{"id":39324,"date":"2021-03-28T00:39:46","date_gmt":"2021-03-27T23:39:46","guid":{"rendered":"https:\/\/alworld.fr\/?p=39324"},"modified":"2021-03-28T00:39:46","modified_gmt":"2021-03-27T23:39:46","slug":"20-ans-de-gorillaz-1-gorillaz-lalbum-precurseur-des-annees-2000","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sonologysm.fr\/?p=39324","title":{"rendered":"20 ans de Gorillaz &#8211; 1 : \u00ab\u00a0Gorillaz\u00a0\u00bb, l&rsquo;album pr\u00e9curseur des ann\u00e9es 2000"},"content":{"rendered":"<h3  > Un univers graphique bigarr\u00e9, aux allures de cartoon zombifi\u00e9 \u00e0 la sauce manga. Un carrefour d&rsquo;influences asiatiques et am\u00e9ricaines, o\u00f9, sous ses airs dr\u00f4les, se cache une critique acerbe de la soci\u00e9t\u00e9 et beaucoup d&rsquo;humour noir.<\/h3>\n<p  > Ann\u00e9e : 2001\u00a0| Label : Parlophone | Genre :\u00a0Lo-Fi \/ Electro \/ Pop Rock \/ Trip Hop<\/p>\n<p>Nous sommes en mars 2001. Billie Eilish na\u00eetra 10 mois plus tard, la bouillasse a englu\u00e9 la bonne musique, et les t\u00e9l\u00e9-crochets et les divertissements\u00a0 tournent \u00e0 fond sur toutes les cha\u00eenes t\u00e9l\u00e9 de la plan\u00e8te. Pendant qu&rsquo;on s&rsquo;\u00e9meuve d&rsquo;un co\u00eft dans un jacuzzi en direct \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 (du jamais-vu), Wikip\u00e9dia appara\u00eet dans l&rsquo;Internet grand public qui progresse dans tous les foyers, la Gr\u00e8ce pas encore endett\u00e9e embrasse l&rsquo;euro et nous n&rsquo;avons pas encore sombr\u00e9 dans la guerre contre le terrorisme. Dans cette douce qui\u00e9tude berc\u00e9e par l&rsquo;hyperconsommation et la mondialisation, deux colocataires forc\u00e9s de l&rsquo;\u00eatre, ne s&rsquo;appr\u00e9cient pas des masses. Ils regardent avachis MTV comme des d\u00e9bris cosmiques \u00e9chou\u00e9s, puis allaient alors prendre le taureau-singe par les cornes. Un d\u00e9sir d\u00e9vorant de m\u00e9lange des genres, puisant aussi bien dans la <a href=\"https:\/\/sonologysm.fr\/category\/music-and-me\/\">musique<\/a> afro-am\u00e9ricaine que le punk, le reggae, la pop de Blur ou encore la techno froide de D\u00e9troit, la house de Chicago et la salsa cubaine. On ne s&rsquo;attendait pas \u00e0 cette d\u00e9flagration qui allait tout raser sur son passage. Encore mieux, cet album, sorti de nulle part et que personne n&rsquo;attendait, commenc\u00e9 comme une simple blague, bouleversera profond\u00e9ment le paysage musical de son temps. Plus que la musique, Gorillaz imposa son univers dans le milieu tr\u00e8s straight et froid de la pop : entre John Carpenter et les films de zombie, on trouvait des sc\u00e8nes de kung-fu, des remakes de Day of The Dead, des hommage \u00e0 Michael Jackson sans virer \u00e0 la foire d&#8217;empoigne. Une incroyable ma\u00eetrise dans un n&rsquo;importe nawak assum\u00e9 et disons-le, politique. A la sortie de l&rsquo;album, Pitchfork qui venait tout juste d&rsquo;\u00eatre lanc\u00e9, avait \u00e9crit que quelque part, en Angleterre ou en Islande, Graham Coxon, guitariste de Blur, pleurait de d\u00e9sespoir. Proph\u00e9tique. Alors qu&rsquo;on se passionnait plus pour les Destiny&rsquo;s Child et le Discovery de Daft Punk, deux mecs bourr\u00e9s allaient redistribuer les cartes de la pop. Une cure de rajeunissement spectaculaire \u00e0 50 ans de musique britannique. Et pourquoi pas, instaurer un nouveau record du monde : cr\u00e9er le tout premier groupe virtuel \u00e0 succ\u00e8s sur Terre&#8230;<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"675\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz2.jpeg\" alt=\"20 ans de Gorillaz \u2013 1 : \u00ab Gorillaz \u00bb, l\u2019album pr\u00e9curseur des ann\u00e9es 2000 - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz2.jpeg 1200w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz2-300x169.jpeg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz2-1024x576.jpeg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz2-768x432.jpeg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > 20 ans de Gorillaz, album majeur<\/h3>\n<p>Nous sommes en 1998. Et l&rsquo;expression \u00ab\u00a0\u00eatre \u00e0 la crois\u00e9e des chemins\u00a0\u00bb devient douloureusement lucide pour deux Anglais devenus indispensables dans la culture pop britannique des ann\u00e9es 90. A ma gauche, <b>Damon Albarn<\/b>, dont la belle gueule a \u00e9t\u00e9 sacr\u00e9ment amoch\u00e9e par la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 vorace, les ventes correctes de son cinqui\u00e8me album <i>Blur<\/i>\u00a0la poudre et une rupture longue et douloureuse avec <b>Justine Frischmann<\/b>, leader du groupe <b>Elastica<\/b>. A ma droite, <b>Jamie Hewlett<\/b>, gros fumeur (et pas que de tabac), graphiste surdou\u00e9 auteur de la bombe punk <i>Tank Girl. <\/i>Grandement refroidi par l&rsquo;adaptation nanardesque de sa BD par Hollywood en 1995 (on le comprend, le film est atroce), il n&rsquo;aime plus dessiner son h\u00e9ro\u00efne, et a rompu avec <b>Jane Oliver<\/b>, ex-copine de Graham Coxon. L&rsquo;atmosph\u00e8re n&rsquo;est gu\u00e8re joyeuse car les deux hommes ne s&rsquo;entendent pas, m\u00eame s&rsquo;ils se sont crois\u00e9s plusieurs fois dans le pass\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion de certains strips de <i>Tank Girl<\/i>. Hewlett d\u00e9crit m\u00eame Albarn comme un authentique\u00a0<i>wanker\u00a0<\/i>(\u00ab\u00a0branleur\u00a0\u00bb) mais il accepte la proposition de ce dernier de vivre en colocation avec lui \u00e0 Westbourne Grove \u00e0 Londres. C&rsquo;est le retour \u00e0 l&rsquo;adolescence : grosses doses de tabac, alcool \u00e0 foison et extraordinaires f\u00eates sans fin o\u00f9 se c\u00f4toient des membres de <b>Radiohead<\/b>, de <b>Pavement<\/b>, et des <b>Spice Girls<\/b> (!!!). Apr\u00e8s une bonne descente, les deux lascars s&rsquo;enfouissent dans le canap\u00e9 pour regarder la t\u00e9l\u00e9vision non-stop, et particuli\u00e8rement les cha\u00eenes musicales comme MTV ou VH1. Malheureusement pour eux, le spectacle n&rsquo;est pas reluisant : les boys band disparaissent pour laisser place \u00e0 des t\u00e9l\u00e9-crochets insipides, fabriquant \u00e0 la cha\u00eene des singles manufactur\u00e9s, des chanteurs aseptis\u00e9s. Un bien triste spectacle qui laisse pantois Albarn et Hewlett, qui sentent petit \u00e0 petit la r\u00e9volte gronder en eux. Les yeux explos\u00e9s, ils regardent sans s&rsquo;arr\u00eater MTV et d\u00e9couvrent un vide intersid\u00e9ral s&rsquo;offrir devant eux, une sorte d&rsquo;exp\u00e9rience du n\u00e9ant. Albarn le pr\u00e9cisera avec une lucidit\u00e9 certaine : \u00ab\u00a0Si vous regardez MTV trop longtemps, c&rsquo;est un peu l&rsquo;enfer &#8211; il n&rsquo;y a aucune substance l\u00e0-dedans. Nous avons donc eu l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un groupe de dessins anim\u00e9s, quelque chose qui serait un commentaire \u00e0 ce sujet.\u00a0\u00bb Il rench\u00e9rit en affirmant que <b>Pop Idol<\/b> \u00e9tait un spectacle de \u00ab\u00a0catch de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s\u00a0\u00bb triste \u00e0 voir, qui ressemblait fortement \u00e0 un cartoon. Dessin anim\u00e9, image anim\u00e9e? Il n&rsquo;en fallait pas plus pour sauter le temps et r\u00e9aliser une critique m\u00e9taphorique sur tout ce n\u00e9ant. D\u00e9bute alors 20 ans de Gorillaz, album, concert, poster, des images anim\u00e9es furieuses et cr\u00e9atives.<\/p>\n<figure>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1500\" height=\"521\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz3.webp\" alt=\"20 ans de Gorillaz \u2013 1 : \u00ab Gorillaz \u00bb, l\u2019album pr\u00e9curseur des ann\u00e9es 2000 - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz3.webp 1500w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz3-300x104.webp 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz3-1024x356.webp 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz3-768x267.webp 768w\" sizes=\"(max-width: 1500px) 100vw, 1500px\" \/><figcaption>De gauche \u00e0 droite : la guitariste japonaise Noodle, Russel Hobbs le batteur made in Brooklyn, 2D alias Stuart Harold Pot, chanteur et clavi\u00e9riste, et Murdoc Niccals, leader du groupe, bassiste et sataniste confirm\u00e9 aux dents longues (et vertes).<\/figcaption><\/figure>\n<p>On peut \u00e0 une \u00e9poque ou la pop star avait atteint un point culminant d&rsquo;\u00e9go d\u00e9mesur\u00e9e, de mauvaises fringues et d&rsquo;\u00e9talement dans la presse people plus important que sa propre carri\u00e8re musicale, Gorillaz sonnait comme une provocation. <b>Paris Hilton<\/b>, <b>Lindsay Lohan<\/b> et tous les <i>wannabe<\/i> de l&rsquo;\u00e9go-trip allaient instaurer leur nouveau credo : voir et \u00eatre vu, quitte \u00e0 devenir un produit de basse qualit\u00e9 \u00e0 consommer de suite sous peine de dispara\u00eetre pour toujours. Aux sombres ann\u00e9es 90, le clinquant et le bling-bling allaient tout ravager la d\u00e9cennie suivante. Albarn, cram\u00e9 par la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 et tous les paradis artificiels qui s&rsquo;y ajoutent, connaissait bien son sujet. Il d\u00e9cide de ne pas se montrer, d&rsquo;imaginer des avatars virtuels anim\u00e9s style cartoon, le tout dessin\u00e9 par Jamie Hewlett.\u00a0Ragaillardis, les deux comparses exp\u00e9rimentent de leur c\u00f4t\u00e9 : influences am\u00e9ricaines, japonaises et hommage au cin\u00e9ma\u00a0<i>bis<\/i> de zombies et de films d&rsquo;horreur pour Hewlett, dingueries sonores pour Albarn m\u00ealant tout ce qu&rsquo;il aimait \u00e9couter adolescent : reggae, salsa cubaine (sa femme, <b>Suzi Winstanley<\/b>, est d&rsquo;origine cubaine), blues, jazz, et pourquoi un peu de pop \u00e0 la Blur mais avec un\u00a0<i>twist<\/i> certain. Quid du titre du groupe et de son identit\u00e9 visuelle ? Au d\u00e9but, le groupe se nommait \u00ab\u00a0Gorilla\u00a0\u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ce primate imposant, \u00e0 la fois comique avec sa grosseur et effrayant par sa taille. Puis pour la touche\u00a0<i>inderground<\/i> certainement, le Z fut ajout\u00e9 \u00e0 la fin. Mais pourquoi les primates au juste ? Les sources divergent. Un banal jeu de mot peut-\u00eatre, venant du tr\u00e8s poli <b>Liam Gallagher<\/b> au sujet de Blur en 1995 : \u00ab\u00a0Nous sommes les <b>Beatles<\/b> et les <b>Stones<\/b>, et [Blur sont] les putains de <b>Monkees<\/b>.\u00a0\u00bb R\u00e9f\u00e9rence \u00e0 peine voil\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0groupe format\u00e9\u00a0\u00bb des Monkees cr\u00e9\u00e9s uniquement pour contrer les Beatles&#8230; Les cr\u00e9ateurs sont d&rsquo;ailleurs n\u00e9s la m\u00eame ann\u00e9e : 1968, soit l&rsquo;ann\u00e9e du singe. Co\u00efncidence? Qu&rsquo;importe, la machine s&rsquo;\u00e9branle. Albarn et Hewlett \u00e9crivent avec <b>Phil Oakley<\/b> leur premi\u00e8re chanson : <i>Ghost Train<\/i>. Une ballade sombre, belle, \u00e9corch\u00e9e o\u00f9 les paroles, \u00e9loquentes, parlent d\u00e9j\u00e0 de d\u00e9voration : <i>\u00ab\u00a0Ici, ils viennent voler mon \u00e2me\/attendre jusqu&rsquo;\u00e0 ce que j&rsquo;en sache plus\/Essayant de ne pas \u00eatre(&#8230;)\u00a0\u00bb<\/i>. Mais d\u00e9j\u00e0 une belle trouvaille. On sentait les pr\u00e9mices du style Gorillaz dans cette chambre, un charme brinquebalant. M\u00eame si Albarn lui m\u00eame affirme que la \u00ab\u00a0vraie\u00a0\u00bb premi\u00e8re chanson de Gorillaz \u00e9tait <i>On Your Own<\/i> de Blur, sorti en 1997. Une pl\u00e9thore de\u00a0<i>guests<\/i> studieux s&rsquo;ajoute : <b>Tina Weymouth<\/b> des <b>Talking Heads<\/b>, <b>Ibrahim Ferrer<\/b> de <b>Buena Vista Social Club<\/b>, les rappeurs <b>Sweetie Irie<\/b> et <b>Del Tha Funky Homosapien<\/b> de <b>Delton 3030<\/b>,\u00a0<b>Miho Hatori<\/b> de\u00a0<b>Cibo Matto,<\/b>\u00a0et cr\u00e9er entre le studio 13 de Londres et les Geejam Studios \u00e0 Portland en Jama\u00efque, un album multi-facettes coup de poing dans la culture du moment. Les choses s\u00e9rieuses allaient commencer. 20 ans de Gorillaz, album qui p\u00e9tarade.<\/p>\n<h3  > 20 ans de \u00ab\u00a0Gorillaz\u00a0\u00bb, album fou \u00e0 lier<\/h3>\n<p>Que l&rsquo;on soit clair sur ce point, Gorillaz n&rsquo;a pas invent\u00e9 l&rsquo;eau chaude sur la question du m\u00e9lange des genres. De grands noms de la musique s&rsquo;y sont essay\u00e9 avec succ\u00e8s : <b>Kate Bush<\/b> et ses m\u00e9lodies sensuelles m\u00ealant myst\u00e8re, pop et musique traditionnelle celte, hongroise ou asiatique, <b>Foster The People, The Beta Band<\/b> pour leurs singeries pop, ou encore <b>Massive Attack<\/b> avec son trip hop classe et t\u00e9n\u00e9breux, lorgnant parfois vers le jazz et le blues. Etabli en Jama\u00efque, Albarn conna\u00eet une effervescence cr\u00e9ative. Il avait r\u00e9ussi \u00e0 Londres \u00e0 d\u00e9nicher un Suzuki Omnichord en soldes, clavier ressemblant \u00e0 un jouet, et triture des notes sombres et distordues jusqu&rsquo;\u00e0 arriver \u00e0 la parfaite boucle hypnotique. Il demande \u00e0 ses coll\u00e8gues Jason Cox et Tom Girling \u00e0 Londres au Studio 13 de lui arranger les sons fra\u00eechement assembl\u00e9s dans le logiciel <i>Logic Audio. <\/i>On y ajoute un rap express \u00e9crit en 30 minutes chrono par <b>Del Tha Funky Homosapien<\/b> de <b>Delton 3030<\/b>, valid\u00e9 par son producteur <b>Dan Nakamura alias Dan The Automator<\/b> et on y incorpore un sample de <i>Il \u00e9tait une fois dans l&rsquo;Ouest\u00a0<\/i>de Sergio Leone. Un single na\u00eet : <i>Clint Eastwood.<\/i><\/p>\n<p>La r\u00e9f\u00e9rence? L&rsquo;acteur, pardi, et sa formidable prestation dans <i>Le Bon, la Brute et le Truand<\/i>. Enfant pr\u00e9coce mais encore sans forme, <i>Clint Eastwood<\/i> m\u00e9rite de frapper fort sur le c\u00f4t\u00e9 visuel. Hewlett s&rsquo;occupe de l&rsquo;identit\u00e9 graphique et pour la r\u00e9alisation du clip, il se tourne vers <b>Pete Candeland<\/b>, animateur \u00e0 <b>Passion Pictures<\/b>. Le premier single sort donc le 5 mars 2001, et le clip conna\u00eet une rotation quotidienne sur toutes les cha\u00eenes musicales de l&rsquo;\u00e9poque. C&rsquo;est un succ\u00e8s surprise pour les deux comparses. La chanson est largement diffus\u00e9e \u00e0 la radio, squatte le haut du classement d&rsquo;une vingtaine de pays, les critiques sont excellentes et tout le monde s&rsquo;extasie sur ce projet qui prend tout le monde de court. L&rsquo;album, sobrement intitul\u00e9\u00a0<i>Gorillaz<\/i>, sort dans la foul\u00e9e, le 26 mars. C&rsquo;est un carton plan\u00e9taire, qui se vendra \u00e0 7 millions d&rsquo;exemplaires et aura droit \u00e0 son entr\u00e9e dans le Guinness Book des Records en tant que plus grosse vente d&rsquo;albums de musique de groupe virtuel \u00e0 ce jour (record jamais \u00e9gal\u00e9 depuis). Lorsque l&rsquo;on sait que les premiers groupes virtuels \u00e9taient <b>The Archies<\/b> et leur single un peu b\u00e9b\u00eate\u00a0<i>Sugar, Sugar<\/i> dans les ann\u00e9es 70, ou encore <b>Alvin et les Chipmunks<\/b> en 1958 avec leur voix de fond de poubelle, on comprend que le chemin vers la gloire a \u00e9t\u00e9 bien long pour les groupes virtuels&#8230;\u00a0<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=1V_xRb0x9aw<\/p>\n<p>Sous la loufoquerie \u00e0 peine d\u00e9guis\u00e9e, se cachent pourtant des sentiments ambivalents. <i>Re-Hash<\/i> et son refrain ent\u00eatant, gracile, avec ses bruits de corde d&rsquo;une pr\u00e9cision sans faille, parle d&rsquo;un sentiment d&rsquo;abandon et d&rsquo;impuissance face \u00e0 l&rsquo;argent. <i>C&rsquo;est l&rsquo;argent ou on arr\u00eate tout (It&rsquo;s the money or stop<\/i>) dit la chanson en substance. Le terme\u00a0<i>rehash<\/i> est une expression anglaise qu&rsquo;on pourrait traduire par \u00ab\u00a0ressasser\u00a0\u00bb, un peu comme un oncle grincheux qui parle du \u00ab\u00a0bon vieux temps\u00a0\u00bb en arri\u00e8re-plan. Un sentiment d&rsquo;\u00eatre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart qui ne cesse de hanter l&rsquo;album<i>.\u00a0<\/i>L&rsquo;exemple le plus flagrant est\u00a0<i>5\/4 &#8211; <\/i>r\u00e9f\u00e9rence aux riffs de guitare de Noodle durant la chanson &#8211; qui sous ses airs de pop rock p\u00e9taradant, parle d&rsquo;une \u00ab\u00a0magie\u00a0\u00bb symbolisant la drogue qui vous rend plus fort et plus combattif&#8230; avant de conna\u00eetre un bad trip qui vous transforme en loque. Et que dire de <i>Tomorrow Comes Today<\/i>, splendide ballade \u00e9corch\u00e9e o\u00f9 2D chante sur sa condition d&rsquo;avatar virtuel dans un monde qu&rsquo;il ne ma\u00eetrise plus. <i>Don&rsquo;t think I&rsquo;ll be here too long<\/i>, \u00ab\u00a0ne croyez pas que je vais faire de vieux os ici\u00a0\u00bb, est un message on ne peut plus clair. A peine nous sommes-nous relev\u00e9s de ce quatri\u00e8me mur qui nous est tomb\u00e9 dessus,\u00a0<i>New Genious<\/i>\u00a0nous met en garde contre les bonimenteurs et les mensonges, le \u00ab\u00a0new genious\u00a0\u00bb pouvant \u00eatre assimili\u00e9 au \u00ab\u00a0mauvais g\u00e9nie\u00a0\u00bb. Seul <i>Clint Eastwood<\/i> se paie d&rsquo;\u00eatre un peu plus l\u00e9ger en surface, avec ses r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 <i>Le Bon, La Brute et le Truand<\/i> (le fameux \u00ab\u00a0sunshine in a bag\u00a0\u00bb est une r\u00e9plique du film), les bruits tordus de l&rsquo;harmonica sortis d&rsquo;un western sous acide, et la rythmique si particuli\u00e8re donn\u00e9e gr\u00e2ce au Suzuki Omnichord&#8230; Ce clavier \u00e0 l&rsquo;allure de jouet peut \u00eatre vu comme le symbole du disque : un instrument en forme de cartoon, mais qui se transforme en mallette sans fonds pouvant faire jaillir des sons inconnus, tritur\u00e9s \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame. Ensemble, ils expriment tour \u00e0 tour la d\u00e9tresse, la joie, la cruaut\u00e9 d&rsquo;un troisi\u00e8me mill\u00e9naire fr\u00e9missant \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e de l&rsquo;Internet grand public et des divertissements rapides et oubliables. Doux, Dur et Dingue, comme une r\u00e9f\u00e9rence au film de <b>Clint Eastwood<\/b> o\u00f9 ce dernier se lie d&rsquo;amiti\u00e9 avec Clyde, un orang-outang bagarreur. L\u00e0 encore, la sauvagerie, mais aussi l&rsquo;all\u00e9gresse, se tapit toujours l\u00e0 o\u00f9 on ne l&rsquo;attend pas. 20 ans de Gorillaz, album sauvage et mal fam\u00e9.<\/p>\n<h3  > 20 ans de Gorillaz, album cr\u00e9atif<\/h3>\n<p>Ce qui \u00e9vite\u00a0<i>Gorillaz\u00a0<\/i>de n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;un bordel sans nom, c&rsquo;est une grand coh\u00e9rence m\u00e9lodique. Sous ses airs d\u00e9lirants, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les genres ne se m\u00e9langeaient pas comme aujourd&rsquo;hui, <i>Gorillaz<\/i> \u00e9tonne par son savant \u00e9quilibre des forces. Catalogu\u00e9 album pop-rock, voire dance par MTV (???), l&rsquo;opus est pourtant bien plus riche. On y trouve des r\u00e9f\u00e9rences au hip-hop dans <i>Rock The House\u00a0<\/i>et\u00a0<i>Tomorrow Comes Today<\/i>, \u00e9lectro-house avec\u00a0<i>Sound Check (Gravity) <\/i>et\u00a0<i>New Genious (Brother)<\/i>, voire trip-hop (<i>Double Bass)<\/i>, ou effectivement dance avec le tr\u00e8s jovial\u00a0<i>19-2000<\/i>. Si la premi\u00e8re \u00e9coute en d\u00e9boussolera plus d&rsquo;un, il faut savoir qu&rsquo;un tel m\u00e9lange \u00e9tait plut\u00f4t rare \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, et qu&rsquo;il constitue ce qu&rsquo;on pourrait appeler un \u00ab\u00a0tour de force\u00a0\u00bb. R\u00e9aliser un tel album aurait pu constituer au suicide artistique, or il n&rsquo;en est rien. Albarn n&rsquo;est pas un bleu en mati\u00e8re de musique, ayant prouv\u00e9 son talent de songwriter et de chanteur dans Blur, dot\u00e9 d&rsquo;un charisme fou et d&rsquo;une bonne dose d&rsquo;impertinence. Pas anodin qu&rsquo;apr\u00e8s une crise existentielle comme celle qu&rsquo;il eut \u00e0 la fin des ann\u00e9es 90 alors que la britpop se mourait, qu&rsquo;il ait eu envie de tenter autre chose, musicalement parlant.\u00a0<i>Blur<\/i>, leur cinqui\u00e8me album, \u00e9tait un hommage appuy\u00e9 au rock am\u00e9ricain et l&rsquo;on sentait qu&rsquo;Albarn \u00e9touffait. Les sons africains, asiatiques et indiens lui manquaient. Arm\u00e9s d&rsquo;une kyrielle de claviers, Albarn laissa court \u00e0 son imagination d\u00e9bordante. Hors de question de faire encore du Blur, il fallait oser. C&rsquo;est pour cela que l&rsquo;on se retrouve avec une centaine de samples dans l&rsquo;album, allant des films de Clint Eastwood \u00e0 ceux du\u00a0<i>Jour des Morts Vivants<\/i>, en passant par des raret\u00e9s comme la boucle du g\u00e9n\u00e9rique de\u00a0<i>Modesty Blaise<\/i>, une s\u00e9rie anglaise, pour\u00a0<i>Rock The House<\/i>,\u00a0<i>Impeach The President\u00a0<\/i>par\u00a0<i>The Honey Drippers<\/i> pour\u00a0<i>Tomorrow Comes Today.\u00a0<\/i>Pas mal de blues ou de funk oubli\u00e9 des ann\u00e9es 70, comme un pied de nez \u00e0 une industrie qui a un peu trop oubli\u00e9 les racines noires de la musique actuelle. Le R&rsquo;n&rsquo;B et le rap ne viennent-il pas du jazz? Le jazz ne d\u00e9coule-t-il pas du blues, voire du bluegrass, chant\u00e9s par les esclaves dans les champs de coton? La salsa n&rsquo;a-t-elle pas \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e par les esclaves import\u00e9s \u00e0 Cuba? La techno et la dance ne sont-elles pas originaires de D\u00e9troit, ville afro-am\u00e9ricaine par excellence, cr\u00e9\u00e9es par des ouvriers noirs recr\u00e9ant des bruits d&rsquo;usine? <i>Gorillaz<\/i> rend enfin hommage \u00e0 ces oubli\u00e9s en modernisant le tout sans oublier l&rsquo;h\u00e9ritage anglais et la r\u00e9flexion sur la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 tourn\u00e9e en d\u00e9rision jusqu&rsquo;\u00e0 ne plus montrer des artistes de chair et d&rsquo;os&#8230;<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1500\" height=\"844\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz4.webp\" alt=\"20 ans de Gorillaz \u2013 1 : \u00ab Gorillaz \u00bb, l\u2019album pr\u00e9curseur des ann\u00e9es 2000 - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz4.webp 1500w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz4-300x169.webp 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz4-1024x576.webp 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz4-768x432.webp 768w\" sizes=\"(max-width: 1500px) 100vw, 1500px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<p>Si j&rsquo;ai list\u00e9 dans cet article un certain nombre de synth\u00e9tiseurs, c&rsquo;est qu&rsquo;Albarn en est un grand collectionneur. Le Studio 13 est une caverne d&rsquo;Ali Baba en ce sens : le Solina String Ensemble, clavier des ann\u00e9es 80 recr\u00e9ant un large orchestre utilis\u00e9 par <b>Elton John<\/b> dans Shine On Your Crazy Diamond, le Moog Rogue et le Roland JV pour <i>Clint Eastwood<\/i>, et le Melodica &#8211; synth\u00e9tiseur avec tuyau reli\u00e9 \u00e0 la bouche dont l&rsquo;air est modul\u00e9 par les touches &#8211; par Albarn qui s&rsquo;est pris de passion pour cet instrument (cela s&rsquo;entend !). Pour en savoir plus, je vous invite \u00e0 voir cet <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=HgAdZ3gwdvQ\"><b>extrait de <i>Bananaz<\/i><\/b><\/a>, documentaire sur le groupe, o\u00f9 l&rsquo;on voit Albarn tr\u00e9pigner au milieu de ces beaux claviers. N&rsquo;oublions pas le foisonnement constant de sons \u00e9tranges, venus d&rsquo;on ne sait o\u00f9, qui ajoutent \u00e0 l&rsquo;ensemble une \u00e9tranget\u00e9 hypnotique. On compte pr\u00e8s de 460 sons diff\u00e9rents pour <i>19-2000<\/i>, presque autant pour <i>Clint Eastwood,\u00a0<\/i>et de toutes sortes : fl\u00fbte partant en sucette dans <i>Rock The House, <\/i>courts-circuits de fils \u00e9lectriques dans <i>Man Research (Clapper)<\/i>, instruments perdus dans le lointain dans <i>Starshine<\/i>, claps de mains dans\u00a0<i>Punk<\/i>, souffles du vent et couinements d&rsquo;Albarn en boucle pour\u00a0<i>Slow Country.\u00a0<\/i>Des bruits humains se m\u00ealant \u00e0 ceux, plus obscurs, issus de machines utilis\u00e9s par de vrais musiciens, mais dissimul\u00e9s par des entit\u00e9s virtuelles. Un peu de mal au cr\u00e2ne non?<\/p>\n<p>Mais comment ne pas succomber \u00e0 ces montagnes russes d&rsquo;\u00e9motions confuses? Gorillaz arrive prodigieusement \u00e0 virer de bord sans approcher de la catastrophe avec une construction solide, des guests engag\u00e9s et un chef d&rsquo;orchestre comp\u00e9tente et curieux, Damon Albarn. <b>Tina Weymouth<\/b>, membre du <b>Tom Tom Club<\/b> et de <b>Talking Heads<\/b>, ajoute ses choeurs f\u00e9minins et son riff de guitare l\u00e9gendaire, <b>Miho Hatori<\/b>, leader de <b>Cibo Matto<\/b>, ajoute une touche japonisante avec sa voix de poup\u00e9e d&rsquo;<i>anime<\/i> et son go\u00fbt pour l&rsquo;\u00e9lectro bizarro\u00efde (\u00e9coutez donc <i>Sugar Water<\/i> ou <i>Apple<\/i> pour comprendre), <b>Ibrahim Ferrer<\/b>, figure l\u00e9gendaire du son cubain, apporte sa voix rugueuse et m\u00e9lodieuse sur la ballade <i>Latin Simone (Que Pasa Contigo)<\/i>. La pop aux riffs de guitare impeccable de <i>Re-Hash\u00a0<\/i>cohabite sans probl\u00e8me avec l&rsquo;agressivit\u00e9 rock de <i>M1 A1\u00a0<\/i>et\u00a0<i>5\/4<\/i>, l&rsquo;enfantin et jouissif punk de la chanson bien nomm\u00e9e\u00a0<i>Punk<\/i> discute avec l&rsquo;\u00e9lectro froide et sombre de <i>New Genious. <\/i>L&rsquo;\u00e9l\u00e9gie\u00a0anglo-cubaine de <i>Latin Simone<\/i> avec le regrett\u00e9 Ibrahim Ferrer c\u00f4toie sans mal le reggae \u00e9corch\u00e9 de\u00a0<i>Starshine<\/i>. On y trouve m\u00eame des \u00e9l\u00e9ments dance avec\u00a0<i>19-2000<\/i> voire m\u00eame dans <i>Clint Eastwood<\/i>. Le tour dans ce Space Mountain musical est certes \u00e9prouvant, mais on se prend \u00e0 y croire et on finit par appr\u00e9cier. Et surtout c&rsquo;est un album qui a \u00e9t\u00e9 en avance sur son temps, pr\u00e9curseur dans cette mutation des genres musicaux pour en faire des entit\u00e9s \u00e0 part enti\u00e8re. 20 ans de Gorillaz, album multiculturel.<\/p>\n<h3  > \u00ab\u00a0Gorillaz\u00a0\u00bb, album pr\u00e9curseur<\/h3>\n<p>L&rsquo;h\u00e9ritage de <i>Gorillaz<\/i>, sorti au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, est immense. Et bien plus \u00e9tendu que l&rsquo;on pense. Pour le groupe, ce m\u00e9lange est plus qu&rsquo;un simple caprice : c&rsquo;est une marque de fabrique qui fera leur fortune encore jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui. Car comme cit\u00e9 plus haut, les ann\u00e9es 2000 sont terriblement herm\u00e9tiques. Les musiciens restent dans leur zone de confort et en sortent rarement. Si aujourd&rsquo;hui on tol\u00e8re plus ou moins que <b>Sia<\/b> chante avec <b>Ma\u00eetre Gims<\/b>, ou <b>Rihanna<\/b> s&rsquo;\u00e9poumoner avec<b> Chris Martin<\/b> de <b>Coldplay<\/b>, il aura fallu attendre pas mal d&rsquo;ann\u00e9es avant d&rsquo;oser sauter le pas. <i>Gorillaz<\/i> est une c\u00e9l\u00e9bration presque anarchiste et revendicatrice d&rsquo;une musique aux racines noires, un pont immat\u00e9riel entre le pass\u00e9 et le futur et qui s&rsquo;affranchit des limites impos\u00e9es \u00e0 un genre en particulier. Car qu&rsquo;est-ce qui pourrait \u00e9viter qu&rsquo;un chanteur pop ose parler de salsa dans son disque ? Combien d&rsquo;artistes prometteurs ont du essuyer de refus des labels ou producteurs peu scrupuleux de m\u00e9langer leur style avec d&rsquo;autres plus obscurs ? Combien d&rsquo;occasions rat\u00e9es en somme ?\u00a0<i>Gorillaz<\/i> \u00e9tait la premi\u00e8re tentative r\u00e9ussie et pleinement s\u00fbre de ces capacit\u00e9s, qui aurait pu \u00eatre balay\u00e9e par la terreur du 11 Septembre. Pour l&rsquo;histoire, Albarn avait d\u00e9cid\u00e9 que ce groupe ne serait qu&rsquo;un <i>one-shot<\/i> et avait pr\u00e9vu de tout arr\u00eater. Mais ces \u00e9v\u00e9nements tragiques le pouss\u00e8rent \u00e0 continuer. <i>Demon Days<\/i>, sorti en 2005, sera un catalyseur de ces angoisses de terrorisme, de critique acerbe sur le communautarisme, et sur la violence d&rsquo;une \u00e9poque. La musique insouciante de <i>Gorillaz<\/i> avant le drame, aura \u00e9t\u00e9 le seul <i>one-shot <\/i>de l&rsquo;histoire, laissant place \u00e0 plus d&rsquo;amertume. \u00ab Je me retrouve au milieu du feu et je m\u2019en sors \u00bb continue de dire, fataliste, Albarn, sur son besoin de continuer Gorillaz.\u00a0<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=WXR-bCF5dbM<\/p>\n<p>20 ans de <i>Gorillaz<\/i>, album majeur, c&rsquo;est s\u00fbr. La jeune pousse est devenue une plante vivace, aux multiples branches qui a connu des hauts et des bas. En 2002, le groupe dispara\u00eet sans laisser de traces, \u00e0 cause d&rsquo;un projet de film avec Hollywood finalement avort\u00e9 pour cause de \u00ab\u00a0sc\u00e9narios d\u00e9biles\u00a0\u00bb selon Hewlett. Pour l&rsquo;anecdote, <b>Harvey Weinstein<\/b> devait reprendre le projet mais effray\u00e9 par l&rsquo;imagerie sombre et l&rsquo;absence de pognon en perspective, il pr\u00e9f\u00e9ra partir &#8211; l&rsquo;avenir donne toujours raison \u00e0 Gorillaz. Albarn et Hewlett fr\u00f4l\u00e8rent la rupture apr\u00e8s une grosse dispute en 2010, juste apr\u00e8s la sortie de <i>Plastic Beach<\/i>, mais leurs diff\u00e9rends furent r\u00e9gl\u00e9s. La vie de groupe n&rsquo;est pas toujours facile. Cependant, \u00e0 chaque nouvelle difficult\u00e9 (int\u00e9grit\u00e9 artistique, argent &#8211; il faut bien vivre -, pression des majors), Gorillaz arrivait miraculeusement \u00e0 s&rsquo;en sortir, sautillant de la fange avec une gr\u00e2ce irritante. Encore une preuve que le groupe ne fait rien comme tout le monde, en sachant que le format album va peut-\u00eatre mourir (<a href=\"https:\/\/yard.media\/story\/rap-francais-pourquoi-albums-projet-2020\/\"><b>95% des albums ne seraient pas rentables<\/b><\/a> selon le magazine <b>YARD<\/b>), Gorillaz d\u00e9cide de sortir un single par mois depuis 2019 puis avait regroup\u00e9 le tout en une premi\u00e8re \u00ab\u00a0anthologie\u00a0\u00bb plus qu&rsquo;un album classique en 2020, et qui devrait conna\u00eetre une suite en 2021 toujours sur ce m\u00eame syst\u00e8me. Histoire d&rsquo;encore surprendre son auditoire et continuer son mantra : l&rsquo;exp\u00e9rimentation musicale.<\/p>\n<p>Curieusement, l&rsquo;imagerie sombre et bizzaro\u00efde de <i>Gorillaz <\/i>allait s&rsquo;av\u00e9rer pr\u00e9monitoire dans un monde ayant bascul\u00e9 dans le terrorisme, et on retrouvera, bien que timidement, quelques inspirations chez des artistes comme <b>The Streets<\/b> avec <i>Original Pirate Material<\/i>, <i>Blowback<\/i> de <b>Tricky<\/b>, voire\u00a0<i>In Search Of<\/i> de <b>N*E*R*D<\/b>, le groupe de <b>Pharrell Williams<\/b>. L&rsquo;inspiration viendra assez tard, vers la fin des ann\u00e9es 2000, avec l&rsquo;\u00e9mergence de nouveaux artistes testant l&rsquo;hybridation des genres, comme <b>Drake<\/b>, <b>Kanye West<\/b>. Ironiquement, les ann\u00e9es 2010 devinrent ce que Gorillaz avait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 en un seul album : la mutation lente des genres musicaux pour en extraire des chansons plus travaill\u00e9es et moins m\u00e9caniques. Toute une ribambelle d&rsquo;artistes firent alors leur apparition : <b>Frank Ocean<\/b> et son R&rsquo;n&rsquo;B parsem\u00e9 de touche d&rsquo;\u00e9lectro, <b>Kaytranada<\/b> et sa house classieuse teint\u00e9e de hip-hop, <b>Animal Collective, Django Django, <\/b>et<b> Tame Impala<\/b> r\u00e9inventant la pop \u00e0 grands coups d&rsquo;inspiration psych\u00e9d\u00e9lique h\u00e9rit\u00e9es des ann\u00e9es 70. M\u00eame les starlettes pour ados chang\u00e8rent de visage pour s&rsquo;orienter vers des th\u00e9matiques et des sonorit\u00e9s consid\u00e9r\u00e9 comme anti-commerciales il y a vingt ans. Le techno\u00efde <i>How I&rsquo;m Feeling Now<\/i> de <b>Charli XCX<\/b> \u00e9voque parfois les raves party, le renversant <i>Sweetener<\/i> d&rsquo;<b>Ariana Grande<\/b> a tout du <b>TLC<\/b> des ann\u00e9es 90 aux accents dream pop. La musique avait enfin compris que pour \u00e9voluer, il fallait muter, m\u00eame si elle mit du temps \u00e0 comprendre ce que Gorillaz tentait vainement de lui expliquer.\u00a0<\/p>\n<p>Sous ses couches multiples de genre musicaux, l&rsquo;opus se d\u00e9voilait plus roublard et plus profond qu&rsquo;il ne laissait para\u00eetre. <i>Gorillaz<\/i> portait le m\u00eame nom que le groupe, comme un fragment faisant partie d&rsquo;un tout. A chaque \u00e9coute, \u00e0 chaque nouvelle \u00e8re, l&rsquo;on se surprend \u00e0 comprendre que cet album a triomph\u00e9 du temps et des tendances pour devenir un pilier sans se pr\u00e9tendre grand dieu. La marque des bons disques finalement. 20 ans de Gorillaz, album magnifique.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"303\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/gorillaz5.gif\" alt=\"20 ans de Gorillaz \u2013 1 : \u00ab Gorillaz \u00bb, l\u2019album pr\u00e9curseur des ann\u00e9es 2000 - Alworld.fr\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un univers graphique bigarr\u00e9, aux allures de cartoon zombifi\u00e9 \u00e0 la sauce manga. Un carrefour d&rsquo;influences asiatiques et am\u00e9ricaines, o\u00f9, sous ses airs dr\u00f4les, se cache une critique acerbe de la soci\u00e9t\u00e9 et beaucoup d&rsquo;humour noir. Ann\u00e9e : 2001\u00a0| Label : Parlophone | Genre :\u00a0Lo-Fi \/ Electro \/ Pop Rock \/ Trip Hop Nous sommes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":43739,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"on","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-39324","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-music-and-me"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/39324","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=39324"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/39324\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=39324"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=39324"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=39324"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}