{"id":32793,"date":"2019-08-11T19:59:46","date_gmt":"2019-08-11T17:59:46","guid":{"rendered":"http:\/\/alworld.fr\/?p=32793"},"modified":"2019-08-11T19:59:46","modified_gmt":"2019-08-11T17:59:46","slug":"george-michael-freedom-histoire-dune-tragedie-pop","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sonologysm.fr\/?p=32793","title":{"rendered":"George Michael Freedom, histoire d&rsquo;une trag\u00e9die pop"},"content":{"rendered":"<h3  > Lunettes noires. Un corps athl\u00e9tique et viril. Des dents d&rsquo;une blancheur de nacre. Une coupe de cheveux et une barbe toujours superbement coup\u00e9s. Un look cuir seyant et sensuel. Et surtout, une voix divine, d&rsquo;une limpidit\u00e9 surnaturelle. Voici George Michael, Freedom, parlant d&rsquo;une trag\u00e9die pop intime et douloureuse.<\/h3>\n<p  > Ann\u00e9e : 2016 | R\u00e9alisateur : David Austin, George Michael<\/p>\n<p>Il fut un temps o\u00f9 George Michael s&rsquo;appelait surtout\u00a0Georgios Kyriacos Panayiotou et qu&rsquo;il venait d&rsquo;un foyer grec chypriote conservateur, dans lequel naturellement, il \u00e9touffait. Les ann\u00e9es 80 et son ambigu\u00eft\u00e9 sexuelle arrivaient \u00e0 pic, et il commen\u00e7a\u00a0<b>Wham!<\/b> en compagnie de son ami <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Andrew_Ridgeley\">Andrew Ridgeley<\/a> avec l&rsquo;enthousiasme d&rsquo;un lyc\u00e9en. Le succ\u00e8s aidant, son besoin toujours grand de se lib\u00e9rer, il tente une carri\u00e8re en solo. C&rsquo;est le succ\u00e8s. Tout pourrait aller pour le mieux, mais George Michael, \u00eatre complexe, tourment\u00e9 par ses d\u00e9mons et son homosexualit\u00e9 trop longtemps refoul\u00e9e, va multiplier les \u00e9checs et les mauvaises d\u00e9cisions. Le chemin de la libert\u00e9 sera long et difficile, jusqu&rsquo;\u00e0 un point culminant o\u00f9 l&rsquo;amour fait son entr\u00e9e, avant de dispara\u00eetre tragiquement dans les brumes du SIDA. S&rsquo;ensuit des albums d&rsquo;une qualit\u00e9 ind\u00e9niables, aux paroles provocatrices (<i>I Want Your Sex, Fastlove p.1<\/i>), tragiques (<i>Jesus To A Child, Father Figure<\/i>), voire euphoriques (<i>Freedom 90, Amazing<\/i>) ou m\u00eame politiques (<i>Shoot The Dog<\/i>). New Wave, Pop, Dance, Rock,Electro, R&rsquo;n&rsquo;B, Soul, George Michael traverse tous ces genres musicaux avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 virevoltante.\u00a0<\/p>\n<p>Dans toutes ces festivit\u00e9s, George Michael a su imposer sa voix d&rsquo;ange, aux partitions complexes et merveilleuses, qui d&rsquo;ailleurs fera des envieux comme Elton John qui lui jalousait son piano ou m\u00eame Stevie Wonder&#8230; Un grand artiste qui disparut tristement en 2016, le jour de No\u00ebl. Victime d&rsquo;une crise cardiaque apr\u00e8s une vie d&rsquo;exc\u00e8s.\u00a0Peu avant sa mort, Michael travaillait sur un documentaire autobiographique en compagnie du r\u00e9alisateur David Austin qui le finalisa peut apr\u00e8s sa mort. Comme nous l&rsquo;annonce Kate Moss, c&rsquo;est sa derni\u00e8re oeuvre. Imparfait (aucun mot sur ses addictions ou ses frasques de tablo\u00efd) et un peu artificiel (guests impeccables et maquill\u00e9s, com\u00e9dien incarnant le chanteur de dos),\u00a0<i style=\"color: var( --e-global-color-text ); font-family: var( --e-global-typography-text-font-family ), Sans-serif; font-weight: var( --e-global-typography-text-font-weight );\">George Michael Freedom<\/i> est le portrait d&rsquo;un homme \u00e0 la recherche d&rsquo;une lib\u00e9ration totale. Voici sa critique.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"750\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary2.jpeg\" alt=\"George Michael : Freedom, histoire d&#039;une trag\u00e9die pop - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary2.jpeg 1200w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary2-300x188.jpeg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary2-1024x640.jpeg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary2-768x480.jpeg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary2-480x300.jpeg 480w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > Rose fuchsia, jaune clair<\/h3>\n<p>Nous sommes dans les ann\u00e9es 80. Tout jeune majeur, George est DJ et bosse dans un cin\u00e9ma. Son meilleur ami est <b>Andrew Ridgeley<\/b>, qui lui, vivote au ch\u00f4mage. Leur pr\u00e9c\u00e9dent groupe de ska,<b> The Executive<\/b>, n&rsquo;a pas tr\u00e8s bien fonctionn\u00e9. Rien de bien folichon. Pourtant, m\u00eame si le documentaire survole un peu ce d\u00e9but tr\u00e8s mince, les deux comparses n&rsquo;arr\u00eatent pas de travailler. Ils n&rsquo;ont pas vraiment le choix, leur existence est bien morne alors ils \u00e9crivent sur le fun, l&rsquo;\u00e9clate, le soleil et les questionnements politiques, soci\u00e9taux, sexuels aussi avec une \u00e9tonnante fra\u00eecheur. Il faut dire que les deux amis, malgr\u00e9 leur jeunesse, sont d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s dou\u00e9s : George Michael chantait et composait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 6 ans, et Ridgeley, italo-\u00e9gyptien, \u00e9tait l&rsquo;oppos\u00e9 de George, flamboyant et excentrique. La famille de George n&rsquo;est pas tr\u00e8s optimiste quand \u00e0 cette envie, percevant dans cet amour de la musique un penchant pour l&rsquo;homosexualit\u00e9. En effet, un drame a endeuill\u00e9 la famille il y a quelques ann\u00e9es : l&rsquo;oncle Colin, schizophr\u00e9nique et surtout, gay, se suicide par overdose. Pas question pour les parents de George qu&rsquo;il soit comme lui, et surtout, finisse comme lui. Lentement, comme du poison, ce premier \u00ab\u00a0abysse\u00a0\u00bb va hanter le jeune George.<\/p>\n<p><i>Wham!<\/i> na\u00eet peu de temps apr\u00e8s la sortie de <i>Wham! Rap (Enjoy What You Do). <\/i>Le succ\u00e8s \u00e9clate comme une d\u00e9flagration. S&rsquo;ensuit une pluie de singles \u00e0 succ\u00e8s : <i>Wake Me Up Before You Go-Go<\/i>, <i>Everything She Wants, Club Tropicana, Last Christmas<\/i> et autres chansons qui font le bonheur des boums pour quadrag\u00e9naires et des campings. La notori\u00e9t\u00e9 de George \u00e9clate avec\u00a0<i>Wake Me Up<\/i>, et son refrain ent\u00eatant, et surtout, le style colori\u00e9 et furieusement kitsch de sa tenue. Voyez plut\u00f4t, un brushing blond artificiel, un sweat rose, et des mitaines jaunes! Il n&rsquo;en faudra pas plus pour le public pour les ch\u00e9rir plus que leurs parents, et la presse s&rsquo;acharner sur ce boys-band de bas \u00e9tage qui selon eux, pue le pr\u00e9fabriqu\u00e9&#8230; Si aujourd&rsquo;hui on rit de ce titre gentiment dansant mais assez efficace (j&rsquo;avoue), <i>Wake Me Up<\/i> cristallise en douceur les obsessions de George Michael : musiciens noirs et un tr\u00e8s l\u00e9ger soup\u00e7on de <i>soul<\/i> durant le solo de guitare (juste apr\u00e8s le <i>haaa<\/i>, vous entendez?), une chor\u00e9graphie parfaite et un graphisme color\u00e9 et revendiqu\u00e9.\u00a0<\/p>\n<figure>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"563\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary3.jpeg\" alt=\"George Michael : Freedom, histoire d&#039;une trag\u00e9die pop - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary3.jpeg 750w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary3-300x225.jpeg 300w\" sizes=\"(max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption>Le c\u00f4t\u00e9 graphique n&rsquo;est pas l\u00e9sin\u00e9 par George Michael, le c\u00f4t\u00e9 color\u00e9 et sexy y est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Bref, le cocktail parfait pour plaire \u00e0 la jeunesse de l&rsquo;\u00e9poque. Les <a href=\"https:\/\/sonologysm.fr\/category\/music-and-me\/\"><u>albums<\/u><\/a> de <i>Wham!<\/i> se vendent par millions, et le monde d\u00e9couvre un George b\u00eate de sc\u00e8ne, \u00e0 la voix ang\u00e9lique et aux v\u00eatements \u00e0 la fois lascifs, color\u00e9s ou serr\u00e9s, selon son humeur du moment. Le public adore, la presse traque les moindres faits et gestes du groupe. Le jeune corps de George rebondit avec une \u00e9tonnante l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 sur toutes ces accusations et encha\u00eene les concerts \u00e0 guichets ferm\u00e9s. Le succ\u00e8s est immense, et Wham! devient m\u00eame le premier groupe anglais \u00e0 se produire en Chine communiste. Il c\u00e8de m\u00eame ses droits sur \u00ab\u00a0Last Christmas\u00a0\u00bb pour des bonnes causes. Les clips sont color\u00e9s et efficaces, l\u00e9gers et dansants, correspondant \u00e0 la folie 80s&#8230; Malgr\u00e9 leur caract\u00e8re joyeux, Wham! montre une v\u00e9ritable qualit\u00e9 artistique, des clips jusqu&rsquo;au jaquettes de disque (\u00e9couter ci dessous<i> Everything She Wants <\/i>!). On y parle de sexe, de vacances, de farniente et de belles gosses au soleil couchant. <i>George Michael, Freedom<\/i> montre un artiste qui \u00e9touffe. Son image de jeune loup peroxyd\u00e9 lui p\u00e8se. Tout comme sa sexualit\u00e9. Il couche avec des femmes pour se rassurer, plusieurs fois avec plusieurs femmes en m\u00eame temps. Et une histoire avec Brooke Shields qui restera tout de m\u00eame sa tr\u00e8s proche amie, qualifiant George de \u00ab\u00a0gentleman\u00a0\u00bb. Mais le d\u00e9but du SIDA va freiner ses penchants f\u00e9minins et il comprend, alors que Wham! se s\u00e9pare en 1986, qu&rsquo;il est gay. Les femmes ne seront pour lui que des cr\u00e9atures c\u00e9lestes magnifiques avec qui il sera ami, et rien de plus. Mais hors de question d&rsquo;en parler ouvertement, l&rsquo;\u00e9poque est tr\u00e8s homophobe et les ravages du SIDA ne vont pas arranger les choses. Alors, r\u00e9sign\u00e9, George Michael se tait, et d\u00e9cide d&rsquo;entamer une carri\u00e8re solo. C&rsquo;est le d\u00e9but de la libert\u00e9.<\/p>\n<h3  > Gris anthracite, blanc pur<\/h3>\n<p>En 1987, sort\u00a0<i>Faith<\/i>, son premier album solo. C&rsquo;est un chef-d&rsquo;oeuvre. Le public lui fait un triomphe. Les m\u00e9dias suivent. 32 ans plus tard, l&rsquo;album est toujours consid\u00e9r\u00e9 comme un des chef d&rsquo;oeuvres de la pop music. Difficile de contredire ce fait, tant le disque regorge de beaut\u00e9s sonores :\u00a0<i>Look At Your Hands<\/i> parlant de violences conjugales, le magnifique\u00a0<i>Father Figure<\/i>, ode \u00e0 la compassion (ayant beaucoup servi dans des s\u00e9ries US dont\u00a0<i>Nip Tuck<\/i>), le bien nomm\u00e9\u00a0<i>Faith<\/i>, ou m\u00eame le tr\u00e8s chaud\u00a0<i>I Want Your Sex<\/i>\u00a0, qui sera m\u00eame banni des radios de la BBC pour son caract\u00e8re \u00ab\u00a0pornographique\u00a0\u00bb. George Michael change son look : il retrouve ses cheveux bruns, porte une veste en cuir avec \u00ab\u00a0Revenge\u00a0\u00bb marqu\u00e9 dessus, des santiags au bout argent\u00e9, un jean trou\u00e9, et porte des lunettes noires. La rockstar est en pleine mue. Et explore la libert\u00e9 artistique dans ce disque, cherche la vraie \u00ab\u00a0foi\u00a0\u00bb. Foi aux autres, \u00e0 l&rsquo;amour peut-\u00eatre, aux sentiments, au sexe d&rsquo;une certaine fa\u00e7on. Loin de rebuter les gens, ce m\u00e9lange d\u00e9tonnant de pop et de soul va litt\u00e9ralement faire exploser les compteurs, faisant de\u00a0<i>Faith<\/i> le plus gros succ\u00e8s de l&rsquo;artiste. Les nombreux scandales entourant l&rsquo;album, l&rsquo;interdiction de diffusion sur MTV du clip de\u00a0<i>I Want Your Sex<\/i> ne vont que renforcer l&rsquo;image d\u00e9complex\u00e9e de ce disque. Dans le fond, aujourd&rsquo;hui, \u00e0 l&rsquo;heure du\u00a0<i>porno chic<\/i> et de la vulgarit\u00e9 assum\u00e9e de certaines chanteuses comme Nicki Minaj,\u00a0<i>Faith<\/i> fait presque figure d&rsquo;alien. Ici, on parle franchement , on montre dans les clips des filles en gu\u00eapi\u00e8re, une jeune vierge aux yeux band\u00e9s faisant des galipettes imaginaires avec le beau George. Mais derri\u00e8re ce c\u00f4t\u00e9 provocateur, on sent de l&rsquo;audace, et aussi de la sinc\u00e9rit\u00e9. Ce qui fera de\u00a0<i>Faith<\/i> l&rsquo;album pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de ses fans, encore aujourd&rsquo;hui. <i>Careless Whisper<\/i>, et son saxophone \u00e0 la fois tendre et kitsch, a \u00e9t\u00e9 parodi\u00e9 bon nombre de fois, et beaucoup trop utilis\u00e9e par certains vid\u00e9astes pour souligner une tension \u00e9rotique involontaire !\u00a0<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vldh7oQD-a4<\/p>\n<p>Mais si la libert\u00e9 artistique est atteinte, la libert\u00e9 sexuelle de l&rsquo;artiste est aux abonn\u00e9s absents. Il a arr\u00eat\u00e9 de coucher avec des femmes. S&rsquo;enfonce dans une semi-d\u00e9pression, que le Faith World Tour, ses proches et ses managers ne peuvent dissiper. L&rsquo;artiste se sent vide. Boit plus que de raison, s&rsquo;essaie aux drogues dures. Les ann\u00e9es Wham! ont laiss\u00e9 place \u00e0 la\u00a0foi qui s&rsquo;accompagne de doute. Et le doute, George s&rsquo;y noie. Personne ne peut l&rsquo;aider, pense-t-il.\u00a0Il pr\u00e9f\u00e8re ne plus se montrer, arbore de grosses lunettes noires pour se cacher, mais ses fans lui trouvent un air sexy et involontairement, cet accessoire sera plus ou moins le symbole de l&rsquo;artiste. Ayant les cam\u00e9ras en horreur, George fuit. Dans ses interviews, reste factuel. Et en live et dans sa musique, se l\u00e2che compl\u00e8tement. Le documentaire <i>Freedom <\/i>le montre bien.<\/p>\n<p>1990. Le documentaire s&rsquo;attarde sur l&rsquo;\u00e9laboration du second album de l&rsquo;artiste, le splendide\u00a0<i>Listen Without Prejudice, Vol 1<\/i>. Si\u00a0<i>Faith<\/i> \u00e9tait l&rsquo;album de l&rsquo;envol,\u00a0<i>LWP Vol 1<\/i> est certainement l&rsquo;album de la confirmation. <i>Prayer For Time<\/i> est de ces chansons inoubliables qui serrent le coeur et l&rsquo;esprit. Apr\u00e8s toutes ces ann\u00e9es, elle garde toujours sa m\u00eame force, sa m\u00eame tristesse. <i>\u00ab\u00a0And it&rsquo;s hard to love, there&rsquo;s so much to<\/i> hate\u00a0\u00bb. Compliqu\u00e9 \u00e0 contredire&#8230;<i>\u00a0<\/i>Il n&rsquo;en fallait pas plus pour d\u00e9signer cette chanson comme l&rsquo;hymne de toute une g\u00e9n\u00e9ration, et l&rsquo;on se surprend \u00e0 voir Ricky Gervais, Elton John l&rsquo;oeil humide en \u00e9coutant cette chanson, l\u00e9g\u00e8rement jaloux d&rsquo;une telle beaut\u00e9&#8230; Beaut\u00e9 pour gu\u00e9rir les blessures de George Michael, toujours aussi perdu.\u00a0<i>Heal The Pain<\/i>\u00a0(\u00ab\u00a0Gu\u00e9rir la douleur\u00a0\u00bb) en est le symbole. Dans cette chanson poignante, il s&rsquo;adresse \u00e0 lui m\u00eame. D&rsquo;une fa\u00e7on touchante, m\u00e9lancolique, il tente de comprendre le d\u00e9mon int\u00e9rieur qui le mine de jour en jour. Alors autant purger cette tristesse dans la musique. L&rsquo;album est un tr\u00e9sor, d\u00e9borde de tubes incroyables, le dansant\u00a0<i>Freedom! 90<\/i> n&rsquo;en est que le diamant le plus pr\u00e9cieux. Dans cette chanson, pas besoin d&rsquo;\u00eatre psychologue pour comprendre que George Michael en a gros sur le coeur.\u00a0 Voulant se pr\u00e9server, il tente alors de faire un clip o\u00f9 il n&rsquo;appara\u00eetra pas. David Fincher, s\u00e9duit par l&rsquo;id\u00e9e, lui propose un clip \u00e0 l&rsquo;esth\u00e9tique cin\u00e9ma, avec une pl\u00e9thore de splendides mannequins, les\u00a0<i>Supermodels<\/i>, embl\u00e8me des 90&rsquo;s\u00a0: Linda Evangelista et son adorable bob blond, Christy Turlington et ses yeux de chat tapie dans l&rsquo;ombre, Naomi Campbell en panth\u00e8re, Walkman aux oreilles, Cindy Crawford prenant un bain de vapeur, nue. Des images marquantes, un filtre bleu m\u00e9lancolique, des femmes sublimes, et le fameux cuir \u00ab\u00a0Revenge\u00a0\u00bb qui br\u00fble dans un dressing.<\/p>\n<p>Le message est clair : George veut changer et passer l&rsquo;\u00e9ponge. Et surtout, semble en avoir ras le bol des attentes d\u00e9raisonnables de son label, et dans\u00a0<i>Freedom 90!<\/i>, il ne se prive pas pour le dire. Le c\u00f4t\u00e9 incroyablement sexy de la chanson, avec ce piano sexuel, la voix suave de George, et son clip dans l&rsquo;air du temps, vont transformer la chanson en v\u00e9ritable carton. Le clip tourne en permanence sur MTV, la chanson se classe tr\u00e8s bien, en Europe surtout. Avec le temps, on peut trouver un c\u00f4t\u00e9 presque grin\u00e7ant \u00e0\u00a0<i>Freedom! 90<\/i> : la bouilloire \u00e0 la fin semble imploser et on voit Linda se pr\u00e9cipiter pour l&rsquo;\u00e9teindre. Mais le clip coupe brusquement au moment, o\u00f9, h\u00e9sitante, se demande si elle doit l&rsquo;enlever o\u00f9 la laisser d\u00e9border. D\u00e9bordement d&rsquo;amour, de sexe, de sentiments, de coolitude, c&rsquo;est \u00e0 vous de juger&#8230;<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=diYAc7gB-0A<\/p>\n<p>Heureusement, un interm\u00e8de heureux arrive enfin. Durant un live \u00e0 Rio en 1991, George remarque un beau jeune homme br\u00e9silien dans la foule. Son nom : Anselmo Feleppa. Le documentaire raconte alors l&rsquo;incroyable histoire tragique de cette romance. Feleppa est un designer, fan de sa musique et arrive au premier plan. George doit litt\u00e9ralement \u00e9viter son regard pour ne pas \u00eatre d\u00e9concentr\u00e9, tant cet homme l&rsquo;attire violemment. Ils finissent par se fr\u00e9quenter, et pour George, c&rsquo;est la r\u00e9v\u00e9lation : il est gay, et a trouv\u00e9 l&rsquo;amour de sa vie. La relation qui unit les deux hommes est compl\u00e8te, ils sortent beaucoup, font la f\u00eate, s&rsquo;aiment. George est aux anges, car il peut enfin souffler et s&rsquo;affirmer tel qu&rsquo;il est. Mais le bonheur est de courte dur\u00e9e. A peine quelques mois apr\u00e8s le d\u00e9but de leur relation, Anselmo d\u00e9couvre officiellement une \u00ab\u00a0grippe lourde\u00a0\u00bb. Officieusement, c&rsquo;est le SIDA. A l&rsquo;\u00e9poque, la trith\u00e9rapie est \u00e0 ses balbutiements et le taux de mortalit\u00e9 est effrayant. Malheureusement, une h\u00e9morragie c\u00e9r\u00e9brale l&#8217;emporte au bout de six mois. Apprenant la nouvelle le jour m\u00eame alors qu&rsquo;il est \u00e0 Londres, George Michael est an\u00e9anti, presque mort. Il consomme des drogues \u00e0 outrance, s&rsquo;enfonce dans une profonde d\u00e9pression, boit trop, fume trop. Les exc\u00e8s de bouche et la tristesse le font enfler, la star est au plus mal. Surtout qu&rsquo;il commence \u00e0 se disputer avec Sony, synonyme chez lui d&rsquo;un enfermement artistique. Il trouve que le label ne l&rsquo;a pas suffisamment soutenu dans sa qu\u00eate de changement.<i> George Michael, Freedom<\/i> le montre bien clairement et sans remords, un acte courageux. Michael accuse son label de l&rsquo;enfermer trop dans une image de <i>pop idol <\/i>h\u00e9t\u00e9rosexuelle qu&rsquo;il n&rsquo;est pas et qu&rsquo;il n&rsquo;a sans doute jamais \u00e9t\u00e9. George d\u00e9nonce m\u00eame un <i>esclavage professionnel<\/i>&#8230;<\/p>\n<p>Il s&rsquo;\u00e9coule presque 3 ans avant que l&rsquo;artiste trouve enfin la force d&rsquo;\u00e9crire de nouvelles chansons. Nous sommes en 1996. Curieusement, cette trag\u00e9die dans la vie de George va signer l&rsquo;un de ses albums les plus intimes et les plus cyniques.<\/p>\n<h3  > George Michael, Freedom : Noir d&rsquo;encre, rouge sang<\/h3>\n<h3  > Noir d&rsquo;encre, rouge sang<\/h3>\n<p>1996, sort <i>Older<\/i>. Comme son nom l&rsquo;indique, George Michael a m\u00fbri. Sa douleur et son besoin d&rsquo;\u00e9crire se font plus violents, et il d\u00e9cide de coucher sur le papier ses questionnements sur le sexe, l&rsquo;amour, la mort avec une \u00e9tonnante sinc\u00e9rit\u00e9. L&rsquo;album se veut chaud et sexy, mais avec un gouffre int\u00e9rieur qu&rsquo;il est difficile d&rsquo;occulter. Le d\u00e9sir se fait chagrin, le sexe est synonyme de d\u00e9b\u00e2cle. Sous des dehors groovy, le spectre de la fin r\u00f4de. Les chansons sont fabuleuses, entra\u00eenantes et dansantes, mais le fond de l&rsquo;air est lourd. \u00a0Difficile d&rsquo;oublier <i>Older.<\/i> C&rsquo;est clairement, comme l&rsquo;indique <i>George Michael, Freedom<\/i>, un testament, une mise en garde, un album tr\u00e8s personnel. Jamais Michael n&rsquo;a autant \u00e9t\u00e9 sinc\u00e8re. Dans l&rsquo;opus, il parle longuement d&rsquo;Anselmo, du chagrin infini qu&rsquo;il a ressenti \u00e0 sa mort, de son statut de pop-star. Le documentaire insiste longuement sur l&rsquo;\u00e9puisante bataille judiciaire l&rsquo;opposant \u00e0 Sony apr\u00e8s la sortie de <i>Listen Without Prejudice.\u00a0<\/i>Sous l&rsquo;accusation officielle du manque d&rsquo;entrain de Sony dans la promotion de l&rsquo;album, se profile une critique plus violente : l&rsquo;artiste accuse la maison de disques de l&rsquo;avoir \u00ab\u00a0h\u00e9t\u00e9rosexualis\u00e9\u00a0\u00bb pour booster les ventes et de ne pas l&rsquo;avoir soutenu. Sans le savoir, l&rsquo;artiste signe sa perte. Personne ne le soutient, ce que <i>George Michael Freedom<\/i> montre bien (trop?). Min\u00e9 par cette bataille juridique et profond\u00e9ment meurtri par la mort d&rsquo;Anselmo, George Michael signe <i>Older<\/i> comme une th\u00e9rapie salutaire. C&rsquo;est dans ces moments tragiques et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s que <i>George Michael : Freedom<\/i> se montre humain et r\u00e9el. Enfin.<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=SHAQlFq6TFg<\/p>\n<p>Tout commence avec <i>Jesus To A Child<\/i> (J\u00e9sus comme un enfant), clairement destin\u00e9 \u00e0 son amour disparu, o\u00f9, d&rsquo;une voix toujours limpide, il parle de ce bonheur trop t\u00f4t disparu. Une ballade d\u00e9chirante qui pourrait faire fondre le plus dur des coeurs de pierre &#8230; George Michae se m\u00e9tamorphose physiquement. Exit le teint bronz\u00e9, les chemises ouvertes sur le torse, les couleurs criardes. Il arbore barbe taill\u00e9e de fa\u00e7on graphique, cheveux ras\u00e9s, lunettes noires \u00e9paisses, veste en cuir, chemises noires, grises, blanches. Aucun autre accessoire qu&rsquo;une montre ou une discr\u00e8te chevali\u00e8re. Surtout, George Michael fait son coming-out aupr\u00e8s de sa famille qui l&rsquo;accepte. Et retrouve l&rsquo;amour avec Kenny Gross, un marchand d&rsquo;art texan. Mais le tout dans un deuil lourd et imposant. A peine nous relevons-nous du d\u00e9but que <i>Fastlove p.1 <\/i>nous foudroie de son flow jazzy. Les paroles, \u00e9quivoques, parlent d&rsquo;une sexualit\u00e9 difficile apr\u00e8s un chagrin d&rsquo;amour :\u00a0\u00bb<i>Si tu cherches de l&rsquo;amour rapide \/ S&rsquo;il y a de l&rsquo;amour dans ses yeux, c&rsquo;est plus que suffisant \/ C&rsquo;est de l&rsquo;amour mauvais \/ Un peu d&rsquo;amour rapide, c&rsquo;est tout ce qui me vient en t\u00eate.\u00a0\u00bb<\/i> Comprenez par amour rapide (traduction litt\u00e9rale un peu laide), coup d&rsquo;un soir. Difficile de revenir \u00e0 de l&rsquo;amour sinc\u00e8re apr\u00e8s avoir connu la folle passion, dit George. Un constat cruel, sublim\u00e9 par un clip pleinement \u00e9rotique o\u00f9 l&rsquo;on voit des hommes et des femmes lascifs changer de peau, couch\u00e9s sur le lit apr\u00e8s un co\u00eft un peu trop brutal. Et surtout cette chaise en cuir iconique, aux basses incrust\u00e9es, o\u00f9 George clame ses doutes. Puis une pluie ravage un appartement, qui submerge l&rsquo;artiste et les danseurs. Entre deux plans on entend \u00ab\u00a0<i>Je regrette mon b\u00e9b\u00e9<\/i>\u00ab\u00a0. L&rsquo;allusion est claire. Fini l&rsquo;amour. Place au sexe rapide sur un coin de table sans grand romantisme. Les fans sont aux anges, et l&rsquo;album se vend \u00e0 6 millions d&rsquo;exemplaires. Mention sp\u00e9ciale \u00e0 <i>Spinning The Wheel<\/i>, aux allusions charnelles d\u00e9sabus\u00e9es : <i>\u00ab\u00a0Comment peux-tu m&rsquo;aimer \/ Lorsque tu joues avec ma vie \/ Tu me dis de te donner du temps et de jurer de faire mieux \/ Donne-moi du temps &amp; je te rendrais du d\u00e9sespoir \/ Et je ne reviendrais plus ici.<\/i><\/p>\n<p>Apr\u00e8s la noirceur, vient le temps de la grivoiserie. En 1998, George Michael d\u00e9fraie la chronique avec une anecdote aussi dr\u00f4le qu&rsquo;improbable : il aurait \u00e9t\u00e9 surpris en galante compagnie avec un policier dans les toilettes publiques. Loin de le d\u00e9douaner, l&rsquo;artiste fait son coming-out, sort la chanson <i>Outside<\/i> et surfe sur ce petit succ\u00e8s pour sortir son best-of <i>Ladies &amp; Gentlemen<\/i>. L&rsquo;Am\u00e9rique n&rsquo;appr\u00e9cie pas trop la blague, mais elle fait mouche en Europe. Conscient du vent qui tourne, George Michael part pour l&rsquo;Angleterre se ressourcer. L\u00e0-bas, il fait surtout la une des tablo\u00efds pour son addiction au crack, puis \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne. Conduit en \u00e9tat d&rsquo;ivresse, divagations dans la presse, l&rsquo;artiste se perd dans des d\u00e9clarations fumeuses comme son refus de d\u00e9pistage au VIH, ce qui cause sa s\u00e9paration avec Kenny Gross. <i>George Michael, Freedom<\/i> montre une b\u00eate traqu\u00e9e. Il semble que George Michael ne sait plus qui il est. Une tache rouge sang dans cette vie bien remplie.<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=gwZAYdHcDtU\t\t<\/p>\n<h3  > George Michael, Freedom : Transparence, disparition<\/h3>\n<p>2004. George Michael est consid\u00e9r\u00e9 comme la plus grande pop star du monde. Il a r\u00e9ussi avant tout le monde \u00e0 faire des tubes avec des sons noirs comme le jazz, la soul, le blues, et m\u00eame la bossa nova. Ses r\u00e9compenses sont \u00e9clatantes et nombreuses, et surtout justifi\u00e9es. On loue sa voix incroyable, son style vestimentaire, ses paroles piquantes, intelligentes, sombres mais r\u00e9alistes. On admire sa justesse, sa simplicit\u00e9 et sa franchise. Pourtant l&rsquo;artiste n&rsquo;est pas heureux. Il a perdu son amour, son proc\u00e8s, et surtout sa m\u00e8re, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;un cancer. Jamais la star n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 plus seule que maintenant. Et malgr\u00e9 cela, il arrive \u00e0 accoucher de son dernier album, le bien nomm\u00e9 <i>Patience.<\/i> L&rsquo;album se fait remarquer par deux hits au succ\u00e8s variable : <i>Freeeek ! <\/i>qui repousse franchement les limites du bon go\u00fbt en affichant un George Michael en monstre sexuel de cuir rouge o\u00f9 l&rsquo;on pourrait deviner une allusion au SIDA. Ou le tr\u00e8s comique <i>Shoot The Dog<\/i>, cartoon grotesque et hilarant sur George Bush, Tony Blair o\u00f9 il parle du fiasco de la guerre en Irak. Dans ce album, George Michael semble plus critique sur le monde qui l&rsquo;entoure, la jeunesse d\u00e9couvrant l&rsquo;Internet haut d\u00e9bit, la politique, la presse qui ne lui \u00e9pargne rien. Si l&rsquo;on peut toujours admirer les talents de songwriter de l&rsquo;artiste et son go\u00fbt pour les arrangements parfaits, l&rsquo;album est assez foutraque et d\u00e9j\u00e0 surann\u00e9 pour les ann\u00e9es 2000. Un certain charme brinquebalant qui sera vendu \u00e0 4 millions d&rsquo;exemplaires.<\/p>\n<p>Une petite parenth\u00e8se sur <i>Shoot The Dog<\/i> : le cartoon est r\u00e9alis\u00e9 par 2DTV, show satirique anglais, \u00e9trillant la politique d\u00e9sastreuse de Bush, le laxisme de Blair et les chiens de la reine d&rsquo;Angleterre. George Michael se d\u00e9double en drag-queen, en chanteur de Wham!, en chanteur d&rsquo;<i>Older<\/i>. L&rsquo;artiste se fait tant\u00f4t effrayant, grivois, dr\u00f4le, grin\u00e7ant. Le clip est un v\u00e9ritable bonheur pour toute personne aimant passer du temps sur MTV. Il fut d&rsquo;ailleurs censur\u00e9 par la cha\u00eene \u00e0 cause de son allusion politique trop prononc\u00e9 et une \u00ab\u00a0fausse\u00a0\u00bb \u00e9rection sous des draps caus\u00e9e par une marionnette !<\/p>\n<p>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ABhZQ_VRbsQ<\/p>\n<p>La fin de George Michael se fera dans le silence. Il fait surtout parler de lui pour sa toxicomanie, son amour de la bouteille, ses frasques sexuelles. Il s&rsquo;est trouv\u00e9 un amant de dix ans son cadet, vit reclus dans sa demeure anglaise. Pourtant, le lion n&rsquo;est pas encore mort. Il montre une \u00e9nergie toujours intacte durant les lives. Paul Mc Cartney et Elton John le jalousent, ses fans r\u00e9pondent toujours pr\u00e9sents. <i>Patience<\/i> restera son dernier coup d&rsquo;\u00e9clat. <i>Twenty Five <\/i>sera un \u00e9ni\u00e8me best of sorti en 2006, puis <i>Symphonica<\/i> en 2014. Reste le merveilleux <i>MTV Unplugged Listen Without Prejudice<\/i> avec des versions a cappella \u00e0 vous arracher des larmes, et autres raret\u00e9s qui nous font regretter l&rsquo;incroyable performance vocale de l&rsquo;artiste. On appr\u00e9ciera le c\u00f4t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 du documentaire qui se refuse \u00e0 toute d\u00e9ification de son sujet. Plus l&rsquo;on se rapproche de la fin, plus les \u00e9loges de la profession se font poignantes. Kate Moss, Cindy Crawford, Elton John, sont unanimes : George Michael est un grand artiste, humain et sinc\u00e8re, mais qui n&rsquo;a pas su supporter le poids de la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, toujours \u00e0 la recherche d&rsquo;une \u00e9chappatoire, mais qui s&rsquo;est \u00e9gar\u00e9 dans des chemins de traverse, dont l&rsquo;issue sera fatale.<\/p>\n<p>2016. George Michael succombe \u00e0 une crise cardiaque. L&rsquo;alcool et les m\u00e9docs, dangereux m\u00e9lange, ont eu raison de lui. Les fans sont an\u00e9antis. Une ann\u00e9e bien funeste pour la musique ayant vu mourir David Bowie, Leonard Cohen et Prince&#8230; Son amant est jet\u00e9 \u00e0 la rue, exclu du testament, sa famille vend la villa anglaise et h\u00e9rite d&rsquo;une importante fortune de 100 millions de dollars dont une partie a \u00e9t\u00e9 vers\u00e9e \u00e0 des associations de lutte contre le SIDA. Une pl\u00e9thore de r\u00e9\u00e9ditions ressort au moment de sa mort, et son documentaire <i>George Michael : Freedom<\/i> est diffus\u00e9. Fin du chapitre. Apr\u00e8s les couleurs, survient le vide, la transparence. L&rsquo;\u00e2me de l&rsquo;artiste dispara\u00eet et s&rsquo;efface, telle une feuille de calicot.<\/p>\n<h3  > George Michael, Freedom &#8211; Fin : multicolore<\/h3>\n<h3  > George Michael : Freedom, testament d&rsquo;un homme libre<\/h3>\n<p>Que peut-on retenir d&rsquo;une telle exp\u00e9rience&#8230; compliqu\u00e9 \u00e0 expliquer \u00e0 vrai dire. Voix d&rsquo;ange, charisme hors norme, et surtout douceur humaine, George Michael fut une pop star myst\u00e9rieuse et insaisissable. Sur sc\u00e8ne, c&rsquo;est une b\u00eate, d\u00e9voilant une aura et une pr\u00e9sence inqualifiables. Ses chansons, pures merveilles comme <i>Freedom!90 <\/i>que Mark Ronson compare \u00e0 la Joconde. Ses clips aussi, \u00e0 l&rsquo;esth\u00e9tique moderne, v\u00e9ritable portait de son \u00e9poque. Son look inconique, passant des tee-shirt larges aux vestes de motard brod\u00e9es, aux longs costards cravates impeccables. Mais toute cette \u00e9nergie cr\u00e9atrice ne pouvait venir qu&rsquo;une source tourment\u00e9e. Toute sa vie, <i>George Michael, Freedom<\/i> montre un homme se battant avec ses vieux d\u00e9mons, apparaissant (<i>Faith<\/i>), triomphants (<i>Listen Without Prejudice<\/i>), combattus (<i>Older<\/i>) ou r\u00e9sign\u00e9s (<i>Songs From The Last Century, Patience<\/i>). A chaque drame, l&rsquo;artiste se rel\u00e8ve tant bien que mal, anim\u00e9e d&rsquo;une \u00e9nergie du d\u00e9sespoir qu&rsquo;il est difficile d&rsquo;occulter. Son empreinte dans le monde de la musique est durable. Il a permis \u00e0 la musique noire de s&rsquo;\u00e9manciper et d&rsquo;\u00e9clater, en r\u00e9coltant au passage des louanges d&rsquo;artistes noirs comme Prince, Quincy Jones ou m\u00eame Stevie Wonder. Quelque chose qui a trop \u00e9t\u00e9 pass\u00e9 sous silence d&rsquo;ailleurs, \u00e9tant donn\u00e9 l&rsquo;importance de la soul et du funk dans ses compositions, et ses duos inoubliables avec des artistes de renom comme la l\u00e9gendaire Aretha Franklin ou bien Mary G.Blige. George Michael n&rsquo;a pas eu d&rsquo;h\u00e9ritier biologique, mais sa musique a engendr\u00e9 une myriade d&rsquo;enfants reconnaissants envers leur paternel. La nouvelle g\u00e9n\u00e9ration peut le remercier d&rsquo;avoir remis au go\u00fbt du jour les racines noires de la musique actuelle, et de d\u00e9montrer qu&rsquo;avoir une belle voix n&rsquo;est pas forc\u00e9ment has been. <em>George Michael : Freedom<\/em> est imparfait, mais il a le m\u00e9rite d&rsquo;incarner intact la vision artistique d&rsquo;un homme int\u00e8gre.<\/p>\n<p>La Foi, <i>Faith<\/i>. L&rsquo;\u00e9coute sans jugement, <i>Listen Without Prejudice<\/i>. La vieillesse, <i>Older<\/i>. La patience, <i>Patience<\/i>. Des mots qui sonnent comme des mantras, illustrant l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit de l&rsquo;artiste. Son long cheminement vers une douloureuse lucidit\u00e9 nous serre le coeur. On y entend des s\u00e9r\u00e9nades, des sons disco, des \u00e9clatements et des disparitions. Le reflet d&rsquo;une existence charg\u00e9e en drames, rebondissements et autres joies, ressemblant plus \u00e0 un roman de Daniel Dafoe \u00e0 la sauce\u00a0<i>East Enders<\/i>.\u00a0La vie n&rsquo;est pas un long fleuve tranquille, mais <i>George Michael Freedom<\/i> rendit le p\u00e9riple plein d&rsquo;aventures.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"768\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary4-768x768.jpeg\" alt=\"George Michael : Freedom, histoire d&#039;une trag\u00e9die pop - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary4-768x768.jpeg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary4-300x300.jpeg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary4-150x150.jpeg 150w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary4-650x650.jpeg 650w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary4-320x320.jpeg 320w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary4-760x760.jpeg 760w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/george-michael-documentary4.jpeg 1000w\" sizes=\"(max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lunettes noires. 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