{"id":34547,"date":"2020-01-03T10:46:04","date_gmt":"2020-01-03T09:46:04","guid":{"rendered":"http:\/\/alworld.fr\/?p=34547"},"modified":"2020-01-03T10:46:04","modified_gmt":"2020-01-03T09:46:04","slug":"lart-de-la-couverture-selon-le-bloomberg-businessweek","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sonologysm.fr\/?p=34547","title":{"rendered":"La couverture du Bloomberg Businessweek : design, esbroufe et piment"},"content":{"rendered":"<h3  > Il est des mastodontes dont on est effray\u00e9s. Le Bloomberg Businessweek en fait partie. A moins de vivre dans une grotte ou de s&rsquo;improviser Robinson Cruso\u00e9, le magazine cr\u00e9\u00e9 en 1929 puis rachet\u00e9 par le groupe Bloomberg en 2009 est plut\u00f4t c\u00e9l\u00e8bre.<\/h3>\n<p>\t\tChaque ann\u00e9e ce magazine publie le classement annuel des meilleurs MBA, \u00e0 savoir les meilleurs master of business administration (ma\u00eetrises en administration des affaires) qui est attendu comme le Messie par la presse et les \u00e9tudiants. Autant dire que \u00e7a ne rigole pas quand au choix des \u00e9coles o\u00f9 l&rsquo;on apprend les meilleurs cours au sujet de la finance. Mais le Bloomberg Businessweek, c&rsquo;est une formidable entreprise de 2300 journalistes, travaillant dans plus de 72 pays, gr\u00e2ce au puissant r\u00e9seau de l&rsquo;agence Bloomberg, cr\u00e9\u00e9 par Michael Bloomberg, maire de New York de 2002 \u00e0 2013. Publi\u00e9 50 fois par ans, le magazine rapporte quotidiennement des articles de fond sur des sujets politiques, financiers ou simplement pol\u00e9miques. Certaines unes du magazine sont rest\u00e9es c\u00e9l\u00e8bres pour leur ton caustique, ou avec un parti pris provoquant la stupeur ou l&rsquo;indignation. Mais plus que le contenu, c&rsquo;est la forme qui fait que le Bloomberg Businessweek est, dans la galaxie des revues de finance, un cas \u00e0 part. Et ce malgr\u00e9 les pol\u00e9miques , les attaques de ses d\u00e9tracteurs, les prises d&rsquo;opinion intransigeantes que prenait le magazine sur des sujets br\u00fblants&#8230;<br \/>\nMais que serait un magazine sur les finances pointu sans un \u00e9ditorial pointu ainsi que des couvertures cinglantes sur des sujets \u00e0 risque ? Durant toute la parution, la couverture du Bloomberg Businessweek, illustrant des faits marquants de soci\u00e9t\u00e9, a aid\u00e9 \u00e0 quitter l&rsquo;univers tr\u00e8s straight des magazines de finances. Tr\u00e8s graphique, color\u00e9e, ou minimaliste, parfois grotesque, souvent cynique, elle d\u00e9nonce l&rsquo;impassibilit\u00e9 des politiques am\u00e9ricains. Malgr\u00e9 un flanc conservateur (plut\u00f4t assum\u00e9), le magazine se montre tr\u00e8s critique envers ses propres enfants, fustigeant les prises de position complexes sur l&rsquo;\u00e9conomie, la soci\u00e9t\u00e9, la sant\u00e9. Aussi, elles peuvent \u00eatre r\u00e9v\u00e9latrices des crises soci\u00e9tales que traverse l&rsquo;Homme dans ce monde domin\u00e9 par les technologies modernes. Le tout avec attention, beaucoup de verve et un esprit sans concession. Assez rare \u00e0 une \u00e9poque comme la n\u00f4tre port\u00e9e sur l&rsquo;auto-censure. Le Bloomberg Businessweek ne se contente pas d&rsquo;\u00eatre le mastodonte des finances comme on l&rsquo;a souvent d\u00e9sign\u00e9, il se donne aussi les moyens de l&rsquo;\u00eatre. Car le magazine n&rsquo;est qu&rsquo;un tentacule faisant partie de la pieuvre Bloomberg LP, puissant r\u00e9seau financier. Celui-ci dispose de neuf cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9 ainsi que d&rsquo;impressionnants moyens. Chose \u00e9tonnante, on penserait qu&rsquo;un tel pouvoir limiterait forc\u00e9ment la prise de position, or il n&rsquo;en est rien.\t\t<\/p>\n<figure>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek2.jpg\" title=\"L\u2019art de la couverture selon le Bloomberg Businessweek &#8211; Alworld.fr\" alt=\"L\u2019art de la couverture selon le Bloomberg Businessweek - Alworld.fr\" loading=\"lazy\" \/><figcaption>De gauche \u00e0 droite : \u00ab\u00a0Panne. Une ann\u00e9e et une d\u00e9faite dans sa seconde partie, Barack Obama n\u00e9cessite une remise \u00e0 niveau\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Gabriel Zucman : ce qu&rsquo;il a d\u00e9couvert sur les in\u00e9galit\u00e9s bouleverse le capitalisme et la politique\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Warren Buffet : ic\u00f4ne f\u00e9ministe ?\u00a0\u00bb<\/figcaption><\/figure>\n<h3  > L&rsquo;\u00e9quilibre entre design &amp; impertinence<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/in\/josh-tyrangiel-aa01605a\/\">Josh Tyrangiel<\/a> l&rsquo;a bien compris. Ce qui fait la force de l&rsquo;actu de nos jours, c&rsquo;est une bonne une, \u00e7a a toujours \u00e9t\u00e9 le cas. Mais Tyrangiel, un peu perfectionniste sur les bords, veut <i>vraiment<\/i> insister l\u00e0-dessus. Et il s&rsquo;en donne les moyens en embauchant des graphistes sp\u00e9cialistes de couvertures : Richard Turley, directeur artistique chez MTV et au Guardian, investigateur d&rsquo;un futur style \u00ab\u00a0cool\u00a0\u00bb pour le magazine. Mais hors de question de r\u00e9p\u00e9ter les erreurs du pass\u00e9. Ici, on travaille tous ensemble. Ce qui change \u00e9norm\u00e9ment par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;un magazine \u00e0 la sauce anglo-saxonne, o\u00f9 chaque domaine est quadrill\u00e9 avec un bureau pour chacun. En gros, tout le monde est s\u00e9par\u00e9 et enferm\u00e9 dans son monde, sans connexion. Tyrangiel m\u00e9lange les journalistes avec les \u00e9ditorialistes, les photographes avec les graphistes. Il sait que c&rsquo;est cela qui va pouvoir changer la fa\u00e7on dont Bloomberg verra le monde, par une organisation interne plus libre. Fini les bureaux c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, cet aspect rigide et ennuyeux, Tyrangiel n&rsquo;en veut pas. Alors il va tout miser sur le cool, l&rsquo;accessible et le piquant. La covuerture du Bloomberg Businessweek sera percutante, forte et cinglante. Turley, \u00e0 peine 34 ans, suit le r\u00e9dacteur dans ses p\u00e9r\u00e9grinations et lui d\u00e9die plusieurs de ses unes devenues avec le temps cultes : le fameux &lsquo;<i>It&rsquo;s Global Warming, Stupid\u00a0\u00bb. <\/i>Ou encore le relooking du Bloomberg en magazine pour adolescentes en parlant de Piketty. Ou bien le trombone \u00ab\u00a0Clippy\u00a0\u00bb de Microsoft Word transform\u00e9 en machine \u00e0 intelligence artificielle. Un bonheur de <a href=\"https:\/\/sonologysm.fr\/identite-visuelle\/\"><u>graphiste<\/u><\/a>.<\/p>\n<figure>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1960\" height=\"960\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek3.jpg\" alt=\"L\u2019art de la couverture selon le Bloomberg Businessweek - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek3.jpg 1960w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek3-300x147.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek3-1024x502.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek3-768x376.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek3-1536x752.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1960px) 100vw, 1960px\" \/><figcaption>De gauche \u00e0 droite : C&rsquo;est le r\u00e9chauffement climatique, idiot, Pikettymania, pourquoi l&rsquo;Am\u00e9rique a la fi\u00e8vre des in\u00e9galit\u00e9s sociales, Le rejeton de Clippy : Microsoft construit une arm\u00e9e de bots d&rsquo;intelligence artificielle. Peuvent-ils \u00eatre contr\u00f4l\u00e9s ?<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pourtant, sous la couche d&rsquo;humour, se cache une v\u00e9rit\u00e9 qui d\u00e9range comme dirait Al Gore. La plus embl\u00e9matique est \u00ab\u00a0It&rsquo;s Global Warming Stupid\u00a0\u00bb (c&rsquo;est le r\u00e9chauffement climatique, idiot), qui parle des cons\u00e9quences dramatiques du r\u00e9chauffement climatique sur les populations de l&rsquo;ouragan Sandy qui a ravag\u00e9 New York en mettant ses habitants les pieds dans l&rsquo;eau. Cette une de la Big Apple flottante a fait grand bruit, et a provoqu\u00e9 une prise de conscience salutaire chez certains politiciens qui jur\u00e8rent de trouver une solution. Etonnant de pr\u00e9ciser que le Bloomberg fut l&rsquo;un des trop rares magazines \u00e0 se focaliser sur la question \u00e9cologique alors que ses comparses pr\u00e9f\u00e9raient le sensationnalisme. Qu&rsquo;importe au fond si l&rsquo;article avait provoqu\u00e9 des solutions qui permettront de bien se faire voir durant les prochaines \u00e9lections, il avait suffisamment secou\u00e9 les gens. C&rsquo;\u00e9tait le but. Et que dire de cette couverture du Bloomberg Businessweek en mode \u00ab\u00a0Pikettymania\u00a0\u00bb rappelant les couvertures de <b>Bravo<\/b>, <b>OK Magazine<\/b> ou <b>Closer <\/b>avec son design criard et ses couleurs acidul\u00e9es ! Sous le mauvais go\u00fbt, on fustigeait le spectaculaire et (\u00e9trange?) engouement de celui que l&rsquo;on consid\u00e9rait comme l&rsquo;un des meilleurs \u00e9conomistes vivants, fran\u00e7ais de surcro\u00eet. Son <i>Capital du XXI\u00e8me si\u00e8cle<\/i> s&rsquo;\u00e9tait vendu \u00e0 des centaines de milliers d&rsquo;exemplaires aux USA qui voyaient en lui le sauveur de l&rsquo;\u00e9conomie actuelle. Cet trop-plein de v\u00e9n\u00e9ration avait provoqu\u00e9 une r\u00e9flexion approfondie chez Bloomberg et il n&rsquo;avait pas manqu\u00e9 de faire part de sa r\u00e9ponse en mode midinette. Plut\u00f4t culott\u00e9 de leur part, puisqu&rsquo;il d\u00e9crit le livre comme une lecture de plage pouvant provoquer une anxi\u00e9t\u00e9 inutile. Quant \u00e0 \u00ab\u00a0Clippy\u00a0\u00bb, ce bon vieux trombone qui exasp\u00e9ra des g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;utilisateurs de Word pendant des ann\u00e9es, il se convertit en robot dou\u00e9 de parole et de conscience. Par ce biais, on expliquant la volont\u00e9 de Microsoft de cr\u00e9er une intelligence artificielle qui sera capable d&rsquo;aider l&rsquo;humanit\u00e9 dans le futur. Aussit\u00f4t des questionnements sur l&rsquo;\u00e9thique, le mode de fabrication ou bien le souci de contr\u00f4le de ces intelligences \u00e9taient abord\u00e9s dans le magazine, et avec sagesse. Quand on sait que \u00ab\u00a0Tay\u00a0\u00bb, intelligence artificielle d\u00e9velopp\u00e9e par Microsoft, devint \u00e0 peine lanc\u00e9e sur Twitter nazie, raciste, homophobe et sexiste, on peut se poser des questions sur l&rsquo;avenir d&rsquo;une telle technologie&#8230;\u00a0\u00a0Autrement dit, du pain b\u00e9ni pour une couverture du Bloomberg Businessweek du tonnerre !<\/p>\n<h3  > De la politique, encore de la politique<\/h3>\n<p>On ne peut pas dire que la couverture du Bloomberg Businessweek fasse dans la dentelle quand il s&rsquo;agit de tacler l&rsquo;indigence, l&rsquo;inaction ou encore la complexit\u00e9 des hommes politiques am\u00e9ricains. Mais avec la m\u00eame l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et le m\u00eame piquant, le BB aborde la question de la politique. Pour parler de la crise europ\u00e9enne, inutile de s&#8217;embarrasser de politesse : on fonce. Sur la couverture, d&rsquo;un orange vif, avec un \u00e9norme rond noir au milieu \u00ab\u00a0tapez votre t\u00eate dedans\u00a0\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la gestion de ladite crise. En bas, un mode d&#8217;emploi pour ceux qui n&rsquo;auraient pas compris : placez votre magazine sur une surface dure, tapez votre t\u00eate, r\u00e9p\u00e9tez autant de fois que n\u00e9cessaire, si la douleur persiste, rendez-vous page 9. On ne peut pas faire plus direct. M\u00eame constat pour la gestion de la finance am\u00e9ricaine avec cette une tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre o\u00f9 l&rsquo;on voit le congr\u00e8s am\u00e9ricain peupl\u00e9 de b\u00e9b\u00e9s criant et pleurant, en parlant de l&rsquo;issue catastrophique des n\u00e9gociations de la crise de la dette am\u00e9ricaine. Elle aura eu le m\u00e9rite de faire parler les m\u00e9dias et les lecteurs. Une fa\u00e7on comme une autre de parler d&rsquo;honorables s\u00e9nateurs comme des enfants capricieux et g\u00e2t\u00e9s qui pr\u00e9f\u00e8rent sauver leurs meubles plut\u00f4t que de penser \u00e0 l&rsquo;avenir de 200 millions de personnes. On ne peut pas en dire autant pour <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Reince_Priebus\"><u>Reince Priebus<\/u><\/a>, oblig\u00e9, la t\u00eate cach\u00e9e par un facepalm, de sauver le parti R\u00e9publicain en plein d\u00e9lire Trump. Bloomberg Businessweek se fendra d&rsquo;un percutant titre pour son article \u00e0 ce sujet : <i>How to Get Trump Elected When He\u2019s Wrecking Everything You Built<\/i> (Comment \u00eatre \u00e9lu par Trump quand il d\u00e9truit tout ce que vous avez construit). On ne peut pas faire plus clair.<\/p>\n<figure>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1960\" height=\"960\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek4.jpg\" alt=\"L\u2019art de la couverture selon le Bloomberg Businessweek - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek4.jpg 1960w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek4-300x147.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek4-1024x502.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek4-768x376.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek4-1536x752.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1960px) 100vw, 1960px\" \/><figcaption>De gauche \u00e0 droite : Au sujet de la crise europ\u00e9enne, frappez votre t\u00eate ici, B\u00e9b\u00e9s,la politique sur le pr\u00e9cipice fiscal (des \u00c9tats-Unis) est outrageuse. Leur pens\u00e9e \u00e9conomique est pire encore, Le travail le plus difficile d&rsquo;Am\u00e9rique, Reince Priebus &amp; la refonte du Parti R\u00e9publicain.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Mais une couverture du Bloomberg Businessweek, dans le fond, fait son travail avec honn\u00eatet\u00e9 et professionnalisme. Montrer Reince Priebus perdu, m\u00e9pris\u00e9 par son propre clan &#8211; beaucoup de r\u00e9publicains ne voulaient pas de Trump comme candidat, brusquement propuls\u00e9 symbole \u00e9trange d&rsquo;un parti en crise \u00e9tait subversif. Quoi de plus offensif que d&rsquo;enfoncer le clou sur une \u00e8re Trump qui allait s&rsquo;av\u00e9rer probl\u00e9matique? Priebus expliquera la pression constante des m\u00e9dias que la quasi-d\u00e9faite de son parti, et l\u00e2chera un laconique : \u00abLes gens doivent penser de moi, oh, vous devez \u00eatre mis\u00e9rable. Vous avez un travail horrible. Mais je ne le vois pas comme \u00e7a et je ne verse pas de Baileys dans mes c\u00e9r\u00e9ales.\u00a0\u00bb Sa victoire avait laiss\u00e9 un go\u00fbt amer \u00e0 certains, tandis que d&rsquo;autres admettaient difficilement cet outsider qui tentait de maintenir \u00e0 flot un vrai Titanic financier et politique, min\u00e9 par 6 ans d&rsquo;Obamania. Cet article grin\u00e7ant montrant un Priebus dos au mur, le regard perdu dans le lointain, n&rsquo;allait rien augurer de bon pour l&rsquo;\u00e8re Trump. Comble de l&rsquo;ironie et malgr\u00e9 ses efforts, Priebus sera limog\u00e9 par le pr\u00e9sident en 2017. Visionnaire, le Bloomberg avait senti le vent tourner en se focalisant sur un pauvre homme qui avait tout tent\u00e9 pour remettre le parti r\u00e9publicain sur le devant de la sc\u00e8ne. Une sorte de pr\u00e9diction sur ce que sera l&rsquo;\u00e8re Trump : coups bas, directives foireuses et manigances assez cruelles.<\/p>\n<p>Le pouvoir du magazine finalement c&rsquo;\u00e9tait de prendre un \u00e9l\u00e9ment parmi tant d&rsquo;autres pour en extirper tout le m\u00e9canisme et expliquer aux personnes comment tout cela fonctionnait. Un petit ensemble qui, au final, rejoignait toujours le grand tout.<\/p>\n<h3  > Le Bloomberg Businessweek, miroir de la soci\u00e9t\u00e9 moderne<\/h3>\n<p>Se limiter aux finances aurait \u00e9t\u00e9 une grave erreur pour une percutante couverture du Bloomberg Businessweek. Le magazine savait qu&rsquo;il fallait se rendre utile, entre autres, parler de sujets plus soci\u00e9taux. Pour cela, rien de plus simple, engager des femmes. Surtout celles qui s&rsquo;y connaissent en droit du travail, syst\u00e8me m\u00e9dical et soins. On citera <b>Mary Duenwald<\/b>, auteur de <i>la Grossesse pour les Nuls<\/i>,<b> Tracy Walsh<\/b> et <b>Therese Raphael<\/b> sur <i>Bloomberg Opinion<\/i>. Toutes ont eu d&rsquo;\u00e9minentes carri\u00e8res dans le pass\u00e9 (\u00e9ditrices pour <i>Wall Street Journal Europe<\/i>, <i>Harper&rsquo;s Bazaar<\/i>, etc) et savent parler de sujets qui f\u00e2chent. Par exemple, le sujet d\u00e9licate de la cong\u00e9lation d&rsquo;ovocytes, avec un titre choc \u00ab\u00a0<i>Congelez vos ovules, lib\u00e9rez votre carri\u00e8re<\/i>\u00ab\u00a0, brandi comme un manifeste f\u00e9ministe. L&rsquo;auteur de l&rsquo;article,<b> Emma Rosenblum<\/b> n&rsquo;a rien d&rsquo;une d\u00e9butante. Elle a travaill\u00e9 pour le <i>New York Magazine<\/i> et apr\u00e8s Bloomberg, a offici\u00e9 \u00e0 <b>Elle <\/b>et au <b>Bustle Digital Group<\/b>, d\u00e9tenteurs de <i>Zoe Report<\/i> et <i>Nylon<\/i>, ayant achet\u00e9 dans le pass\u00e9 le regrett\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.gawker.com\/\"><u>Gawker<\/u><\/a>.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;article en question, elle parle sans fard de ces femmes bourreaux de travail sans les qualifier de \u00ab\u00a0carri\u00e9riste\u00a0\u00bb, en soulignant la douleur de certaines, qui, pass\u00e9es 45 ans, regardent tristement leurs amis se marier et avoir des enfants. Rosenblum se focalise avec bienveillance sur une femme travaillant \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital \u00ab\u00a0coinc\u00e9e dans ses r\u00eaveries romantiques\u00a0\u00bb qui ne peut se permettre de faire\u00a0 des enfants malgr\u00e9 un brillant poste. Combien de femmes se reconnaissent dans ce t\u00e9moignage? Fine analyste, Rosenblum ne manque pas de parler argent, encore, soulignant que cette pratique est un gros business : \u00ab\u00a0le march\u00e9 potentiel de la cong\u00e9lation des \u0153ufs est exponentiellement plus grand que celui de la f\u00e9condation in vitro\u00a0\u00bb dit-elle. Les nouvelles technologies ont permis \u00e0 des milliers de femmes \u00e0 ma\u00eetriser leur grossesse en gardant de c\u00f4t\u00e9 leurs futurs \u00ab\u00a0enfants\u00a0\u00bb tout en s&rsquo;envolant vers une brillante carri\u00e8re. Tout cela gr\u00e2ce \u00e0 la technique de la vitrification qui utilise la cong\u00e9lation rapide, 20 000 fois plus rapide que la cong\u00e9lation lente, avec un taux de r\u00e9ussite sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p>De tels articles dans un m\u00e9dia strictement masculin pourraient effrayer les plus puristes, mais le Bloomberg a su \u00e9voluer en son temps. Eloquente, la couverture du Bloomberg Businessweek parle volontiers de vergetures, soucis f\u00e9minins, troubles du langage sur les r\u00e9seaux sociaux ou probl\u00e8mes de compatibilit\u00e9 amoureuse. Le tout en dissertant sur le retour de Microsoft ou de Tim Cook !<\/p>\n<figure>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek5.jpg\" title=\"Autres couvertures du Businessweek &#8211; Alworld.fr\" alt=\"Autres couvertures du Businessweek - Alworld.fr\" loading=\"lazy\" \/><figcaption>De gauche \u00e0 droite : Le grand hack : comment la Chine utilise une minuscule puce pour infiltrer les plus grandes compagnies am\u00e9ricaines, Popularit\u00e9, les produits, personnes, sujets les plus populaires de l&rsquo;ann\u00e9e et comment ont il pu arriver l\u00e0, Congelez vos ovules, lib\u00e9rez votre carri\u00e8re, une nouvelle technique de fertilit\u00e9 donne aux femmes plus de choix dans leur qu\u00eate pour tout avoir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Car branch\u00e9e dans le pr\u00e9sent, voire le future, la couverture du Bloomberg Blusinessweek r\u00e9pond pr\u00e9sente. Avec la une \u00ab\u00a0<i>Man VS Microbe<\/i>\u00ab\u00a0, le magazine ose parler franchement du coronavirus et de ses m\u00e9faits, et soup\u00e7onne m\u00eame des catastrophes \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, pens\u00e9e appuy\u00e9e par sa baseline \u00ab\u00a0<i>Nous ne sommes pas pr\u00eats pour la prochaine \u00e9pid\u00e9mie mondiale de virus<\/i>\u00ab\u00a0. Si au moment de la parution on \u00e9tait soup\u00e7onneux, l&rsquo;article s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 en partie vrai. Un des nombreux m\u00e9faits de notre monde moderne ? Certainement. Malgr\u00e9 la d\u00e9couverte et la lutte active de 1500 virus depuis les ann\u00e9es 70, un virus se r\u00e9pand \u00e0 l&rsquo;heure actuelle bien plus rapidement et plus fort qu&rsquo;auparavant, ce qui fait frissonner. Les 100 millions de dollars d\u00e9bloqu\u00e9es par Bill Gates serviront-ils \u00e0 quelque chose ? Le Bloomberg, au risque de se mettre \u00e0 dos les asiatiques, fustige m\u00eame le manque de propret\u00e9 des march\u00e9s ouverts alimentaires en Asie, v\u00e9ritables viviers \u00e0 microbes et infections, ou la gestion tardive de l&rsquo;\u00e9tat Chinois dans l\u2019\u00e9radication de la pand\u00e9mie.<\/p>\n<p>Dans un registre plus l\u00e9ger, \u00ab\u00a0<i>The Popularity Issue<\/i>\u00a0\u00bb parle de fa\u00e7on cynique des sujets les plus comment\u00e9s, achet\u00e9s, appr\u00e9ci\u00e9s de l&rsquo;ann\u00e9e. On y trouve un mannequin fatigu\u00e9, ensevelie sous un tas d&rsquo;objets h\u00e9t\u00e9roclites sans grand lien entre eux: du d\u00e9tergent Tide, aux sodas, cookies, moutarde, conseils business, bonbons ou franchises de films. Cette une, sign\u00e9e <b>Emily Keegin<\/b>, peut sembler incongrue, mais elle r\u00e9v\u00e8le la tendance des sujets plus comment\u00e9s de l&rsquo;ann\u00e9e, et le go\u00fbt des utilisateurs (am\u00e9ricains, surtout) pour les objets en question. Le Bloomberg, amateur de cet exercice, sort ce num\u00e9ro chaque ann\u00e9e, tout aussi bord\u00e9lique que celui montr\u00e9 ici, tout en y ajoutant leur commentaire politique, cinglant et franc. L&rsquo;on pourrait comparer cette d\u00e9marche \u00e0 celle de n&rsquo;importe quel magazine f\u00e9minin, mais le Bloomberg est trop intelligent pour manquer une occasion de concerter, de disserter sur tel ou tel objet, de leur incidence sur le monde des affaires et sur notre vie de tous les jours. Que ce soit un mis\u00e9rable paquet de mouchoirs \u00e0 un simple poisson&#8230;<\/p>\n<h3  > La couverture du Bloomberg Businessweek, une critique virulente<\/h3>\n<p>Malgr\u00e9 des d\u00e9buts conservateurs, la couverture du Bloomberg Businessweek se veut progressiste, toujours en mouvement. Son design color\u00e9, foisonnant d&rsquo;id\u00e9es g\u00e9niales et son \u00e9ditorial toujours pointu font de cette refonte une r\u00e9ussite&#8230; imparfaite. Leurs prises de position parfais violentes sur certains sujets ne leur ont pas fait que des amis. Exemple : \u00ab\u00a0The Big Hack\u00a0\u00bb, une qui critiquait le g\u00e9ant chinois d&rsquo;espionnage industriel avec une minuscule puce (une sensationnelle o\u00f9 l&rsquo;on voyait un majeur et un ridicule bout de m\u00e9tal dessus). Ce microscopique morceau de technologie aurait pu ruiner toute une \u00e9conomie&#8230; si cela avait \u00e9t\u00e9 vrai. D\u00e9menti par les plus grands sp\u00e9cialistes, l&rsquo;article fut rapidement oubli\u00e9, et le Bloomberg se montra soudain silencieux.<\/p>\n<p>Mais qu&rsquo;importe ? Tout le monde fait des erreurs, et on ne pourra pas reprocher le Bloomberg son expertise ind\u00e9niable sur le monde de la finance, le renouveau salvateur de son \u00e9criture et de son habillage visuel qui leur ont permis une meilleure visibilit\u00e9 et m\u00eame un prix de design en 2017 par l\u2019American Society of Magazine Editors (Asme) dans la cat\u00e9gorie des magazines d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Acheter le Bloomberg Businessweek, c&rsquo;est acheter une v\u00e9ritable machine de presse, savant m\u00e9lange de cool, de gravit\u00e9 et de provocation typiquement am\u00e9ricaine. Une machine imparfaite, tel un miroir tendu sur les travers de la vie humaine \u00e0 travers le monde des finances. Un monde que l&rsquo;on croyait depuis longtemps inaccessible, et qui, par le biais du magazine, devient subitement visible. Bien plus proche de nous que nous l&rsquo;aurions cru, et qui s&rsquo;av\u00e8re par moments, humain, imparfait. Faillible quoi. The Economist, son principal rival, peut toujours tirer la langue, mais le Bloomberg Businessweek a encore de la ressource.\u00a0<\/p>\n<figure>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1960\" height=\"960\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek6.jpg\" alt=\"Autres couvertures du Businessweek - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek6.jpg 1960w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek6-300x147.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek6-1024x502.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek6-768x376.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/bloomberg_businessweek6-1536x752.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1960px) 100vw, 1960px\" \/><figcaption>De gauche \u00e0 droite : Num\u00e9ro sp\u00e9cial Design avec Bjarke Ingels, architecte passionn\u00e9 de cercles et de courbes, Comment se battre dans la Big Tech (r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Silicon Valley), La r\u00e9cr\u00e9ation est termin\u00e9e, parlant de la faillite de Toys&rsquo;R&rsquo;Us, longtemps g\u00e9ant mondial du jeu pour enfant.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Couverture Bloomberg Businessweek : le magazine cr\u00e9\u00e9 en 1929 puis rachet\u00e9 par le groupe Bloomberg en 2009 est plut\u00f4t c\u00e9l\u00e8bre.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":43255,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"on","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-34547","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-graphisme-is-life"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/34547","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=34547"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/34547\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=34547"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=34547"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sonologysm.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=34547"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}