x640.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > Autre paradoxe du biopic musical : la r\u00e9alit\u00e9 tu transformeras<\/h3>\n<p>Autre point f\u00e2cheux, une tendance trop vive \u00e0 modifier la r\u00e9alit\u00e9. C&rsquo;est un comble quand on vise \u00e0 montrer de fa\u00e7on \u00ab\u00a0v\u00e9ridique\u00a0\u00bb la vie de notre artiste pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. La encore, de nombreux griefs ext\u00e9rieurs s&rsquo;ajoutent aux probl\u00e8mes.\u00a0<i style=\"color: var( --e-global-color-text ); font-family: var( --e-global-typography-text-font-family ), Sans-serif; font-weight: var( --e-global-typography-text-font-weight ); background-color: #ffffff;\">Straight Outta Compton<\/i>, produit par\u00a0Dr Dre\u00a0et\u00a0Ice Cube\u00a0enjolivent la gen\u00e8se de leurs hits pour mieux coller aux violences polici\u00e8res montr\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, ou bien la reformation de NWA qui en r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;a jamais eu,<b> Eazy-E<\/b> d\u00e9c\u00e9dant trop t\u00f4t pour cela.\u00a0Il ne faut pas oublier que la famille de l&rsquo;artiste, si elle existe encore, a un in\u00e9branlable droit de regard sur le patrimoine artistique de l&rsquo;artiste. L&rsquo;ennuyeux\u00a0<i style=\"color: var( --e-global-color-text ); font-family: var( --e-global-typography-text-font-family ), Sans-serif; font-weight: var( --e-global-typography-text-font-weight );\">Back To Black<\/i>\u00a0ose d\u00e9peindre Mitch, le p\u00e8re d&rsquo;Amy comme un type formidable, alors qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 que le pauvre idiot et le p\u00e8re absent dont Amy souffrira longtemps. Et qui d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, a conditionn\u00e9 sa relation avec les hommes. Et bien il est producteur du film pardi. Et que dire de la relation extr\u00eamement probl\u00e9matique entre Blake et Amy, d\u00e9peinte comme un film romantico-gothique, alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un rapport de force toxique et d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 o\u00f9 la drogue et l&rsquo;alcool coulent \u00e0 flot au point d&rsquo;avoir tu\u00e9 Amy. Non. On se permet d&rsquo;enlever des moments tout bonnement essentiels pour laisser une copie p\u00e2le et dangereuse comme <i style=\"color: var( --e-global-color-text ); font-family: var( --e-global-typography-text-font-family ), Sans-serif; font-weight: var( --e-global-typography-text-font-weight );\">Bohemian Rhapsody <\/i>ou l&rsquo;homosexualit\u00e9 de Mercury est cach\u00e9e, voire omise par \u00ab\u00a0pudeur\u00a0\u00bb. Pardon? Je pense que toute personne saine d&rsquo;esprit \u00e0 qui on demande ce que signifie gay vous r\u00e9pondra Freddie Mercury sans h\u00e9siter. J&rsquo;ai envie de hurler, mais ce n&rsquo;est h\u00e9las pas la seule chose probl\u00e9matique dans ce film, ni dans les autres d&rsquo;ailleurs. <i style=\"color: var( --e-global-color-text ); font-family: var( --e-global-typography-text-font-family ), Sans-serif; font-weight: var( --e-global-typography-text-font-weight );\">Get On Up<\/i> sur James Brown ne parle que tr\u00e8s peu du caract\u00e8re violent, dominateur et psychopathe de James Brown sur les femmes. Parce que vous comprenez, il fut abandonn\u00e9 enfant par ses parents et par sa m\u00e8re, et on a un beau biopic tout frais \u00e0 vous proposer, ce serait b\u00eate de d\u00e9peindre le sujet du film comme un monstre. Ajoutons-y une auto-censure tr\u00e8s g\u00eanante sur les f\u00eates alcoolis\u00e9es dont il a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;investigateur et vous avez un cocktail malsain de masculinit\u00e9 toxique. Cela devient pire lorsque cela parasite le processus cr\u00e9atif et les chansons produites par l&rsquo;artiste dont on parle. Dans <em>Back to Black<\/em>, on r\u00e9ussit l&rsquo;extraordinaire exploit de montrer tr\u00e8s peu de sc\u00e8nes musicales pourtant fondamentales pour Amy qui a su remettre au go\u00fbt du jour la soul des ann\u00e9es 60 ! Tout cela au profit d&rsquo;historiettes familiales et sentimentales pas franchement passionnantes.\u00a0<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=-KiRMHOrNl0<\/p>\n<p> Ce qui aurait pu aider \u00e0 une certaine compr\u00e9hension de la vie d&rsquo;un artiste brise litt\u00e9ralement cette volont\u00e9 de montrer la \u00ab\u00a0<em>r\u00e9alit\u00e9<\/em>\u00ab\u00a0. Et se permet m\u00eame de tordre vicieusement le propos du film en proposant une version compl\u00e8tement \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la plaque.\u00a0On peut tout de m\u00eame remercier cette tendance de \u00ab\u00a0r\u00e9habilitation\u00a0\u00bb qui permet de remettre \u00e0 leur place beaucoup de choses oubli\u00e9es importantes. Notons la premi\u00e8re \u00e9pouse de Johnny Cash dans le magnifique <em>Walk The Line<\/em>, <strong>Vivian Liberto<\/strong>, d\u00e9peinte comme une femme BLANCHE hyst\u00e9rique refusant toute vie normale \u00e0 Cash. Et r\u00e9duite \u00e0 une tache d&rsquo;encre dans le futur couple June Carter et Cash. Triste quand on sait que cette femme a \u00e9norm\u00e9ment aid\u00e9 son mari, qu&rsquo;elle \u00e9tait d&rsquo;origine NOIRE m\u00e9tisse et militante, et qu&rsquo;elle souhaitait vivement que son \u00e9poux ait du succ\u00e8s. Le documentaire \u00ab\u00a0<i>Vivian &amp; Johnny<\/i>\u00a0\u00bb r\u00e9alis\u00e9 par <b>Matt Riddlehoover <\/b>et sorti en 2020, r\u00e9habilite enfin le premier couple Cash. Les nombreuses interviews des collaborateurs, proches, voire anonymes sur le v\u00e9ritable visage de nos idoles contribuent \u00e0 d\u00e9mystifier leur aura et les rendre plus humains, et plus probl\u00e9matiques. Pour un Dr Dre, un Eazy-E ou un Ice Cube, combien de femmes humili\u00e9es, battues, saign\u00e9es \u00e0 blanc ? Le t\u00e9moignage d\u00e9chirant de <strong>Michel&rsquo;le,<\/strong> chanteuse de hip hop, \u00e0 <strong>Gawker<\/strong> en 2015, sur ses affrontements physiques avec Dr Dre et Eazy-E, en est la preuve. Son personnage n&rsquo;est pas pr\u00e9sent dans le film par ailleurs, bien qu&rsquo;elle ait tenu une place importante au sein de NWA. Encore une fois, preuve que la r\u00e9alit\u00e9 l&#8217;emporte toujours. M\u00eame si elle contient des v\u00e9rit\u00e9s pas toujours \u00e0 dire ou entendre. Ceux qui sont encore vivants peuvent t\u00e9moigner mais ceux disparus ont emport\u00e9 avec eux leurs v\u00e9rit\u00e9 et leurs propos. Ce qui rend la r\u00e9alit\u00e9 du biopic musical tordue et forc\u00e9ment remani\u00e9e. Donc un film qui \u00e9tait au final, toujours pr\u00e9vu pour se planter ?<\/p>\n<h3  > Un succ\u00e8s certain, tu remporteras<\/h3>\n<p>Malgr\u00e9 tous ces \u00e9cueils, le biopic est populaire. Encore plus maintenant ou les technologies \u00e9voluent et permettent des univers plus vrais que nature. Mais le retour sur recette peut parfois s&rsquo;av\u00e9rer \u00e9pineux. Exemple : le studio ind\u00e9pendant anglais GK Films, en charge de <em>Bohemian Rhapsody (<\/em>responsable de <em>Tomb Raider<\/em>, <em>Victoria<\/em> ou encore Dark Shadows) b\u00e9n\u00e9ficie de 55 millions de dollars de budget pour le film. Un budget tr\u00e8s inf\u00e9rieur \u00e0 un Marvel, mais cons\u00e9quent pour un studio de cette envergure. Malgr\u00e9 un succ\u00e8s record de 288 millions de dollars aux USA et pr\u00e8s de 910.8 millions de dollars ans le monde, le studio n&rsquo;a eu aucun b\u00e9n\u00e9fice net en raison de ses innombrables d\u00e9penses. S&rsquo;ensuivra d&rsquo;ailleurs un proc\u00e8s entre le sc\u00e9nariste Anthony McCarten et le studio, pour une perte de 51 millions de dollars. Cependant, le proc\u00e8s semble perdu d&rsquo;avance car selon le studio, Mc Carten n\u2019est redevable d\u2019argent que via sa d\u00e9finition de \u201cproduit net\u201d. On pourra donc compter sur le merchandising et la r\u00e9\u00e9dition OBLIGATOIRE (et presque risible) des albums de Queen. Qui de toute fa\u00e7on conna\u00eetront le succ\u00e8s : le groupe n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi riche qu&rsquo;\u00e0 la sortie du film. On peut toujours compter sur le merchandising, les goodies et autres symboles de la consommation pour amortir les co\u00fbts. <em>Bob Marley : One Love<\/em> a remport\u00e9 d\u00e8s sa premi\u00e8re semaine pr\u00e8s de 700 000 dollars et a m\u00eame d\u00e9pass\u00e9 <em>Rocketman<\/em> en terme de recettes : 96,9 millions de dollars rien qu&rsquo;aux Etats-Unis. Que dire des films cit\u00e9s plus haut, nuls ou pas nuls, ils ont (presque) tous franchi la barre des 30 millions voire des 50 millions de recettes. Avec parfois des records absolus comm Elvis et ses 280 millions de dollars de recettes dans le monde. Les articles de presse ne tarissent pas d&rsquo;\u00e9loges sur la formule \u00ab\u00a0bankable\u00a0\u00bb du biopic musical, n&rsquo;h\u00e9sitant pas \u00e0 parler de \u00ab\u00a0poule aux oeufs d&rsquo;or\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0machine \u00e0 cash\u00a0\u00bb. A voir les scores dithyrambiques de ces films, on ne peut que leur donner raison.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"800\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux4.jpg\" alt=\"Le paradoxe du biopic musical - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux4.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux4-300x125.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux4-1024x427.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux4-768x320.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Le-paradoxe-des-biopics-musicaux4-1536x640.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<p>En revanche l&rsquo;accueil critique est plus mitig\u00e9. Voire carr\u00e9ment ti\u00e9dasse. Des films comme <em>Bohemian Rhapsody <\/em>ou<em> Back To Black<\/em> n&rsquo;ont pas fait l&rsquo;unanimit\u00e9. <strong>T\u00e9l\u00e9rama<\/strong> parle du premier comme d&rsquo;un \u00ab\u00a0biopic taill\u00e9 pour le culte\u00a0\u00bb contenant un \u00ab\u00a0chapelet d\u2019inexactitudes et d\u2019omissions\u00a0\u00bb. <strong>Ecran Large<\/strong> se fend d&rsquo;un \u00ab\u00a0portrait qui Queen\u00a0\u00bb et descend logiquement le film pour sa paresse sc\u00e9naristique. <strong>Les Inrocks<\/strong> parlent d&rsquo;un film \u00ab\u00a0beaucoup trop officiel\u00a0\u00bb pour faire vrai, <strong>Lib\u00e9ration<\/strong> d&rsquo;une \u00ab\u00a0vacuit\u00e9 sid\u00e9rante\u00a0\u00bb ou <strong>le Monde<\/strong> d&rsquo;une \u00ab\u00a0biographie sans audace\u00a0\u00bb. Quand <em>Back to Black<\/em> souffre de \u00ab\u00a0d&rsquo;un r\u00e9cit indigne\u00a0\u00bb (<strong>le Figaro<\/strong>), ou d&rsquo;une \u00ab\u00a0Amy \u00e9dulcor\u00e9e\u00a0\u00bb (<strong>le Devoir<\/strong>) et \u00ab\u00a0d&rsquo;un r\u00e9cit \u00e0 l&rsquo;eau de rose ind\u00e9cent !\u00a0\u00bb (<strong>la Presse<\/strong>). Oui, la critique n&rsquo;est pas tendre car la critique n&rsquo;est pas dupe. Et ce n&rsquo;est ni une choucroute factice ou des dents de carrelage fausses qui vont arranger les choses. La presse ind\u00e9pendante de Net se fend d&rsquo;articles laconiques sur la surench\u00e8re de biopics musicaux \u00e0 venir. Pire, elle se montre compl\u00e8tement indiff\u00e9rente aux nombreuses sorties d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vues par les studios en date, proph\u00e9tisant une mauvaise critique mais un succ\u00e8s certain : le biopic de <strong>Bob Dylan<\/strong> avec <strong>Timoth\u00e9e Chalamet<\/strong>, les 4 films sur les <strong>Beatles<\/strong>, ainsi qu&rsquo;un futur film sur <strong>Michael Jackson<\/strong>. Et pas d&rsquo;inqui\u00e9tude \u00e0 avoir sur la r\u00e9ception du milieu du cin\u00e9ma, elle sera de toute fa\u00e7on \u00e9tablie. Il faut voir les nombreuses r\u00e9compenses du cin\u00e9ma qu&rsquo;a obtenu <em>Elvis<\/em> : 4 Oscars Australiens (AACTA), Golden Globe du meilleur acteur, 2 BAFTA, 8 nominations aux Oscars. <em>Bohemian Rhapsody<\/em> rafle 4 Oscars, 2 BAFTA, et 2 Golden Globes. Le biopic musical n&rsquo;est pas qu&rsquo;une machine \u00e0 cash, elle est aussi une usine \u00e0 prix. Et \u00e7a, tout le monde dans le milieu l&rsquo;a bien compris. S&rsquo;ensuit alors une pellet\u00e9e de nouveaux documentaires, mixtapes in\u00e9dites, t\u00e9moignages rares et pr\u00e9cieux, bref n&rsquo;importe quoi pour alimenter le mythe et attirer les spectateurs. Et le pire c&rsquo;est que tout le monde s&rsquo;y est mis, des anciens pontes de la s\u00e9rie moderne comme <strong>HBO<\/strong> comme le streaming l\u00e9gal comme <strong>Netflix<\/strong> ou <strong>Amazon Prime<\/strong> ! Et vu le \u00ab\u00a0peu\u00a0\u00bb de moyens demand\u00e9s, ce serait b\u00eate de s&rsquo;en priver&#8230;<\/p>\n<h3  > Un biopic musical discutable, tu auras cr\u00e9e ?<\/h3>\n<p>On ne le sait que trop bien, le biopic musical a le vent en poupe. D\u00e9cri\u00e9, conspu\u00e9 m\u00eame par certains m\u00e9dias mainstream, le genre conna\u00eet malgr\u00e9 lui une \u00e9tonnante apog\u00e9e. Etonnante, oui, \u00e0 cause de tous les points que j&rsquo;ai cit\u00e9 auparavant. Malgr\u00e9 les \u00e9cueils \u00e9vidents dont tombent la plupart des biopics, le genre est aussi populaire que les films Marvel, \u00e0 en croire The Guardian dans un<strong> <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/culture\/2024\/mar\/22\/the-guide-131-music-biopics-new-superhero-films\">article instructif<\/a>.<\/strong> Dans un march\u00e9 aussi concurrentiel que le march\u00e9 am\u00e9ricain, le biopic est une bou\u00e9e de sauvetage bienvenue qui cumule prix, honneurs, argent et renomm\u00e9e. Et la source n&rsquo;est pas pr\u00eate \u00e0 se tarir, on cite les adaptations des vies de <strong>Grateful Dead, Billy Joel, Boy George, Maria Callas, Linda Ronstadt, Fred Astaire, Carole King, George Michael, les Bee Gees,<\/strong> et<strong> Keith Moon<\/strong> \u00e0 venir. Et tant pis si l&rsquo;on vient \u00e0 gommer des contours peu reluisants pour rendre le tout plus glamour. Et pourtant, malgr\u00e9 tous ces mauvais points, il n&rsquo;est pas toujours nul. Des exceptions confirment la r\u00e8gle, mais curieusement, le biopic est plus int\u00e9ressant quand il n&rsquo;est pas biopic, comme c&rsquo;est le cas de <em>The Rose,<\/em> ou le g\u00e9nalissime <em>Walk Hard : The Dewey Cox Story<\/em>, parodiant le genre du biopic avec intelligence, humour et gravit\u00e9.<\/p>\n<p>Discutable, oui, le biopic musical peut l&rsquo;\u00eatre. Mais c&rsquo;est oublier le travail formidable de la machine hollywoodienne. Les acteurs sont dans leur grande majorit\u00e9 talentueux. Le d\u00e9lire fatiguant de folie visuelle qu&rsquo;est <em>Elvis<\/em> est incroyable d&rsquo;inventivit\u00e9 et de recherche. <em>Rocketman<\/em> n&rsquo;est poignant que lorsqu&rsquo;il l\u00e2che les r\u00eanes de son parcours calibr\u00e9 et qu&rsquo;Elton parle aux fant\u00f4mes de son pass\u00e9. <em>Ray<\/em> \u00e9meut quand <b>Ray Charles<\/b> retrouve sa m\u00e8re dans une autre temporalit\u00e9 o\u00f9 ils se parlent enfin. M\u00eame le d\u00e9cevant <em>Bohemian Rhapsody<\/em>, arrive \u00e0 plaire dans ses trop rares sc\u00e8nes intimistes ou Mercury se retrouve face \u00e0 lui-m\u00eame. La d\u00e9chirante sc\u00e8ne de fin de <em>The Rose<\/em> me hante encore, m\u00eame si dans un parcours fracass\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait in\u00e9vitable. M\u00eame l&rsquo;indiff\u00e9rent Kingsley Ben-Adir dans <em>Bob Marley One Love<\/em> r\u00e9ussit \u00e0 \u00e9mouvoir dans une s\u00e9quence onirique ou il croise le h\u00e9ros de son enfance, <strong>Ha\u00efle S\u00e9lassi\u00e9 Ier<\/strong>. Les seconds r\u00f4les sont pour la plupart inoubliables : l&rsquo;excellent <strong>Gwylinn Lee<\/strong> joue un <strong>Brian May<\/strong> plus vrai que nature, <strong>Richard Madden<\/strong> est machiav\u00e9lique en <strong>John Reid<\/strong>, amant retors d&rsquo;Elton John. M\u00eame les compositions de <strong>Forest Whitaker<\/strong> ou <strong>Audra McDonalds<\/strong> dans <em>Respect<\/em> sur <strong>Aretha Franklin<\/strong> sont \u00e0 noter. Et que dire du r\u00f4le de la douce June Carter interpr\u00e9t\u00e9 par une <b>Reese Whiterspoon<\/b> bluffante et magnifique.<\/p>\n<p>Le biopic musical n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi paradoxal. Se voulant grand et original, il ressort calibr\u00e9 et polic\u00e9 pour le grand public. Se r\u00eavant fi\u00e9vreux et insolent, il est souvent consensuel et aseptis\u00e9. Prouvant qu&rsquo;il est un genre \u00e0 part enti\u00e8re, il n&rsquo;\u00e9vite pas les \u00e9cueils propres \u00e0 tout genre cin\u00e9matographique. Mais comme tout genre, il a ses nanars et ses r\u00e9ussites. Et comme tous les genres, il est fascinant, irr\u00e9cup\u00e9rable, parfois int\u00e9ressant, souvent d\u00e9cevant. Et je pr\u00e9f\u00e8re dispara\u00eetre que de vivre dans un monde o\u00f9 <i>Love &amp; Mercy, The Rose, <\/i><i>Control, Tina<\/i> ou <i>Ray<\/i> n&rsquo;aient pas exist\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le paradoxe du biopic musical est un oc\u00e9an d&rsquo;impr\u00e9vus. Reconnu genre cin\u00e9matographie \u00e0 part enti\u00e8re, le biopic musical s&rsquo;est bien install\u00e9. Quoi de plus vibrant au fond que de voir la vie de sa star pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e port\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran ? Mais une complaisance voire de l&rsquo;ennui peut se faire sentir. 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