{"id":32933,"date":"2019-08-31T14:46:54","date_gmt":"2019-08-31T12:46:54","guid":{"rendered":"http:\/\/alworld.fr\/?p=32933"},"modified":"2019-08-31T14:46:54","modified_gmt":"2019-08-31T12:46:54","slug":"whitney-can-i-be-me-famille-je-vous-haine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sonologysm.fr\/?p=32933","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Whitney : Can I Be Me\u00a0\u00bb, famille, je vous haine"},"content":{"rendered":"<h3  > Le destin hors du commun d&rsquo;une Afro-Am\u00e9ricaine issue d&rsquo;un milieu d\u00e9favoris\u00e9, qui triomphera du racisme et du sexisme pour devenir une des plus grandes voix de son temps. Mais derri\u00e8re le masque, un gouffre int\u00e9rieur o\u00f9 vivent l&rsquo;avidit\u00e9 de sa famille et un constant besoin d&rsquo;amour.<\/h3>\n<p  > Ann\u00e9e : 2017 | R\u00e9alisateur :\u00a0 Nick Broomfield<\/p>\n<p>Impossible d&rsquo;oublier la l\u00e9gendaire ballade kitsch qui a servi de BO au film <i>The Bodyguard<\/i>. Difficile d&rsquo;oublier cette frimousse m\u00e9tisse, au visage aux traits harmonieux encadr\u00e9s par une moisson de cheveux boucl\u00e9s. Dans l&rsquo;\u00e9glise baptiste de Newark, une fillette terrasse son auditoire avec des chants bibliques chant\u00e9s avec une capacit\u00e9 vocale hors normes pour un enfant de son \u00e2ge. On s&rsquo;extasie sur sa voix hors du commun, son allure de petit elfe un peu peu perdu dans la marmaille familiale, chapeaut\u00e9e par une m\u00e8re envahissante et un p\u00e8re qui se r\u00e9v\u00e9lera laxiste avec le temps, jusqu&rsquo;\u00e0 la trahison. Une trahison qui plongera Whitney dans un ab\u00eeme de d\u00e9sespoir. Car <i>Whitney : Can I Be Me<\/i> est avant tout l&rsquo;histoire d&rsquo;une trag\u00e9die familiale, donnant tout son sens au terme \u00ab\u00a0phagocyter\u00a0\u00bb. Le titre est d&rsquo;ailleurs \u00e9vocateur : \u00ab\u00a0puis-je \u00eatre moi-m\u00eame\u00a0\u00bb, et qui sonne comme un mantra sombre qui va enrober toute la vie de Whitney jusqu&rsquo;\u00e0 ses derniers instants. Instants sordides d&rsquo;une jeune femme qui fut l&rsquo;incarnation de la \u00ab\u00a0chanteuse \u00e0 voix\u00a0\u00bb, terrass\u00e9e par les drogues dures, immortalis\u00e9e dans une photographie surr\u00e9aliste d&rsquo;une salle de bains crasseuse jonch\u00e9e d&rsquo;immondices et de seringues d&rsquo;h\u00e9ro\u00efne. Une cruelle fin qui fut le point final \u00e0 une aventure douloureuse d&rsquo;une jeune femme enferm\u00e9e dans la pression de la famille et de la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, choisissant toujours le mauvais chemin pour s&rsquo;enfuir loin de tout.<\/p>\n<p>Avec <i>Amy<\/i> transparaissait un gouffre int\u00e9rieur caus\u00e9 par la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 et les blessures de l&rsquo;enfance, avec\u00a0<i>Freedom<\/i>\u00a0laissait \u00e9clater la recherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de libert\u00e9. Avec\u00a0<i>Whitney : Can I Be Me<\/i> se pose la question d&rsquo;\u00eatre soi-m\u00eame, une interrogation furieusement d&rsquo;actualit\u00e9 pour les stars en devenir, encore aujourd&rsquo;hui \u00e0 l&rsquo;\u00e8re des r\u00e9seaux sociaux.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"536\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary2.jpeg\" alt=\"Whitney : Why I Can Be Me, famille je vous haine - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary2.jpeg 800w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary2-300x201.jpeg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary2-768x515.jpeg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > Qui suis-je ?<\/h3>\n<p>Le d\u00e9but de Whitney n&rsquo;est pas des plus roses. Elle na\u00eet \u00e0 Newark, dans le New Jersey, dans les ann\u00e9es 60. C&rsquo;est le ghetto. Les affrontements entre Noirs et policiers sont fr\u00e9quents, le quartier a des allures de Bagdad apr\u00e8s un raid des talibans. 1967 est l&rsquo;ann\u00e9e des heurts de Newark, o\u00f9 des morts sont m\u00eame \u00e0 d\u00e9plorer.\u00a0 Les noirs sont les pestif\u00e9r\u00e9s, n&rsquo;ont pas acc\u00e8s \u00e0 une \u00e9ducation \u00e9galitaire, ne peuvent pr\u00e9tendre \u00e0 de meilleurs postes. R\u00e9sign\u00e9s dans l&rsquo;obscurit\u00e9 et la p\u00e8gre au pire, au gospel et \u00e0 Dieu au mieux. C&rsquo;est ce chemin blanc que Whitney choisit, de confession baptiste. On entend sid\u00e9r\u00e9 Whitney \u00e0 12 ans haranguer la foule et le choeur de sa voix parfaite. D\u00e8s lors, la jeune fille sent que les regards sont tourn\u00e9s vers elle, qu&rsquo;elle arrive \u00e0 d\u00e9gager de l&rsquo;\u00e9nergie positive, de la passion, de l&rsquo;originalit\u00e9. Whitney chante avec son coeur, dira sa m\u00e8re Cissy Houston. La petite \u00ab\u00a0Nippy\u00a0\u00bb souffre tout de m\u00eame de sa vie d\u00e9sargent\u00e9e, de cette m\u00e8re \u00e0 la fois myst\u00e9rieuse, distante et pressante. Trop m\u00eame. Car Cissy est une excellente chanteuse, mais au fait, nourrissant une rancoeur sur sa carri\u00e8re avort\u00e9e. La petite Whitney se rapproche de son p\u00e8re, plus par fragilit\u00e9 que par col\u00e8re.<\/p>\n<p>On ne peut pas en dire autant de ses fr\u00e8res. Milieu pourri oblige, mani\u00e8res pourries. Ils d\u00e9couvrent l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne. A l&rsquo;\u00e9poque, se d\u00e9foncer est une mani\u00e8re de fuir une r\u00e9alit\u00e9 agressive. Whitney l&rsquo;exp\u00e9rimente, avec ses fr\u00e8res. Ils sont ins\u00e9parables, ils connaissent tout ensemble. C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque qu&rsquo;elle conna\u00eet la personne la plus importante de sa vie : Robyn Crawford. Entre les deux filles, c&rsquo;est un coup de foudre amical. Robyn trouve Whitney \u00e9trange, discr\u00e8te mais intelligente. Whitney, plus jeune que Robyn, trouve en elle un r\u00e9confort certain, la consid\u00e8re presque comme une soeur spirituelle. Cette intense amiti\u00e9 va la pousser \u00e0 devenir la confidente de la chanteuse, jusqu&rsquo;\u00e0 la cassure&#8230;<\/p>\n<p>A 19 ans, Whitney est rep\u00e9r\u00e9e par Clive Davis, directeur d&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.sonymusic.com\/labels\/arista-records\/\"><u>Arista Records<\/u><\/a>. Il est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des grands noms de la production pop. Le documentaire ne se prive pas de souligner que Davis voulait surtout modeler une chanteuse pop, noire ou blanche, plut\u00f4t rare \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, pour ne pas dire impossible. Pour Whitney c&rsquo;est inesp\u00e9r\u00e9, en effet les chanteuses noires pr\u00e9f\u00e8rent le blues, le jazz, des musiques \u00ab\u00a0typiques\u00a0\u00bb faites pour elles, et connaissent un succ\u00e8s tout relatif.<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=c8nOOCIvrew<\/p>\n<p>Heureusement, la chanteuse peut compter sur ses proches, du moins le pense-t-elle. Cousine de Dionne Warwick d&rsquo;ailleurs, qui sonne comme un argument marketing infaillible. Tant qu&rsquo;elle chante de la pop, tout va bien. Mais les producteurs sont s\u00e9v\u00e8res. Tout ce qui sonne trop noir, trop gospel, est renvoy\u00e9. L&rsquo;id\u00e9al c&rsquo;est une jeune fille qui puisse passer sans probl\u00e8mes, sans fioritures. On fait table rase du pass\u00e9, on oublie l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne et on lisse le tout. Voil\u00e0 le r\u00e9sultat. La petite Whitney chante ce qu&rsquo;on lui donne \u00e0 chanter, r\u00e9pond ce qu&rsquo;on lui demande de dire, honore gentiment ses contrats. Son premier <a href=\"https:\/\/sonologysm.fr\/category\/music-and-me\/\"><u>album<\/u><\/a> se vendra \u00e0 25 millions d&rsquo;exemplaires. \u00ab\u00a0The Greatest Love of All\u00a0\u00bb sera un m\u00e9ga hit connu sur la terre enti\u00e8re. A \u00e0 peine 23 ans, Whitney a d\u00e9j\u00e0 un Grammy, 5 American Awards et est millionnaire. Elle est partout, ce qui repr\u00e9sente un sacr\u00e9 challenge pour une jeune femme noire comme elle, car l&rsquo;\u00e9poque n&rsquo;est pas \u00e0 Beyonc\u00e9 et son <i>empowerment<\/i> en bas r\u00e9sille. <i>Whitney : Can I Be Me<\/i> est d&rsquo;une douloureuse lucidit\u00e9 \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p>Sans le savoir, et malgr\u00e9 elle, Whitney sera consid\u00e9r\u00e9e comme la premi\u00e8re chanteuse noire de pop music. Un \u00e9tonnement pour certains, mais une h\u00e9r\u00e9sie pour d&rsquo;autres. En effet, une partie du public noir lui reproche d&rsquo;\u00eatre trop blanche dans sa fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre, sa fa\u00e7on de chanter, son registre trop \u00ab\u00a0WASP\u00a0\u00bb. Elle se fera d&rsquo;ailleurs huer au Soul Train Awards en raison de cette \u00ab\u00a0trahison\u00a0\u00bb. C&rsquo;est un premier choc pour la chanteuse, qui ressort accabl\u00e9e de ce scandale. D\u00e8s lors, elle presse Davis de revenir aux sources de la musique. Mais il ne l&rsquo;entend pas de cette oreille. Elle insiste. Sort alors son 3\u00e8me album, <i>I&rsquo;m Your Baby Tonight<\/i>.<\/p>\n<p><i>I&rsquo;m Your Baby Tonight <\/i>ressemble \u00e0 la Whitney des ann\u00e9es 90. Un disque glissant de la pop vers du R&rsquo;n&rsquo;B d\u00e9complex\u00e9, de la soul, m\u00eame un brin de gospel quelquefois, au d\u00e9tour d&rsquo;une chanson. Elle s&rsquo;entoure du duo de producteurs <b>L.A Reid<\/b> (le l\u00e9gendaire label Def Jam) et <b>Babyface<\/b> (Madonna, Phil Collins, Mariah Carey), <b>Stevie Wonder<\/b>, de <b>Luther Vandross<\/b> et d&rsquo;un tas de collaborateurs noirs. Finie la poup\u00e9e de sucre model\u00e9e selon le go\u00fbt ricain. Whitney s&rsquo;\u00e9panouit dans ce qui semble \u00eatre un renouveau et le d\u00e9but d&rsquo;une seconde cons\u00e9cration. L&rsquo;album se vendra moins que les autres, mais deviendra tout de m\u00eame 4 fois disque de platine.<\/p>\n<p>Le premier acte de r\u00e9bellion avait commenc\u00e9. Whitney se demande qui elle est, tiraill\u00e9e entre son succ\u00e8s construit par des blancs, et ses racines noires, ciment de son pass\u00e9. A pr\u00e9sent, elle pouvait enfin commencer \u00e0 se pr\u00e9occuper de l&rsquo;avenir.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;ombre d&rsquo;une famille commen\u00e7ant \u00e0 prendre son envol devenait de plus en plus inqui\u00e9tante&#8230;<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2220\" height=\"1477\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary3.jpeg\" alt=\"Whitney : Why I Can Be Me, famille je vous haine - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary3.jpeg 2220w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary3-300x200.jpeg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary3-1024x681.jpeg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary3-768x511.jpeg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary3-1536x1022.jpeg 1536w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary3-2048x1363.jpeg 2048w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary3-720x480.jpeg 720w\" sizes=\"(max-width: 2220px) 100vw, 2220px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > Ou vais-je ?<\/h3>\n<p>Whitney a reconquis sa libert\u00e9, du moins le pense-t-elle. Sa famille d\u00e9pend financi\u00e8rement d&rsquo;elle. Et tout le monde s&rsquo;improvise r\u00e9gisseur, conseiller, gestionnaire, comptable. Robyn tient bon, elle sait que sa famille ne l&rsquo;aime pas, mais elle reste tout de m\u00eame aux c\u00f4t\u00e9s de Whitney. Tout ce battage effraie les producteurs ou les personnes voulant travailler avec elle. Mais le pire n&rsquo;\u00e9tait pas cela. La presse commen\u00e7ait \u00e0 comprendre qu&rsquo;elle ne connaissait pas Whitney. Surtout ses relations intimes. En effet, on ne la voit jamais au bras d&rsquo;un bel inconnu ou susurrant des mots doux \u00e0 un petit ami de circonstance. Son homosexualit\u00e9 suppos\u00e9e commen\u00e7ait \u00e0 poser probl\u00e8me dans une Am\u00e9rique tr\u00e8s homophobe, et surtout dans le milieu noir. Son rapprochement avec Robyn \u00e9tait jug\u00e9 scabreux par la presse, \u00e9trange par ses proches, surtout par sa m\u00e8re. Celle-ci, doyenne de l&rsquo;\u00e9glise \u00e0 ce moment l\u00e0, n&rsquo;aurait jamais tol\u00e9r\u00e9 que sa fille puisse \u00eatre gay, et s&rsquo;en \u00e9panchera longuement dans ses m\u00e9moires sans \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me. Whitney, tr\u00e8s \u00e9prouv\u00e9e par ses rumeurs, sombre dans la d\u00e9pression.<\/p>\n<p>En 1989, Whitney f\u00eate son anniversaire. Elle fait la rencontre du flamboyant Bobby Brown, venant du \u00ab\u00a0hood\u00a0\u00bb (ghetto) comme elle. Exub\u00e9rant, cr\u00e9atif, mais aussi inconstant que passionn\u00e9. Ayant d\u00e9j\u00e0 eu trois enfants de deux femmes diff\u00e9rentes avant elle, Bobby est impressionn\u00e9 par la jeune femme, sa voix, son assurance sur sc\u00e8ne, sa beaut\u00e9. Il tombe sous le charme. Whitney aussi succombe. Tous deux s&rsquo;engagent dans une relation passionn\u00e9e et orageuse. Malgr\u00e9 les rumeurs de tromperies, et des quolibets de la presse, Brown et Houston forment un couple uni. Bient\u00f4t, un enfant na\u00eet de cette union : Bobbi Kristina. \u00ab\u00a0La plus gentille fille du monde\u00a0\u00bb, selon Brown,et \u00ab\u00a0la fille la plus m\u00e9chante du monde\u00a0\u00bb. C&rsquo;est un mauvais gar\u00e7on, il le reconna\u00eet et l&rsquo;assume, et entre deux phrases prononc\u00e9es avec \u00e9motion, on sent que leur vie n&rsquo;est pas toujours rose. Sous les sketches de films qu&rsquo;ils improvisent, les embrassades entrecoup\u00e9es de rires, et leur passion pour la chanson, leur existence semble sur le qui-vive.<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=3JWTaaS7LdU<\/p>\n<p>On d\u00e9couvre parall\u00e8lement \u00e0 cette histoire d&rsquo;amour, la gen\u00e8se de <i>Bodyguard<\/i>, sorti en 1992, film culte quoiqu&rsquo;un peu trop sucr\u00e9 (\u00e0 mon go\u00fbt). Il s&rsquo;inspire en partie de l&rsquo;exp\u00e9rience personnelle de Whitney avec son fid\u00e8le garde du corps David Roberts, form\u00e9 \u00e0 la Scotland Yard Protection Unit, et c&rsquo;est loin d&rsquo;\u00eatre un rigolo. A la question de savoir s&rsquo;il pourrait mourir pour elle, il r\u00e9pond oui sans d\u00e9tour. Son soutien infaillible va lui permettre d&rsquo;\u00eatre \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;un amant un v\u00e9ritable ami pour la chanteuse. Roberts restera formel jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, avec un humour typiquement britannique : il n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 victime d&rsquo;une balle et n&rsquo;a jamais couch\u00e9 avec Whitney&#8230;<\/p>\n<p>Qu&rsquo;importe. <i>I Will Always Love You<\/i> devient le symbole du style Whitney et l&rsquo;un de ces singles qui vous suivront jusqu&rsquo;\u00e0 la mort. Titr\u00e9e bien plus tard <i>chansons la plus \u00e9nervante du monde <\/i>par des Redditers aux oreilles fragiles, elle se vendra tout de m\u00eame \u00e0 45 millions d&rsquo;exemplaires ! La BO la plus vendue de tous les temps&#8230; qui n&rsquo;\u00e9tait \u00e0 la base qu&rsquo;une reprise de Dolly Parton. Celle-ci, \u00e9merveill\u00e9e, dira que sa version \u00e9tait bien meilleure que la sienne !<\/p>\n<p>Toutefois, si <i>Bodyguard<\/i> a assis la popularit\u00e9 de Whitney, sa vie intime est un enfer. Il n&rsquo;est plus question comme avant de sortir faire du shopping, sans \u00eatre poursuivi par des hordes de fans. La drogue sera encore une fois, un refuge. Mais un refuge dangereux. En 1995, durant le tournage de <i>Waiting To Exhale, <\/i>Whitney survit \u00e0 une overdose de coca\u00efne. Elle n&rsquo;aime m\u00eame pas la drogue, la prend plus par n\u00e9cessit\u00e9 que par plaisir. La c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 la rend plus parano\u00efaque. Sa vie ne semble pas aussi parfaite que les gens veulent croire. Durant les interviews, Whitney avoue elle-m\u00eame que l&rsquo;argent ne la rend pas heureuse, mais ce sont plut\u00f4t les choses qu&rsquo;elle cr\u00e9\u00e9 qui la rendent heureuse. Seul Dieu et sa solide foi chr\u00e9tienne la sauvent. Elle peine \u00e0 finir sa tourn\u00e9e de 1999, et entre deux chants, improvise un gospel d&rsquo;une beaut\u00e9 \u00e9clatante, \u00e9mouvante, qui rappelle avec ironie que le <i>Jesus Is King<\/i> de Kanye West n&rsquo;a rien invit\u00e9&#8230; Sur sc\u00e8ne, la jeune femme semble en transe, avec son choeur de chanteuses et la guitare tr\u00e8s douce qui l&rsquo;accompagne. En un mot, elle est \u00e9patante. Et ne se rend peut-\u00eatre par compte de ce qui se passe en coulisses, et notamment la jalousie de Bobby Brown envers Robyn.<\/p>\n<p>Il faut dire que la jeune femme est de toutes les sorties, de toutes les f\u00eates et de tous les \u00e9v\u00e9nements. Elle pr\u00e9side les contrats, surveille les musiciens, est en backstage pour surveiller le moindre faux-pas, chante lorsque Whitney chante, marche avec elle, boit avec elle. Et Bobby, lui, tente de faire bonne figure, mais l&rsquo;affrontement ne tarde pas. Ils en viennent aux mains. Tous deux ressemblent \u00e0 deux ados qui ne se supportent pas et se disputent l&rsquo;amour de Whitney. Le documentaire <i>Whitney : Can I Be Me<\/i> ne se prive pas de le montrer. La chanteuse aime Bobby, et admire Robyn pour son soutien. Elle n&rsquo;arrive pas \u00e0 choisir et les disputes s&rsquo;encha\u00eenent. Whitney ne savait pas trop qui elle \u00e9tait, et ne sait pas non plus o\u00f9 elle va. Entour\u00e9e de tous ces \u00e9gos d\u00e9truits, d\u00e9mesur\u00e9s, en souffrance, sa propre douleur semble occult\u00e9e. Les chemins de traverse vont se multiplier&#8230;<\/p>\n<h3  > Whitney : Can I Be Me \/ Que dois-je faire ?<\/h3>\n<p>Bobbi Kristina, son seul enfant, est son rayon de soleil. Son enfant lui manque, et elle est souvent triste. Whitney se rend compte qu&rsquo;avec la naissance de sa fille, les choses ne se sont pas vraiment am\u00e9lior\u00e9es. Sans le vouloir, la chanteuse a mis au monde un enfant en proie \u00e0 un univers d\u00e9l\u00e9t\u00e8re et violent, tout comme elle dans le pass\u00e9. Bobbi grandit donc entre un p\u00e8re aimant mais instable et une m\u00e8re qu&rsquo;elle adule, mais fragile psychologiquement et en proie \u00e0 la coca\u00efne. Davis, l&rsquo;ancien garde du corps, prend peur et apr\u00e8s une tourn\u00e9e partie \u00e0 vau-l&rsquo;eau \u00e0 Singapour, alerte la famille. La sant\u00e9 de la chanteuse est catastrophique, \u00e0 cause des produits chimiques, sa gorge est br\u00fbl\u00e9e et elle n&rsquo;arrive plus \u00e0 chanter.<\/p>\n<p>R\u00e9ponse ? L&rsquo;on se fend d&rsquo;un laconique communiqu\u00e9 o\u00f9 Davis est remerci\u00e9 dans le moindre remords, car selon Whitney, elle ne fera plus de tourn\u00e9es internationales. Est-ce vrai? Au regard du caract\u00e8re trouble de son entourage, on peut vraiment se poser la question. La sinc\u00e9rit\u00e9 ne semble pas \u00eatre d&rsquo;utilit\u00e9 dans ce monde-l\u00e0. Alors qu&rsquo;un homme essayait de la sauver avec un rapport tout \u00e0 fait honn\u00eate, cette r\u00e9ponse sonne comme une \u00e9p\u00e9e dans le coeur.<\/p>\n<p>La gentille famille montr\u00e9e par les paparazzi n&rsquo;est qu&rsquo;une fa\u00e7ade. Whitney se drogue, Bobby boit. Ensemble, ils sont terribles et font des choses terribles. C&rsquo;est une relation de cod\u00e9pendance, brillamment expliqu\u00e9e par une proche de Whitney dans <i>Whitney : Can I Be Me<\/i>. La f\u00eate occupe leur temps entre deux tourn\u00e9es. Il est de notori\u00e9t\u00e9 publique que Bobby n&rsquo;est pas fid\u00e8le et se \u00ab\u00a0sert\u00a0\u00bb volontiers chez les filles de la tourn\u00e9e de Whitney. Inutile de pr\u00e9ciser que cela avait du arriver aux oreilles de la chanteuse.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary4.jpeg\" alt=\"Whitney : Why I Can Be Me, famille je vous haine - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary4.jpeg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary4-300x169.jpeg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary4-1024x576.jpeg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary4-768x432.jpeg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary4-1536x864.jpeg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<p>La jeune femme ne veut pas divorcer, ne veut pas trahir Dieu, sa foi, sa conscience. Leur relation devient de plus en plus toxique, chacun se hurle dessus pour mieux s&#8217;embrasser apr\u00e8s. Le mari rabaisse sa femme, qui elle, n&rsquo;en a cure, trop occup\u00e9e \u00e0 lutter contre la drogue. Elle commence \u00e0 perdre pied, ce que Robyn devine trop bien. Autre point culminant du doc <i>Whitney : Can I Be Me<\/i> : la tourn\u00e9e 1999. Elle s&rsquo;annonce des plus ardues, et semble \u00eatre \u00e0 elle seule un v\u00e9ritable <i>rollercoaster<\/i> d&rsquo;\u00e9motions. Au d\u00e9tour d&rsquo;une sc\u00e8ne, on aper\u00e7oit Whitney boudeuse comme une enfant face \u00e0 un grand miroir. Elle change plusieurs fois de tenues, de cheveux, de caract\u00e8re, selon ses envies. Le staff s&rsquo;inqui\u00e8te, car ses performances vocales baissent et son corps s&rsquo;effrite. Pire m\u00eame, Whitney s&rsquo;abandonne au doute et l&rsquo;on d\u00e9couvre stup\u00e9fait le manque de confiance que d\u00e9gage la jeune femme, pourtant b\u00eate de sc\u00e8ne d\u00e8s que les rideaux se l\u00e8vent. Son mari ne la soutient pas, trop occup\u00e9 \u00e0 chercher une c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 phagocyt\u00e9e par celle de son \u00e9pouse.<\/p>\n<p>La consommation toujours plus effr\u00e9n\u00e9e de drogue sera le glas de toute vie sociale pour Whitney. Les disputes avec Robyn deviennent de plus en plus violentes. Le documentaire nous brise le coeur en montrant cette chute sans fin. Nous ne sommes plus \u00e0 la prise d&rsquo;un petit joint d&rsquo;herbe, mais \u00e0 plusieurs moments de consommation parfois intenses. Whitney nie en bloc, avant de s&rsquo;excuser. Mais rien n&rsquo;y fait, la matriarche s&rsquo;interpose et semble \u00eatre la seule \u00e0 contredire sa fille, qui fait r\u00e9gner le silence dans son staff. Robyn, contre toute attente, devient bient\u00f4t le mouton noir de la famille, symbole de tous les maux de Whitney. La famille, encore. L&rsquo;entourage. Les amis. Toute cette pression, la jeune femme la ressent, et ne peut plus s&rsquo;en extirper.<\/p>\n<p>Le documentaire montre un visage bien noir de cette famille, vivant aux crochets de la jeune femme. Une pause aurait \u00e9t\u00e9 souhaitable, aurait \u00e9t\u00e9 salutaire pour elle, mais la pression de l&rsquo;argent et des charges a laiss\u00e9 place \u00e0 un silence douloureux. Car avant d&rsquo;\u00eatre une star, Whitney est surtout humaine. Car il reste encore la Whitney de concert, une v\u00e9ritable machine \u00e0 tubes, \u00e0 la voix d&rsquo;ange, limpide comme le ciel, qui \u00e9meut tout sur son passage. Son dos se tord sous l&rsquo;effet de la voix, ses dents blanches brillent sous les l\u00e8vres rouges. Comment ne pas aimer cette \u00ab\u00a0femme magnifique\u00a0\u00bb, comme le dit Davis, vaincue par elle-m\u00eame et son environnement ? N&rsquo;a-t-on pas envie de se demander ce qu&rsquo;elle peut bien faire pour \u00e9viter cela ?<\/p>\n<p>Alors que le documentaire touche \u00e0 sa fin, les choses noircissent, l&rsquo;ambiance est lourde. Les f\u00eates ont des allures de chaos, les gens ont des poches sous les yeux et Cissy la maman ressemble \u00e0 une sorci\u00e8re des bois. La gentille Robyn se transforme en fant\u00f4me myst\u00e9rieux pr\u00eat \u00e0 hurler et pleurer. Bobby le prince charmant n&rsquo;est qu&rsquo;un homme \u00e0 femmes excessif et seul. Le conte de f\u00e9es se teinte de noir.<\/p>\n<p>Robyn d\u00e9cide de partir, la pression elle ne la supporte plus. Pour Whitney, la roue tourne.<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=hVYoSSZAczs<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9prouvante tourn\u00e9e de 1999 aux allures d&rsquo;Himalaya, Whitney continue de chanter. Il le lui reste plus que \u00e7a. Mais le r\u00e9sultat n&rsquo;est pas toujours heureux. Sur sc\u00e8ne avec le c\u00e9l\u00e8bre Burt Bucharach, elle arrive sur la mauvaise chanson et les r\u00e9p\u00e9titions tournent au d\u00e9sastre. Elle sera remplac\u00e9e in extremis par Dionne Warwick, sa cousine pour le live des Oscars 2000&#8230; L&rsquo;ann\u00e9e suivante, durant le 30e anniversaire de Michael Jackson, elle arrive sur sc\u00e8ne avec <b>Mya<\/b> et <b>Usher<\/b> sur \u00ab\u00a0<i>Wanna Be Startin&rsquo; Somethin&rsquo;<\/i>\u00ab\u00a0. Si la reprise est dynamique et entra\u00eenante (mention sp\u00e9ciale \u00e0 Usher et ses talents de danseur), Whitney appara\u00eet fam\u00e9lique, engonc\u00e9e dans une robe noire moulante laissant encore plus appara\u00eetre ses bras maigres. Elle n&rsquo;est pas resplendissante. Reste encore la voix, tout \u00e0 fait extraordinaire, qui fait de cette reprise de Michael Jackson l&rsquo;une de mes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es. Pourtant, si l&rsquo;on tend l&rsquo;oreille, sa voix a perdu de sa force, l&rsquo;attitude est plus rigide, la chaleur de la voix a laiss\u00e9 place \u00e0 une froideur clinique qui s&rsquo;accorde mal avec le caract\u00e8re de la jeune femme. Un souvenir entach\u00e9 par cette silhouette amaigrie, comme vaincue par trop d&rsquo;efforts et pas assez d&rsquo;attention.<\/p>\n<p>Un drame va compl\u00e8tement briser la chanteuse qui n&rsquo;en a jamais assez.\u00a0 Voil\u00e0 que <i>Whitney : Can I Be Me<\/i> nous brandit une chose effroyable. Pratiquement mourant, le p\u00e8re de Whitney r\u00e9clamera \u00e0 sa fille 100 millions de dollars. C&rsquo;est le coup de gr\u00e2ce. Whitney ne s&rsquo;en remettra pas. Durant une interview, d&rsquo;une voix presque inaudible, elle coupe l&rsquo;interview, vaincue par la nouvelle. Elle part pour Atlanta, d\u00e9marrer une nouvelle vie et partir en cure. Loin de sa c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, loin de sa famille. Et quelque part, loin d&rsquo;elle m\u00eame.<\/p>\n<p>S&rsquo;ensuivront des joies, des \u00e9clats de voix, des succ\u00e8s et des flops. Quelques fulgurances : le duo avec George Michael, des tourn\u00e9es \u00e0 las Vegas. Et la solitude. Puis le souvenir d&rsquo;une salle de bain jonch\u00e9e d&rsquo;immondices, o\u00f9 Whitney avait l&rsquo;habitude de se droguer, comme symbole d&rsquo;une c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 d\u00e9chue, une gloire \u00e9vanouie, une force engloutie parles exc\u00e8s en tous genres. Cette derni\u00e8re image, gla\u00e7ante et effroyable, est pire qu&rsquo;un film d&rsquo;horreur. Et pourtant, elle sort d&rsquo;un documentaire appel\u00e9 <i>Whitney : Can I Be Me<\/i>.<\/p>\n<h3  > Whitney : Can I Be Me \/ Que dois-je faire ?<\/h3>\n<p>Le sevrage en famille fatigue Bobby. Whitney redevient instable. Elle tente de se soigner, sans succ\u00e8s. Bien que toujours croyante, Whitney d\u00e9cide de divorcer de Bobby Brown, et est en proie \u00e0 de s\u00e9rieux probl\u00e8mes d&rsquo;argent. Ses concerts sont catastrophiques, car sa voix n&rsquo;a plus du tout la m\u00eame puissance qu&rsquo;avant. D\u00e9truite par les drogues \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, sa voix accuse le coup, m\u00eame si ses capacit\u00e9s techniques restent irr\u00e9prochables. Son corps enfle, maigrit, au gr\u00e9 de ses actions. Sa tourn\u00e9e <i>Nothing But Love<\/i> s&rsquo;annonce presque comme un appel \u00e0 l&rsquo;aide qui n&rsquo;aboutit pas. Durant cette tourn\u00e9e, la presse se d\u00e9cha\u00eene, mais les fans la soutiennent toujours.<\/p>\n<p>Elle recommence encore. Mais c&rsquo;est l&rsquo;acte final, son corps a l\u00e2ch\u00e9 dans la baignoire. Son assistante fera la terrible d\u00e9couverte. Elle n&rsquo;avait que 48 ans et devait le soir m\u00eame se produire durant un gala.<b> LL Cool J<\/b> fera pleurer l&rsquo;assistance durant une pri\u00e8re, et <b>Jennifer Hudson<\/b> fera une reprise de sa chanson phare. Un malheur n&rsquo;arrivant jamais seul, Bobbi Kristina succombera aux m\u00eames sympt\u00f4mes en 2016. Elle n&rsquo;avait pas 20 ans.<\/p>\n<p>Les hommages pleuvent, les langues se d\u00e9lient. Robyn avoue avoir eu une relation avec Whitney, Bobby reconna\u00eetra l&rsquo;importance de Robyn dans sa relation avec Whitney et affirme qu&rsquo;elle serait toujours en vie aujourd&rsquo;hui. Mais qu&rsquo;importe ? Whitney n&rsquo;est plus. Ces scoops de bas \u00e9tage menacent de grignoter l&rsquo;image de cet \u00ab\u00a0ange au teint de p\u00eache\u00a0\u00bb qui enchantait tout le monde de son rire et de ses blagues. Que restera-t-il donc de cette splendide femme, aux dents \u00e9clatantes, qui chantait de tout son \u00eatre ?<\/p>\n<p>L&rsquo;h\u00e9ritage que laisse Whitney est non-n\u00e9gligeable. Elle aura donn\u00e9 sa d\u00e9finition m\u00eame de \u00ab\u00a0chanteuse \u00e0 voix\u00a0\u00bb. Ses capacit\u00e9s vocales, lou\u00e9es par la profession et les artistes, sont ind\u00e9niables. Son souffle, parfaitement ma\u00eetris\u00e9, permettait de r\u00e9aliser une grande vari\u00e9t\u00e9 de nuances sur un ton chaud et puissant. Endurante, Whitney pouvait supporter de longs moments \u00e0 chanter \u00e0 pleine voix tout en travaillant ses aigus, qui \u00e9taient vus par les professionnels, comme \u00ab\u00a0remarquables\u00a0\u00bb. Le tout sans forcer. Comme une sorte de montgolfi\u00e8re qui enflait et d\u00e9senflait avec une gr\u00e2ce presque divine, sa voix modulait les acc\u00e9l\u00e9rations et les temps morts sans accro. <i>Whitney : Can I Be Me<\/i> ne se prive pas pour nous le rappeler, sans faire du rentre-dedans.<\/p>\n<p>On notera aussi que la voix accompagnait fabuleusement les sons gospel, R&rsquo;n&rsquo;B et pop de ses compositions. On pourra reprocher \u00e0 Whitney Houston ses chansons \u00ab\u00a0tubesques\u00a0\u00bb \u00e0 fort caract\u00e8re romantique, c&rsquo;\u00e9tait une artiste d&rsquo;une tr\u00e8s (trop?) grande sensibilit\u00e9. Elle avait su conjuguer ses origines noires avec la modernit\u00e9 tout en y injectant un sentiment romanesque qui parfois produisait des chansons d&rsquo;une qualit\u00e9 notable.<\/p>\n<p>On comprend mal comment toute cette force, cette beaut\u00e9 et ce charisme aient pu \u00e9chouer aussi durement dans une baignoire crasseuse d&rsquo;une maison de banlieue \u00e0 Atlanta, cruel fin de chapitre de 48 ann\u00e9es de for\u00e7age physique et mental. Une recherche \u00e9ffren\u00e9e d&rsquo;une douceur de vivre et de gentillesse disparue dans les paradis artificiels, les r\u00eaves de mariage et de maternit\u00e9 heureuse, de famille unie et compatissante, d&rsquo;amiti\u00e9 r\u00e9elle. Le miroir de la r\u00e9alit\u00e9 avait rendu le tout plus noir que toi, obligeant la chanteuse \u00e0 fuir une vie trop dure pour elle.\u00a0Elle qui \u00e9tait \u00e0 la recherche d&rsquo;elle m\u00eame, qui ne savait pas o\u00f9 aller, et qui ne savait que faire, avait trouv\u00e9 un r\u00e9confort dans cette voix qu&rsquo;elle consid\u00e9rait comme un cadeau de Dieu. Chez la chanteuse de hits de coin du feu, de films romantiques des ann\u00e9es 90 se cachait un \u00eatre fragile et d&rsquo;une profondeur insoup\u00e7onn\u00e9e qui r\u00e9v\u00e9lait des \u00e9clats d&rsquo;une douloureuse lucidit\u00e9. C&rsquo;est finalement ce versant de <i>Whitney : Can I Be Me<\/i>, qui est r\u00e9ellement bouleversant et prenant, ce qui fait oublier la r\u00e9alisation scolaire.<\/p>\n<p>Au d\u00e9tour d&rsquo;un mouvement d&rsquo;\u00e9paule, d&rsquo;un cheveu tomb\u00e9 sur la paupi\u00e8re ou d&rsquo;un \u00e9clat de rire et de dents blanches, la vraie Whitney apparaissait devant nous. L&rsquo;\u00eatre de chair faisait son apparition pendant un bref instant, avant de redevenir la machine \u00e0 tubes des spotlights.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1280\" height=\"720\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary5.jpeg\" alt=\"Whitney : Why I Can Be Me, famille je vous haine - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary5.jpeg 1280w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary5-300x169.jpeg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary5-1024x576.jpeg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/whitney_houston-documentary5-768x432.jpeg 768w\" sizes=\"(max-width: 1280px) 100vw, 1280px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le destin hors du commun d&rsquo;une Afro-Am\u00e9ricaine issue d&rsquo;un milieu d\u00e9favoris\u00e9, qui triomphera du racisme et du sexisme pour devenir une des plus grandes voix de son temps. 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