{"id":43229,"date":"2023-02-26T16:28:49","date_gmt":"2023-02-26T15:28:49","guid":{"rendered":"https:\/\/alworld.fr\/?p=43229"},"modified":"2023-02-26T16:28:49","modified_gmt":"2023-02-26T15:28:49","slug":"moon-safari-dair-25-ans-dans-la-jungle-lunaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sonologysm.fr\/?p=43229","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Moon Safari\u00a0\u00bb d&rsquo;Air &#8211; 25 ans dans la jungle lunaire"},"content":{"rendered":"<h3  > Moon Safari d&rsquo;Air a 25 ans. Son aspect innocent et l\u00e9ger, sa \u00ab\u00a0french touch\u00a0\u00bb, n&rsquo;avait \u00e0 priori aucune chance de s&rsquo;imposer comme classique. Mais sa m\u00e9lodie ent\u00eatante et sa douceur m\u00e9lancolique allait pourtant changer la face de l&rsquo;\u00e9lectro fran\u00e7aise \u00e0 jamais. Un album majeur.<\/h3>\n<p>Moon Safari d&rsquo;Air a 25 ans ans, et ce qui va suivre est difficile \u00e0 imaginer. Voyez deux Versaillais l\u00e2ch\u00e9s dans la lune, voyageant parmi les crat\u00e8res et les OVNI. On les voit \u00e0 bord d&rsquo;une fus\u00e9e \u00e0 la \u00ab\u00a0mystery machine\u00a0\u00bb de Scooby Doo, croisant peluches de singe tristes, songes en noir et blanc et m\u00e9lodies stellaires. Ajoutez \u00e0 cela des claviers enlev\u00e9s et de l\u00e9gers chants entonn\u00e9s avec un anglais approximatif planants comme un r\u00eave. Une petite graine fran\u00e7aise grosse comme une t\u00eate d&rsquo;\u00e9pingle allait donner une s\u00e9rieuse le\u00e7on de musique. Le parti pris du groupe Air ? Faire parler ses sentiments, sa sensibilit\u00e9 et composer avec des m\u00e9lodies brinquebalantes pour en soutirer toute la gr\u00e2ce et la douceur.<\/p>\n<p>Qui diable aurait pari\u00e9 un penny sur un tel disque ? Les r\u00e9f\u00e9rences lorgnent plut\u00f4t vers les anciens, comme Jean Michel Jarre ou\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fran%C3%A7ois_de_Roubaix\">Fran\u00e7ois de Roubaix<\/a>, que par les refrains de Kurt Cobain ou l&rsquo;eurodance de stade de foot&#8230; On parle fran\u00e7ais, parfois anglais, de femme d&rsquo;argent, de mecs sexy ou bien d&rsquo;enfants n\u00e9s d&rsquo;une \u00e9toile. Pas vraiment le refrain type de Britney Spears. Et pourtant, contre toute attente, cet album allait tout casser par sa sinc\u00e9rit\u00e9 franche. Le clip, en rotation constante sur MTV, r\u00e9alis\u00e9 par Mike Mills, allait faire date, tout comme son graphisme doux d&rsquo;aquarelle sur la jaquette du disque. Les chansons allaient devenir progressivement des classiques. Le duo\u00a0<strong>Nicolas Godin<\/strong>\u00a0et\u00a0<strong>Jean-Beno\u00eet Dunckel<\/strong>, allaient arborer leurs frimousses fatigu\u00e9es par le jetlag sur tous les plateaux de t\u00e9l\u00e9 du monde. Le groupe avait r\u00e9ussi, contre toute attente, \u00e0 prouver que l&rsquo;on pouvait faire du grand et du beau avec pas grand-chose.<\/p>\n<p>Il aura suffi d&rsquo;un peu d&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9, de volont\u00e9, d&rsquo;un peu de marketing (quand m\u00eame), d&rsquo;un Moog fatigu\u00e9 pour cr\u00e9er une v\u00e9ritable ballade tutoyant au d\u00e9tour d&rsquo;un son le merveilleux. Une v\u00e9ritable \u00e9pop\u00e9e lunaire, vieille de 25 ans d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"800\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/moon_safari_air_25_ans.jpg\" alt=\"&quot;Moon Safari&quot; d&#039;Air - 25 ans dans la jungle lunaire - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/moon_safari_air_25_ans.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/moon_safari_air_25_ans-300x125.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/moon_safari_air_25_ans-1024x427.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/moon_safari_air_25_ans-768x320.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/moon_safari_air_25_ans-1536x640.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > Moon Safari : Pr\u00e9paration de la navette<\/h3>\n<p style=\"background-color: #ffffff;\">En 1998, la musique en France ressemble \u00e0 un joyeux bordel.\u00a0<em>Les Lacs du Connemara<\/em>\u00a0ont fait place au\u00a0<em>nouveau son de Manaaaau<\/em>, et \u00e0 quelques rythmes d&rsquo;eurodance en fin de vie. Pour les plus t\u00e9m\u00e9raires et les plus pointus, on pr\u00e9f\u00e9rera s&rsquo;enorguellir de\u00a0Fatboy Slim, des\u00a0Masters At Work\u00a0ou bien de\u00a0Prodigy\u00a0ou des\u00a0Chemical Brothers\u00a0qui cassent tout en Angleterre. On glorifie\u00a0Daft Punk,\u00a0Cassius\u00a0dans les bo\u00eetes branch\u00e9es parisiennes et on se surprend \u00e0 appr\u00e9cier\u00a0<em>Ray of Light<\/em>\u00a0de\u00a0Madonna.<\/p>\n<p style=\"background-color: #ffffff;\">Troquant ses d\u00e9lires sexuels pour de la spiritualit\u00e9, cet album produit par William Orbit prouve qu&rsquo;on peut utiliser l&rsquo;\u00e9lectro \u00e0 bon escient. Mais l&rsquo;\u00e9cart de vision entre deux univers \u00e9tait tr\u00e8s marqu\u00e9 : d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 une techno assourdissante versant vers le commercial, d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 des d\u00e9lires psych\u00e9d\u00e9liques appr\u00e9ciables mais toujours rapides. Et la lenteur dans tout cela ? C&rsquo;est dans un paysage \u00e9lectronique toujours bouillonnant, que des Versailles allaient retenir la le\u00e7on, \u00e0 leur mani\u00e8re.\u00a0 Aussi dur que le climat \u00e9tait, le r\u00eave \u00e9tait de mise, on pouvait songer \u00e0 un meilleur avenir, \u00e0 une meilleure musique, \u00e0 planer pour un futur plus radieux.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\tNous \u00e9tions proches des Daft Punk, qui travaillaient, eux aussi, \u00e0 leur premier disque. Nous avions d\u00e9couvert \u201cHomework\u201d avant sa sortie et \u00e7a avait \u00e9t\u00e9 un vrai coup de pied au cul pour nous. Ils ont apport\u00e9 une fra\u00eecheur qui nous a fait du bien.\u2009\t\t\t<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<cite>J-B Dunckel au sujet de la gen\u00e8se de \u00ab\u00a0Moon Safari\u00a0\u00bb<\/cite>\n\t\t\t\t\t<\/p><\/blockquote>\n<p>Le duo \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, n&rsquo;\u00e9tait pas encore flamboyant. Dunckel jouait du piano dans des bars mis\u00e9rables avec un enfant et une \u00e9pouse \u00e0 nourrir. Godin \u00e9tait dans des \u00e9tudes d&rsquo;architecture. Il continue de jouer sur ses instruments, au risque d&#8217;emb\u00eater les voisins avec son piano Fender Rhodes. Le duo sort en 1997 <em>\u00ab\u00a0Premiers Sympt\u00f4mes\u00a0\u00bb <\/em>sur le jeune label Source, un recueil de chansons de leur cru, avec <strong>Alex Gopher<\/strong> en prime. Si l&rsquo;album ne provoque ni l&rsquo;hyst\u00e9rie des fans ni de grosses ventes (70 000 exemplaires vendus), il a le m\u00e9rite de se faire remarquer. Plus qu&rsquo;un \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb disque, on assiste \u00e0 un brouillon court, imparfait d&rsquo;un <em>Moon Safari<\/em> pr\u00e9parant son chemin vers les \u00e9toiles. Doux, planant, m\u00e9lancolique, d&rsquo;une rare \u00e9l\u00e9gance,&nbsp;<em>Premiers Sympt\u00f4mes<\/em> est un disque qui r\u00e9sume d\u00e9j\u00e0 un talent fou de la part du duo versaillais.<\/p>\n<p>La suite ne se fera pas attendre. Un beau soir de 1998, on laisse \u00e0 Godin une basse H\u00f6fner des ann\u00e9es 60, la m\u00eame basse ayant servi \u00e0 Paul McCartney pour les Beatles. Branch\u00e9e \u00e0 un ampli, elle d\u00e9livre un son exquis, sec et cool selon les dires de Godin. Apr\u00e8s avoir jou\u00e9 un riff \u00e0 Dunckel, celui-ci l\u00e2che un \u00ab\u00a0sexy boy\u00a0\u00bb de nulle part. Aussi \u00e9tonnant que cela puisse para\u00eetre, le single \u00ab\u00a0<em>Sexy Boy<\/em>\u00a0\u00bb \u00e9tait n\u00e9. La pr\u00e9paration d&rsquo;une navette spatiale demande du temps, de la patience et des efforts, exactement l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit du duo \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Dans une \u00e9poque prompte aux disques jetables, Air pr\u00e9f\u00e9rait faire les choses en temps et en heure. Alors qu&rsquo;ils enregistrent les nouveaux morceaux dans l&rsquo;appartement de Godin \u00e0 Montmartre, la pression monte.<\/p>\n<p>Pour respirer, le duo part enregistrer dans un ancien studio situ\u00e9 au milieu de la for\u00eat de Saint-Nom-la-Bret\u00e8che dans les Yvelines. Puis, il continue l&rsquo;enregistrement \u00e0 Paris, mixer l&rsquo;ensemble par leur ing\u00e9nieur son St\u00e9phane \u00ab\u00a0Alf\u00a0\u00bb Briat au studio Plus XXX. On doit \u00e0 ce grand homme le mixage de la musique d&rsquo;Axelle Red, Depeche Mode, ou encore Phoenix. Puis, l&rsquo;album se termine dans les deux derni\u00e8res semaines au studio Gang. L&rsquo;album est pr\u00eat \u00e0 s&rsquo;envoler vers de nouveaux cieux.<\/p>\n<h3  > D\u00e9collage imm\u00e9diat<\/h3>\n<p style=\"background-color: #ffffff;\">L&rsquo;enregistrement est la quintessence de ce qui fera le bon go\u00fbt de <i>Moon Safari <\/i>de Air. Sons moelleux, francs, doux et d&rsquo;une \u00e9l\u00e9gance rare, on y entend des hommages vibrants \u00e0 Burt Bacharach, Fran\u00e7ois de Roubaix, Jean-Jacques Penney. Les envol\u00e9es lyriques d&rsquo;Enio Morricone croisent au d\u00e9tour d&rsquo;un ast\u00e9ro\u00efde Gainsbourg ou Kraftwerk.<\/p>\n<p style=\"background-color: #ffffff;\">Dans cette ballade num\u00e9rique sur fond de cosmos, les voix du duo, en anglais un peu foir\u00e9, planent. Chaque son frappe par sa ma\u00eetrise.\u00a0<em>La Femme d&rsquo;Argent<\/em>\u00a0est d&rsquo;une classe folle, rappelant la France des Trente Glorieuses, avec ses architectures futuristes, ses d\u00e9sirs d&rsquo;\u00e9vasion spatiale, et ses promesses d&rsquo;une meilleure humanit\u00e9. Une ouverture de disque en or massif. La glorieuse Fender Rhodes \u00e0 la ligne de basse sensuelle s&rsquo;accompagne merveilleusement du Moog.<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=wouKI_myXxk<\/p>\n<p>Que dire de\u00a0<em>Sexy Boy,\u00a0<\/em>le m\u00e9ga-hit de\u00a0<em>Moon Safari<\/em>\u00a0d&rsquo;Air ? Cette chanson intervient presque comme une apparition, avec ses sonorit\u00e9s \u00e9tranges, \u00e0 la fois prenantes et repoussantes, avec cette batterie parfaite ex\u00e9cut\u00e9e par G\u00e9raud Bois aka Marlon (collaborateur de Julien Leclerc, M et Sinclair). Et que dire de l&rsquo;aspect graphique du\u00a0<a href=\"https:\/\/sonologysm.fr\/blog-graphisme-clips-video\/\">clip<\/a>\u00a0? Une p\u00e9pite pop ! Les collages de dessins d&rsquo;aquarelle de Mike Mills font merveille.\u00a0 S&rsquo;ajoutent \u00e0 cela des sayn\u00e8tes dr\u00f4les en noir et blanc o\u00f9 l&rsquo;on voit un duo d\u00e9ambuler dans New York en habit d&rsquo;explorateur. Si l&rsquo;on peut dire que ce genre de design \u00e9tait original pour l&rsquo;\u00e9poque, il garde aujourd&rsquo;hui une image surann\u00e9e d\u00e9licieusement kitsch.<\/p>\n<p>On d\u00e9couvre avec amusement les paroles chant\u00e9es avec na\u00efvet\u00e9 par Dunckel, vantant l&rsquo;homme parfait, \u00ab\u00a0beau comme un dieu\u00a0\u00bb. Ironique, le duo avouait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, mi-agac\u00e9, mi-souriant, qu&rsquo;ils avaient du mal \u00e0 \u00ab\u00a0p\u00e9cho\u00a0\u00bb. Vrilles de la Fender Rhodes, lignes de basse sautillantes et crochets vocaux sensuels mais ludiques, le tout tiss\u00e9 dans une texture aussi fine et luxueuse que la mousseline.<\/p>\n<p>Puis au milieu de tout cela, la voix pure et sensuelle d&rsquo;une certaine Beth Hirsch, am\u00e9ricaine, vivant \u00e0 Paris non loin de Dunckel. C&rsquo;est tout naturellement qu&rsquo;elle se voit proposer de chanter pour eux. En anglais. A une \u00e9poque ou ce n&rsquo;\u00e9tait pas du tout \u00e0 la mode. Je rappelle que la mode \u00e0 \u00e0 ce moment, c&rsquo;\u00e9tait de chanter fran\u00e7ais le plus faux possible et de faire de la musique de supermarch\u00e9. Ou bien de ressembler \u00e0 Sacha Distel pour les plus chanceux&#8230; mais je disgresse. Hirsch sera la grande pr\u00eatresse de la c\u00e9r\u00e9monie.<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=kxWFyvTg6mc&#038;ab_channel=AIRfrenchbandofficial<\/p>\n<p>Elle ravit les coeurs de sa voix chamarr\u00e9e sur le mirifique \u00ab\u00a0<em style=\"color: var( --e-global-color-text ); font-family: var( --e-global-typography-text-font-family ), Sans-serif; font-weight: var( --e-global-typography-text-font-weight );\">All I Need<\/em>\u00ab\u00a0, splendide ballade folk au rythme languissant.\u00a0 Le clip \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9 par Mike Mills, parle de l&rsquo;amour, de la douceur et des femmes. On voit, envelopp\u00e9 dans une ambiance cotonneuse, un jeune couple fou d&rsquo;amour passionn\u00e9 de skate. Ils s&rsquo;aiment, ils parlent de leur passion, avec des passages plus m\u00e9lancoliques sur fond de soleil couchant californien. Un v\u00e9ritable bonheur visuel et auditif qu&rsquo;il est difficile de d\u00e9tester. M\u00eame si des touches de l\u00e9ger chagrin teintent l&rsquo;air, \u00e0 en juger la fin du morceau. L&rsquo;on glisse vers un sentiment plus dur \u00e0 cerner : tristesse, introspection, joie si forte qu&rsquo;il est compliqu\u00e9 de la d\u00e9crire? Difficile \u00e0 dire.<\/p>\n<p>Donc, L&rsquo;alunissage sur l&rsquo;astre l\u00e9gendaire n&rsquo;est pas pr\u00eat de s&rsquo;arr\u00eater avec\u00a0<em>Kelly Watch The Stars<\/em>. On est dans un autre dimension, accentu\u00e9es par des envol\u00e9es de Moog inspir\u00e9es venant d&rsquo;un autre univers. La voix vocod\u00e9e de Godin sur la chanson, rappelle les exp\u00e9rimentations de Stevie Wonder avec la talk-box des ann\u00e9es 80. On note des scintillations distincts, avec des \u00e9clats d&rsquo;\u00e9toile perdus dans le ciel infini. L&rsquo;envol\u00e9e lyrique d&rsquo;un tel titre est \u00e9vidente, et la redescente n&rsquo;est pas encore pour tout de suite. Cependant, Le duo se permet d&rsquo;ajouter ici des halos de son provenant d&rsquo;un alien ou bien des p\u00e9dales fatigu\u00e9es pour ajouter une touche d&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ensemble. Enfin,\u00a0<em>Talisman\u00a0<\/em>est lui, plus introspectif, plus \u00ab\u00a0terre-\u00e0-terre\u00a0\u00bb \u00e0 premi\u00e8re vue mais offre une respiration bienvenue \u00e0 ce shoot lunaire.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"800\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/moon_safari_25_ans.jpg\" alt=\"&quot;Moon Safari&quot; d&#039;Air - 25 ans dans la jungle lunaire - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/moon_safari_25_ans.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/moon_safari_25_ans-300x125.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/moon_safari_25_ans-1024x427.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/moon_safari_25_ans-768x320.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/moon_safari_25_ans-1536x640.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > Moon Safari : Exploration de la vie s\u00e9l\u00e9nite<\/h3>\n<p>Si Air avait une passion pour les ann\u00e9ees 70, elle n&rsquo;aurait pas pu \u00eatre plus \u00e9vidente pour des titres comme\u00a0<em>Remember<\/em>.\u00a0<em>Souviens-toi ce jour l\u00e0 toi et mo<\/em>i, est une catch-phrase d&rsquo;une folle simplicit\u00e9. Cela parle de quelque chose, de diffus encore. Chez Air, on aime le myst\u00e8re&#8230; de quoi parle-t-on au juste? D&rsquo;amour fou? d&rsquo;amiti\u00e9 sinc\u00e8re? ou bien d&rsquo;un rappel \u00e0 l&rsquo;ordre? On peut pencher pour le positif, \u00e9tant donn\u00e9 l&rsquo;atmosph\u00e8re passionn\u00e9e de la chanson.\u00a0<em>You Make It Easy,\u00a0<\/em>chant\u00e9e avec brio par Beth Hirsch. Il est un questionnements en suspens \u00ab\u00a0<em>Je ne suis jamais venu ici, et toi ?\/Tu me souries en guise de r\u00e9ponse\/Tu m&rsquo;as donn\u00e9 la chance\/D&rsquo;\u00eatre soutenu et compris<\/em>\u00ab\u00a0. Le tout sur une rythmique, simple, si simple et si \u00e9vidente. Avec en prime une fin en apoth\u00e9ose, rappelant les films musicaux des ann\u00e9es 70. On l&rsquo;aura compris,\u00a0<em>Moon Safari<\/em>\u00a0est un disque sur l&rsquo;Amour avec un grand A : filial, platonique, charnel, ou m\u00eame non-r\u00e9ciproque.<\/p>\n<p>Le phare dans la nuit\u00a0<em>Ce Matin L\u00e0\u00a0<\/em>appara\u00eet alors. La chanson fut utilis\u00e9e dans\u00a0<em>Virgin Suicides\u00a0<\/em>dans une sc\u00e8ne onirique o\u00f9 les jeunes filles du film apparaissent en cr\u00e9atures irr\u00e9elles. Plus irr\u00e9el encore ces trompettes qui \u00e9clatent dans la ballade, avec une nostalgie \u00e9trange. Et enfin l&rsquo;harmonica, qui nous fait penser \u00e0 la BO d&rsquo;une film documentaire sur une faune sauvage inexplor\u00e9e. Ou bien sur un film sur de grands espaces (am\u00e9ricains? europ\u00e9ens? d&rsquo;ailleurs). Les susurrements de Dunckel nous rappellent \u00e0 l&rsquo;ordre. Le shot de m\u00e9lancolie qu&rsquo;est\u00a0<em>New Star In The Sky<\/em>, est d&rsquo;une beaut\u00e9 et d&rsquo;une tristesse insondable, foudroyante.\u00a0<\/p>\n<p>D&rsquo;une beaut\u00e9 \u00e9clatante, presque insubmersible. L&rsquo;on parle de cette croyance populaire que lorsqu&rsquo;un b\u00e9b\u00e9 na\u00eet, une \u00e9toile appara\u00eet dans le ciel. Un bel hommage \u00e0 Solal, nouveau-n\u00e9 de Dunckel. On parle alors de naissance, dans un paysage ind\u00e9fini, ou le monde n&rsquo;est r\u00e9duit qu&rsquo;\u00e0 cet enfant qui repr\u00e9sente une quintessence.\u00a0<\/p>\n<p>L&rsquo;on termine cette exploration de la vie humaine et s\u00e9l\u00e9nite avec un dernier voyage, celui de P\u00e9n\u00e9lope. Une r\u00e9f\u00e9rence peut-\u00eatre \u00e0 la femme d&rsquo;Ulysse, attendant son jules revenu des confins de la mythologie? Elle aurait droit aussi \u00e0 un voyage bien \u00e0 elle. Les lunes et les com\u00e8tes s&rsquo;entrechoquent dans un entre-soi fracassant. Le piano de Dunckel devient erratique pendant un temps puis tout redevient s\u00e9rieux, \u00e0 la sauce Motown. Le Moog en roue libre crachote ses derni\u00e8res forces. Le voyage interstellaire touche \u00e0 sa fin.<\/p>\n<h3  > Retour joyeux sur Terre<\/h3>\n<p><em>Moon Safari<\/em>\u00a0d&rsquo;Air fait partie de ces disques qui ne connaissent pas de vieillissement cutan\u00e9, au fur et \u00e0 mesure que le temps s&rsquo;\u00e9coule. Se replonger dedans, c&rsquo;est se replonger dans cette effervescence des ann\u00e9es 90, o\u00f9 la musique \u00e9lectronique fran\u00e7aise explosait et tout \u00e9tait possible. C&rsquo;est aussi comprendre qu&rsquo;un bon disque peut tr\u00e8s bien \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 par trois bouts de ficelle et un peu d&rsquo;huile de coude, et beaucoup de volont\u00e9. On pourra dire que le marketing aura lui aussi jou\u00e9 un r\u00f4le mais a-t-il \u00e9tait peu pr\u00e9sent au final? Ce qui comptait, c&rsquo;\u00e9tait au final cette incroyable g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, cette franchise d\u00e9sarmante et cette douceur de vivre.<\/p>\n<p>Dans un monde aussi violent et complexe que le n\u00f4tre, un peu de sensualit\u00e9 ne faisait pas de mal. Les auditeurs, eux, l&rsquo;ont bien compris. C&rsquo;est ce m\u00e9lange des genres d\u00e9tonnant, ce constant voyage entre m\u00e9lodies seventies et synth\u00e9tiseurs futuristes qui a propuls\u00e9\u00a0<em>Moon Safari<\/em>\u00a0en orbite. Notons encore que le disque n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 un gros et long processus \u00e0 r\u00e9aliser, mais bien deux potes qui s&rsquo;installent pendant quatre mois dans une chambre du 18e arrondissement de Paris, assujettie aux cris des voisins&#8230;<\/p>\n<p>Une telle facilit\u00e9, \u00e0 priori, est une vraie prouesse ou l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;un disque devenait de plus en plus robotique et m\u00e9canique. Encore une fois, une fa\u00e7on novatrice de percevoir la musique dans son ensemble : un petit rien peut faire un grand tout. Et ce, bien avant qu&rsquo;Arctic Monkeys ou Kate Nash publient leurs premiers albums \u00ab\u00a0homemade\u00a0\u00bb sur MySpace, 9 ans plus tard&#8230;<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"800\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/moon_safari_25_ans-2.jpg\" alt=\"&quot;Moon Safari&quot; d&#039;Air - 25 ans dans la jungle lunaire - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/moon_safari_25_ans-2.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/moon_safari_25_ans-2-300x125.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/moon_safari_25_ans-2-1024x427.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/moon_safari_25_ans-2-768x320.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/moon_safari_25_ans-2-1536x640.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > La voie tranquille du cosmos<\/h3>\n<p>Pourtant,\u00a0<em>Moon Safari\u00a0<\/em>d&rsquo;Air n&rsquo;est pas exempt de tout d\u00e9faut. La hype, aussi brutale, allait s&rsquo;av\u00e9rer tr\u00e8s difficile \u00e0 endurer. Lives, concerts, interviews interminables dans un anglais approximatif, deux avions par jour, les joies de la promo. L&rsquo;album est tr\u00e8s court, \u00e0 peine 43 minutes. Et malgr\u00e9 l&rsquo;engouement de la critique et des fans pour ce disque, il faut noter qu&rsquo;il se vendra tr\u00e8s bien&#8230; \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger surtout. Preuve que\u00a0<em>Moon Safari<\/em>\u00a0d&rsquo;Air n&rsquo;avait pas compl\u00e8tement r\u00e9ussi \u00e0 devenir sur le moment un classique dans son pays, mais plus tard.<\/p>\n<p>Toutefois, il aura permis d&rsquo;asseoir compl\u00e8tement son pouvoir cr\u00e9atif made in France vers le monde entier. Et impressionner les Anglo-saxons, n&rsquo;est pas une mince affaire. Daft Punk avait \u00e9t\u00e9 le versant techno agressif, Cassius la classe incarn\u00e9e. Air \u00e9tait le rappel de l&rsquo;influence noire de la musique \u00e9lectronique. Un magazine anglais, The Quietus, avait m\u00eame \u00e9crit que le groupe \u00ab\u00a0avait fait en sorte que la pop fran\u00e7aise pouvait \u00eatre prise au s\u00e9rieux\u00a0\u00bb. Cette belle prouesse au final, pouvait ais\u00e9ment racheter les doutes que l&rsquo;on pouvait avoir avec\u00a0<em>Moon Safari.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Mais le plus glorieux avec\u00a0<em>Moon Safari\u00a0<\/em>d&rsquo;Air, c&rsquo;est que c&rsquo;\u00e9tait la preuve qu&rsquo;il fallait toujours s&rsquo;accrocher \u00e0 ses r\u00eaves et \u00e0 ne jamais l\u00e2cher. Qu&rsquo;il \u00e9tait possible de faire ce qu&rsquo;on voulait avec du courage et de la volont\u00e9. Un tel discours peut para\u00eetre na\u00eff mais c&rsquo;est pourtant le cas pour ce disque. Toute une g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;artistes a compris qu&rsquo;elle avait parfaitement le droit de se sentir l\u00e9gitime et cr\u00e9er ce qu&rsquo;elle avait envie de faire sans trop se soucier du reste.<\/p>\n<p>Prenons\u00a0<em>Flat Beat<\/em>\u00a0de Mr Oizo, rejet\u00e9 par tous les labels pour sa boucle soi-disante \u00ab\u00a0agressive\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0peu avenante\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0personne ne chantait en anglais\u00a0\u00bb. Pire m\u00eame on avait argu\u00e9 que ce n&rsquo;\u00e9tait pas de la musique. Il a su s&rsquo;imposer comme un morceau d&rsquo;avant-garde, adoub\u00e9 de tous et reconnu pour ses qualit\u00e9s artistiques ind\u00e9niables. Parce que Mr Oizo a eu la bonne id\u00e9e de proposer \u00e7a \u00e0 Laurent Garnier, pape de la techno fran\u00e7aise. Et c&rsquo;\u00e9tait en 1999. Je rappelle qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, les pistes instrumentales n&rsquo;existaient pas dans les charts. La nouvelle g\u00e9n\u00e9ration fran\u00e7aise peut les remercier d&rsquo;avoir os\u00e9 s&rsquo;imposer. Et ce n&rsquo;est pas rien quand on voit tous les formidables artistes \u00e9lectroniques fran\u00e7ais qui ont depuis \u00e9clos&#8230;<\/p>\n<p>Aussi gros qu&rsquo;un atome,\u00a0<em>Moon Safari<\/em>\u00a0d&rsquo;Air avait explos\u00e9 fa\u00e7on supernova. Le duo Air allait s&rsquo;inscrire durablement dans la dur\u00e9e comme un \u00ab\u00a0groupe qui compte\u00a0\u00bb. Ce qui avait \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme une chim\u00e8re, avait pris forme et avait r\u00e9ussi. La navette spatiale avait cass\u00e9 et surpass\u00e9 les fronti\u00e8res du cosmis pour devenir un classique.\u00a0Un ast\u00e9ro\u00efde made in France qui avait \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 insignifiant et s&rsquo;\u00e9tait dissous dans l&rsquo;atmosph\u00e8re dans une symphonie de couleurs pastels et de Moog inspir\u00e9. On pouvait r\u00eaver, sortir de sa zone de confort et partir tr\u00e8s loin aussi loin que notre conscience pouvait le faire.\u00a0Bref, comme l&rsquo;a dit Godin lui-m\u00eame, \u00ab\u00a0<em>Moon Safari<\/em>\u00a0est parfait.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\tQuand ton fantasme est fort, je suis persuad\u00e9 que quelque chose passe dans les c\u00e2bles et les haut-parleurs. Le pouvoir de \u00ab\u00a0Moon Safari\u00a0\u00bb fut de faire adh\u00e9rer le public \u00e0 nos fantasmes.\t\t\t<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<cite>Nicolas Godin pour Radio France<\/cite>\n\t\t\t\t\t<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Moon Safari d&rsquo;Air a 25 ans. Son aspect innocent et l\u00e9ger, sa \u00ab\u00a0french touch\u00a0\u00bb, n&rsquo;avait \u00e0 priori aucune chance de s&rsquo;imposer comme classique. Mais sa m\u00e9lodie ent\u00eatante et sa douceur m\u00e9lancolique allait pourtant changer la face de l&rsquo;\u00e9lectro fran\u00e7aise \u00e0 jamais. Un album majeur. Moon Safari d&rsquo;Air a 25 ans ans, et ce qui va [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":43291,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"on","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-43229","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-music-and-me"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/43229","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=43229"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/43229\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=43229"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=43229"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=43229"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}