{"id":32246,"date":"2020-10-11T11:31:46","date_gmt":"2020-10-11T09:31:46","guid":{"rendered":"http:\/\/alworld.fr\/?p=32246"},"modified":"2020-10-11T11:31:46","modified_gmt":"2020-10-11T09:31:46","slug":"american-horror-story-anthologie-baroque-de-la-terreur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sonologysm.fr\/?p=32246","title":{"rendered":"American Horror Story : anthologie baroque de la terreur"},"content":{"rendered":"<h3  > American Horror Story, un m\u00e9lange de NFSW et de d\u00e9lire gore et grandguignolesque r\u00e9alis\u00e9 avec une certaine classe. Apr\u00e8s la superficialit\u00e9 ado (Popular), les contes cruels de l&rsquo;esth\u00e9tique (Nip-Tuck), les d\u00e9boires gays (The Normal Heart), Ryan Murphy propose une relecture intriguante et prenante de l&rsquo;horreur.<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;est pas tr\u00e8s \u00e9vident de parler d&rsquo;un type comme Ryan Murphy. Il fait partie de ces showrunners audacieux et sinc\u00e8res apparus \u00e0 la fin des ann\u00e9es 90, et qui allaient r\u00e9volutionner le petit monde de la t\u00e9l\u00e9vision am\u00e9ricaine. Il faut dire que Murphy n&rsquo;est pas vraiment un d\u00e9butant : il compte \u00e0 son actif une dizaine de projets de genres diff\u00e9rents (com\u00e9die, drame, burlesque, horreur, politique) originaux, \u00e9loquents et choquants qui n&rsquo;auront pas rendu insensibles ses t\u00e9l\u00e9spectateurs. Ryan Murphy est un cas \u00e0 part dans cette constellation de cr\u00e9ateurs de contenus <a href=\"https:\/\/sonologysm.fr\/category\/videodrome\/\">audiovisuels<\/a>. Murphy ne parle pas, il d\u00e9clame. Murphy ne crie pas, il s&rsquo;\u00e9poumone. Il ne conna\u00eet pas la demi-mesure. Dans toute sa carri\u00e8re, ses sujets de pr\u00e9dilection sont la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, le culte esth\u00e9tique, la nature humaine avec une bonne dose d&rsquo;effroi, de gore et d&rsquo;un go\u00fbt prononc\u00e9 pour le clinquant&#8230; et l&rsquo;absence de censure. Baroque, foutraque, obstin\u00e9, et assumant totalement son homosexualit\u00e9, Murphy incarne une \u00e9tranget\u00e9 et une diff\u00e9rence d\u00e9j\u00e0 de mise dans le milieu aseptis\u00e9 de la t\u00e9l\u00e9vision am\u00e9ricaine. <i>Popular<\/i>, sorti au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, n&rsquo;\u00e9tait que le brouillon de ses domaines de pr\u00e9dilection : les populaires et les non-populaires se font la guerre pour savoir qui aurait les cheveux les plus blonds et le look le plus styl\u00e9. Sous les spotlights, la vie est dure : parents divorc\u00e9s, n\u00e9vros\u00e9s, col\u00e9riques. La s\u00e9rie sera annul\u00e9e car Ryan Murphy souhaitait montrer ouvertement un personnage gay, ce qui a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 tout net par les producteurs.<\/p>\n<p>Mais bient\u00f4t, aux alentours de 2005, une explosion. Aux c\u00f4t\u00e9s de\u00a0<i>Mad Men<\/i>, <i>Dexter\u00a0<\/i>ou\u00a0<i>Walking Dead<\/i>,\u00a0<i>Nip Tuck<\/i>, sa s\u00e9rie phare, est un\u00a0conte amoral sur les travers de la chirurgie esth\u00e9tique avec au passage une puissante charge contre l&rsquo;Am\u00e9rique superficielle. Pour la premi\u00e8re fois \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision am\u00e9ricaine, l&rsquo;on pouvait voir des op\u00e9rations de chirurgie esth\u00e9tique dans toute sa crudit\u00e9 et son \u00e9l\u00e9gance parmi les bouts de gras, de sang et de silicones. On repousse tout ce qui peut \u00eatre montr\u00e9 \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision avec des sujets tordus et inconnus \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque : n\u00e9crophilie, sadomasochisme, inceste, viol, triolisme, \u00e9changisme, vampirisme, f\u00e9tichismes sexuels divers, morts violentes et graphiques (\u00e9touffement \u00e0 la ouate, d\u00e9coupe de seins \u00e0 la scie sauteuse!). Dans ce d\u00e9dale infernal, des lumi\u00e8res apparaissaient entre deux liposuccions : la question de la paternit\u00e9, l&rsquo;amour filial, la tol\u00e9rance ou la religion sont abord\u00e9s sans fard. Encore une fois et malgr\u00e9 deux derni\u00e8re saisons moins spectaculaires, Ryan Murphy a fait mouche. Nip\/Tuck\u00a0devient un monument t\u00e9l\u00e9visuel encore intact et vivace.\u00a0Un nouveau g\u00e9nie de la t\u00e9l\u00e9vision est n\u00e9.<\/p>\n<p>Il multiple les projets ambitieux :\u00a0<i>Glee<\/i>, rom-com teen enlev\u00e9e aux doux airs de com\u00e9die musicale, aigre-douce,\u00a0<i>The Normal Heart<\/i>, d\u00e9chirant t\u00e9l\u00e9film sur les d\u00e9buts du SIDA,\u00a0<i>The Politician<\/i>\u00a0sur les jeux piquants du pouvoir \u00e0 la sauce 60s, et\u00a0American Crime Story\u00a0sur le proc\u00e8s OJ Simpson et la mort de Gianni Versace. Tous se reconnaissent par les couleurs satur\u00e9es et un jeu d&rsquo;acteurs parfait, et un style \u00e0 la fois exag\u00e9r\u00e9 et pr\u00e9cieux. A ce tableau de chasse s&rsquo;ajoute\u00a0American Horror Story, une anthologie folle d&rsquo;histoires horrifiques compos\u00e9es de neuf saisons o\u00f9 se croisent fant\u00f4mes, drag queens, sorci\u00e8res, tueuses en s\u00e9rie, proph\u00e8tes et mythologies diverses non sans parler politique, racisme, homophobie avec panache. Chaque th\u00e8me de saison (le cirque, l&rsquo;asile, l&rsquo;h\u00f4tel ou encore le \u00ab\u00a0clan de sorci\u00e8res\u00a0\u00bb) \u00e9voque encore plus largement les ambitions de Murphy.<\/p>\n<p><b>&#8230;SPOILERS sur l&rsquo;ensemble de la s\u00e9rie American Horror Story sur cet article.<\/b><\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/murder_house.jpg\" alt=\"American Horror Story : anthologie baroque de la terreur - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/murder_house.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/murder_house-300x169.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/murder_house-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/murder_house-768x432.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/murder_house-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > AHS Murder House \/ La maison qui rend fou<\/h3>\n<p>Apr\u00e8s une coucherie avec une \u00e9tudiante et une fausse couche, un mari psychologue et une \u00e9pouse d\u00e9laiss\u00e9e d\u00e9cident de renouer les liens en changeant de maison. Probl\u00e8me : la seule qui rentre dans leur budget \u00e0 Los Angeles est un ancien manoir qui fut le th\u00e9\u00e2tre de meurtres pour le moins sordides. Malgr\u00e9 cette mise en garde, le couple s&rsquo;y installe. Le vernis de l&rsquo;\u00e9trange recouvre petit \u00e0 petit leur univers : une voisine un peu trop curieuse et sa fille trisomique, un gar\u00e7on inqui\u00e9tant, une bonne qui cache trop bien son jeu, d&rsquo;\u00e9tranges combustions instantan\u00e9es et des visions \u00e9rotico-gores. Le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et le futur s&rsquo;y m\u00ealeront bient\u00f4t, le tout assaisonn\u00e9 de coup de th\u00e9\u00e2tre et de fins de vie baroques. L&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;une grossesse va faire monter l&rsquo;intrigue crescendo pour ne plus conna\u00eetre de limites.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 comment Ryan Murphy revisite efficacement un ressort horrifique us\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la corde : une maison hant\u00e9e et ses propri\u00e9taires fous (ou du moins le cachent-ils). Ici, point de draps vol\u00e9s dans les airs avec des cha\u00eenes en caoutchouc secou\u00e9es entre deux rictus. On penchera plut\u00f4t sur la balance mort \/ vie, le d\u00e9sir sexuel, les pulsions refoul\u00e9es, les liens du sang et le sang en lui-m\u00eame. La famille d\u00e9chir\u00e9e n&rsquo;est qu&rsquo;un pr\u00e9texte pour tout un tas de d\u00e9viances servie par un sublime casting : merveilleuse et effrayante <b>Jessica Lange<\/b>, la sensible\u00a0<b>Connie Britton<\/b>, vue dans\u00a0<i>Friday Night Lights<\/i>, la fragile\u00a0<b>Ta\u00efssa Farmiga<\/b> ou bien la r\u00e9v\u00e9lation\u00a0<b>Evan Peters<\/b>, \u00e0 la fois suicidaire et cruel, tourment\u00e9 et lucide, sexy et repoussant. Ajoutez \u00e0 cela une photographie \u00e9l\u00e9gante et raffin\u00e9e, toute en retenue quand il le faut et qui \u00e9clate de sensualit\u00e9 le moment venu. Mais on conna\u00eet trop Ryan Murphy pour d\u00e9laisser ses envies de morbide. Ici, le d\u00e9sir se fait pressant au coin d&rsquo;une porte, la mort est cruelle mais sublim\u00e9e, la cruaut\u00e9 en est presque belle. On se surprend \u00e0 frissonner et m\u00eame \u00e0 jouer le jeu face \u00e0 des ressorts un peu faciles : l&rsquo;\u00e9trange voisine et ses enfants \u00ab\u00a0maudits\u00a0\u00bb, dont un difforme (forc\u00e9ment), la bonne au double visage de vertu et de vice qui s&rsquo;assagit face \u00e0 la raison, les fant\u00f4mes qui volent les vivants de leur \u00e2me pour mieux les enfermer sous leur emprise. Dans American Horror Story Murder House\u00a0les fant\u00f4mes, comme vestiges de crimes et de vies d&rsquo;autrefois, discutent un bout de gras avec les vivants tout en se jalousant. Le meurtre et la barbarie ne sont jamais loin. Avortements de masse, exp\u00e9rimentations douteuses, tueries dans une \u00e9cole, accouchement transform\u00e9e en messe noire, l&rsquo;anodin devient cruel, l&rsquo;\u00e9trange est fascinant et la violence une pulsion de vie.<\/p>\n<p>Murphy s&rsquo;amuse m\u00eame \u00e0 y m\u00ealer des \u00e9l\u00e9ments existants ou plus ou moins inspir\u00e9s de la r\u00e9alit\u00e9: la tuerie de masse dans les lyc\u00e9es, rappelant <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fusillade_de_Columbine\"><u>l&rsquo;affaire Colombine<\/u><\/a> voire l&rsquo;affaire Charleston (plus r\u00e9cemment), l&rsquo;affaire irr\u00e9solue du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Affaire_du_Dahlia_noir\">Dahlia Noir<\/a> (splendide hommage vintage avec Mena Suvari en Elizabeth Short). Mieux encore, comme souvent chez Murphy, la Grande Histoire c\u00f4toie toujours la Petite. On y retrouve ses th\u00e8mes chers : l&rsquo;homosexualit\u00e9, son amour des freaks, les trahisons familiales, les tendances suicidaires, l&rsquo;impossibilit\u00e9 du deuil ou le simple fait que l&rsquo;horreur, tout comme l&rsquo;erreur, est humaine. Elle finit par d\u00e9border en chacun de nous \u00e0 un moment de notre existence. On interpr\u00e9tera cette <i>Murder House<\/i>\u00a0comme la juste m\u00e9taphore de l&rsquo;enfermement psychologique des membres de la famille. Y sont coinc\u00e9s le p\u00e8re et ses fantasmes inassouvis de sexe, la m\u00e8re \u00e9plor\u00e9e perdue dans son chagrin, la jeune fille perdue assoiff\u00e9e de reconnaissance. L&rsquo;infime et l&rsquo;universel se m\u00e9langent dans un cocktail d&rsquo;\u00e9pouvante \u00e9tonnant et innovant. Pari r\u00e9ussi pour cet aper\u00e7u d&rsquo;AHS !<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/asylum.jpg\" alt=\"American Horror Story : anthologie baroque de la terreur - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/asylum.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/asylum-300x169.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/asylum-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/asylum-768x432.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/asylum-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > AHS II : Asylum \/ L&rsquo;asile de l&rsquo;horreur<\/h3>\n<p>Lana Winters, une journaliste intr\u00e9pide, atterrit dans l&rsquo;obscur asile psychiatrique de Briarcliff dans les ann\u00e9es 60. Soeur Jude, tenanci\u00e8re de l&rsquo;endroit, est connu pour son caract\u00e8re sadique et brutal, et voit dans ces malades mentaux une occasion d&rsquo;expier les fautes d&rsquo;un pass\u00e9 douloureux. Elle est accompagn\u00e9e d&rsquo;une ing\u00e9nue, soeur Mary-Eunice McKee, d&rsquo;un docteur sans scrupules et aux exp\u00e9rimentations ill\u00e9gales, et d&rsquo;un pr\u00eatre \u00e0 la morale douteuse. Dans ce monde gris\u00e2tre, subsiste une \u00e2me \u00e0 sauver : Kit Walker, un jeune homme inculp\u00e9 pour la disparition de sa femme, alors qu&rsquo;un nouveau psychiatre aux m\u00e9thodes r\u00e9volutionnaires pr\u00e9voit de revoir en profondeur la r\u00e9vision des cas mentaux qui s&rsquo;offre \u00e0 lui. Par un concours de circonstance, Lana Winters est intern\u00e9e de force et doit cohabiter avec cette \u00e9trange faune. Mais h\u00e9las, une force d\u00e9moniaque va s&#8217;emparer de Briarcliff et causer bien du tort \u00e0 ceux qui veulent \u00e9chapper \u00e0 ses murs \u00e9pais sans issue.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la maison hant\u00e9e venait un autre classique : l&rsquo;asile d&rsquo;ali\u00e9n\u00e9s. Non content de pousser encore plus le bouchon, Murphy ressort les dossiers historiques du traitement \u00e9pouvantable r\u00e9serv\u00e9 aux malades \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la psychologie \u00e9tait encore exp\u00e9rimentale. L&rsquo;intol\u00e9rance religieuse y est encore plus forte que dans la premi\u00e8re saison. Ici le pr\u00eatre n&rsquo;est qu&rsquo;une grenouille de b\u00e9nitier plus pr\u00e9occup\u00e9 par le salut de son \u00e2me que par les malades de l&rsquo;asile, alors que le docteur, au nom de la science et de Dieu, se permet d&rsquo;exp\u00e9rimenter toutes sortes d&rsquo;ignominies sans \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me. Un exorcisme sur une nonne innocente tourne au vinaigre et invoque le Diable. Bien s\u00fbr, on y parle sexe avec une\u00a0<b>Chlo\u00e9 S\u00e9vigny<\/b>\u00a0(excellente)\u00a0d\u00e9vergond\u00e9e et nymphomane bient\u00f4t transform\u00e9e en monstre, de copulation avec des esprits, de plans \u00e0 trois, de lesbianisme sans clich\u00e9. L&rsquo;autre force de la saison : le th\u00e8me principal du rejet. Rejet soci\u00e9tal, religieux, amoureux, toutes les formes de r\u00e9pulsion y sont abord\u00e9es. Lana Winters est une lesbienne et une femme lib\u00e9r\u00e9e, elle est forc\u00e9ment enferm\u00e9e dans le carcan puritain de l&rsquo;Am\u00e9rique des ann\u00e9es 60, forcer de \u00ab\u00a0s&rsquo;h\u00e9t\u00e9roiser\u00a0\u00bb pour rentrer dans le moule. Soeur Jude rejette ses malades qui la renvoient \u00e0 son propre gouffre int\u00e9rieur, Kit Walker est abandonn\u00e9 par sa famille et la justice. Sans compter cette pensionnaire qui se prend pour Anne Frank, ou bien Grace (<b>Lizzie Brocher\u00e9<\/b>, fran\u00e7aise, stup\u00e9fiante !), qui est accus\u00e9e d&rsquo;avoir tu\u00e9 toute sa famille, mais qui a certainement plus de lucidit\u00e9 que toutes les personnes saines de l&rsquo;asile.<\/p>\n<p>Dans\u00a0<i>American Horror Story Asylum<\/i>, personne ne semble \u00eatre ce qu&rsquo;il est. Le Diable r\u00e9incarn\u00e9 en nonne s&rsquo;av\u00e8re d&rsquo;une logique cruelle, le pr\u00eatre un mec paum\u00e9, un gar\u00e7on de ferme gentil transform\u00e9 en d\u00e9mon ressuscit\u00e9, soeur Jude apparaissant comme un monstre mais finalement tout aussi perdue que tous les personnages de la s\u00e9rie. M\u00eame l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne, \u00e0 la fin de l&rsquo;histoire, nous appara\u00eet orgueilleuse lorsqu&rsquo;elle raconte enfin face cam\u00e9ra les calvaires qu&rsquo;elle a subi. Le psychiatre sympathique de premier abord s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre un tueur en s\u00e9rie de la pire esp\u00e8ce et le principal antagoniste de l&rsquo;histoire. Tout y est montr\u00e9 dans une photographie froide et morne, sans \u00e9clat, ou le blanc pur et le noir profond ressortent. S&rsquo;ensuivent des s\u00e9quences baroques d&rsquo;anges noirs aux ailes g\u00e9antes, de clip vid\u00e9o ann\u00e9es 60 sous acide, o\u00f9 se m\u00eale film d&rsquo;horreur \u00e0 la Roger Corman, thriller social, voire film de science-fiction.\u00a0<i>Asylum<\/i>\u00a0souffre peut-\u00eatre d&rsquo;un exc\u00e8s de z\u00e8le, et p\u00e8se parfois plus lourd que les autres saisons \u00e0 cause d&rsquo;effets graphiques trop pouss\u00e9s, mais repr\u00e9sente certainement le meilleur de\u00a0<i>American Horror Story<\/i>.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/coven.jpg\" alt=\"American Horror Story : anthologie baroque de la terreur - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/coven.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/coven-300x169.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/coven-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/coven-768x432.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/coven-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > American Horror Story III : Coven \/ Le gang des sorci\u00e8res<br \/>\n<\/h3>\n<p>Zoe (merveilleuse\u00a0<strong>Ta\u00efssa Farmiga<\/strong>), adolescente banale, tue accidentellement son petit ami en lui faisant l&rsquo;amour. Elle d\u00e9couvre \u00e9pouvant\u00e9e qu&rsquo;elle est une sorci\u00e8re et que ses anc\u00eatres ont quelque peu cram\u00e9 dans la ville de Salem&#8230; Son corps provoque une h\u00e9morragie instantan\u00e9e lorsqu&rsquo;il est p\u00e9n\u00e9tr\u00e9. Son don, qui effraie sa famille, la dirige naturellement vers une \u00e9cole secr\u00e8te situ\u00e9e \u00e0 la Nouvelle-Orl\u00e9ans, dirig\u00e9e par la myst\u00e9rieuse Cordelia Foxx. L\u00e0 bas, elle y croise une star Disney Channel t\u00e9l\u00e9kin\u00e9siste, une poup\u00e9e vaudou vivante, et une handicap\u00e9e mentale qui peut lire les pens\u00e9es des autres. Tout se complique lorsque Misty Day, une sorci\u00e8re hippie, se fait br\u00fbler vive sur un b\u00fbcher, provoquant le retour de Fiona Goode, la m\u00e8re de Cordelia, la sorci\u00e8re la plus puissante et la plus redoutable de sa g\u00e9n\u00e9ration. Si ses attentions sont louables &#8211; elle souhaite prot\u00e9ger les \u00e9l\u00e8ves &#8211; en r\u00e9alit\u00e9 tout n&rsquo;est que pr\u00e9texte \u00e0 un seul but : retrouver sa jeunesse perdue, quitte \u00e0 tuer tous ceux qui se mettent en travers de son chemin. C&rsquo;\u00e9tait sans compter l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un tueur de sorci\u00e8res, des chasseurs de sorci\u00e8res arm\u00e9s jusqu&rsquo;aux dents, un dieu Vaudou venu chercher le sang et d&rsquo;anciennes connaissances dont Fiona aurait bien aim\u00e9 se passer. Le temps presse, et les sorci\u00e8res doivent bient\u00f4t trouver leur chef, la Supr\u00eame, avant qu&rsquo;elles ne soient toutes trucid\u00e9es&#8230;<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la maison et l&rsquo;asile, place aux sorci\u00e8res. Et c&rsquo;est un v\u00e9ritable festival de beaut\u00e9, de cruaut\u00e9 et de sensualit\u00e9 f\u00e9minine \u00e0 peine contenue par les fils de la vengeance. Murphy est \u00e0 son maximum lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de capter les diff\u00e9rents visages de femmes qui s&rsquo;offrent \u00e0 lui : la fausse ing\u00e9nue Zoe, la\u00a0bitchy\u00a0Madison incarn\u00e9e par la formidable\u00a0<strong>Emma Roberts<\/strong>\u00a0(ni\u00e8ce de\u00a0Julia Roberts !), Queenie la poup\u00e9e vaudou qui absorbe les douleurs d&rsquo;autrui (superbe\u00a0<strong>Gabourey Sidibe<\/strong>). Impossible bien s\u00fbr d&rsquo;oublier les prestations des \u00ab\u00a0reines\u00a0\u00bb de la s\u00e9rie :\u00a0<strong>Sarah Paulson<\/strong> toujours au top en fille de sorci\u00e8re rejet\u00e9e d\u00e9vor\u00e9e par le mal d&rsquo;enfant et le pouvoir, la toujours renversante\u00a0<strong>Jessica Lange<\/strong>, \u00e0 la beaut\u00e9 et \u00e0 la violence toujours intacte, qui nous livre ici sa meilleure prestation dans la s\u00e9rie. N&rsquo;oublions pas la v\u00e9n\u00e9neuse\u00a0<strong>Angela Bassett<\/strong>,\u00a0actrice trop rare instinctive et sauvage, incarnant la c\u00e9l\u00e8bre Marie Laveau, pr\u00eatresse vaudou qui a r\u00e9ellement exist\u00e9, et l&rsquo;effrayante\u00a0<strong>Kathy Bates<\/strong>, rescap\u00e9e de\u00a0Misery, en\u00a0Delphine LaLaurie ayant aussi exist\u00e9 qui \u00e9tait connue pour ses cr\u00e8mes de beaut\u00e9&#8230; \u00e0 base de sang issu de cadavres&#8230; Une s\u00e9rie fonci\u00e8rement f\u00e9minine voire presque f\u00e9ministe, tant le m\u00e2le dans la saison y est malmen\u00e9 : mari domin\u00e9 et indolent chasseur de sorci\u00e8res, amant du pass\u00e9 tueur de magiciennes, \u00e9tudiants violeurs et alcooliques, machos en mal de femme \u00e0 conqu\u00e9rir, quand ce n&rsquo;est pas Papa Legba, dieu mal\u00e9fique du vaudou, qui vient chercher sa r\u00e9compense. Un\u00a0female gaze d&rsquo;une puissance extr\u00eame dans un contexte agressif.<\/p>\n<p>La violence y tient une place pr\u00e9pond\u00e9rante, tant physique que mentale. On y parle sans heurts de viol en r\u00e9union et de punition vengeresse, de petit-ami zombie victime d&rsquo;inceste, de d\u00e9capitations violentes suivies de r\u00e9surrections express, d&rsquo;\u00e9nucl\u00e9ation horrible, d&rsquo;encorn\u00e9e par un minotaure (???), morts-vivants assoiff\u00e9s de sang, b\u00fbcher de cadavres, torture de domestiques. Un peu exag\u00e9r\u00e9, n&rsquo;est-ce pas? C&rsquo;est le cr\u00e9do de\u00a0<em>American Horror Story Coven<\/em>. Citons l&rsquo;impeccable d\u00e9cor de la Nouvelle-Orl\u00e9ans : \u00e0 la fois myst\u00e9rieuse le jour et dangereuse la nuit, elle cache sous ses portes la magie vaudou et son panth\u00e9on de dieux vengeurs. On y retrouve des th\u00e8mes comme le racisme, le sexisme, l&rsquo;intol\u00e9rance, la trahison, et la question du groupe, de la famille : Coven veut dire \u00ab\u00a0couvent\u00a0\u00bb, un endroit calme et serein par extension, mais aussi un lieu clos et enferm\u00e9. Ryan Murphy joue \u00e0 tous les tableaux, trifouille la grande histoire avec maestria et arrive dans ce d\u00e9luge \u00e0 nous faire rire. Sans conteste la meilleure saison, un v\u00e9ritable festival d&rsquo;horreur et d&rsquo;humour aux accents\u00a0cajun.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/freak_show.jpg\" alt=\"American Horror Story : anthologie baroque de la terreur - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/freak_show.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/freak_show-300x169.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/freak_show-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/freak_show-768x432.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/freak_show-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > American Horror Story IV : Freak Show \/ Le cirque monstrueux<\/h3>\n<p>Nous sommes en 1952, dans la petite ville de Jupiter en Floride. Sous le soleil du Sunshine State, une femme \u00e0 deux t\u00eates, Bettie et \u00ab\u00a0Dott\u00a0\u00bb Tattler, est bless\u00e9e et envoy\u00e9e \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital apr\u00e8s la mort de leur m\u00e8re. Au m\u00eame moment, un tueur d\u00e9guis\u00e9 en clown devient le larbin de l&rsquo;\u00e9trange famille Mott, au rejeton psychotique, Dandy Mott. Un cirque peupl\u00e9 de\u00a0freaks s&rsquo;installe \u00e0 Jupiter, dirig\u00e9 par Elsa Mars, une chanteuse berlinoise fascin\u00e9e par les difformit\u00e9s physiques. Dans ce cirque, on retrouve Jimmy l&rsquo;homme-crabe ayant une malformation des doigts, sa m\u00e8re, Ethel, une femme \u00e0 barbe, une femme de 2 m\u00e8tres avec trois seins, une autre dont le corps s&rsquo;arr\u00eate au bas ventre, Ma Petite, la plus petite femme du monde, un couple microc\u00e9phale Pepper et Salty, Wendell l&rsquo;homme le plus fort du monde et sa femme Desiree \u00e0 trois seins. Mais leur succ\u00e8s s&rsquo;essouffle Elsa Mars s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 Bettie et Dott. C&rsquo;est alors que fait son entr\u00e9e Mr. Spencer, obscur homme d&rsquo;affaires et Maggie Esmeralda, une diseuse de bonne aventure qui se sent attir\u00e9e par Jimmy. Bien entendu, une entit\u00e9 sombre surnomm\u00e9e Mordrake menace les habitants de pouss\u00e9es psychotiques.<\/p>\n<p>On reprend les m\u00eames et on recommence.\u00a0<b>Jessica Lange<\/b>, idole et muse de Murphy attitr\u00e9e, joue une chanteuse berlinoise dont il manque des jambes rescap\u00e9e d&rsquo;un snuff-movie o\u00f9 on lui a coup\u00e9 les membres.\u00a0<b>Emma Roberts<\/b> joue une voyante sympathique de premier abord, <b>Evan Peters<\/b> reconverti en voyou attachant aux mains en pince de homard, et l&rsquo;on voit l&rsquo;arriv\u00e9e de nouveaux talentueux :\u00a0<b>Finn Wittrock<\/b> en fils \u00e0 maman d\u00e9rang\u00e9 et monstrueux,\u00a0<b>Michael Chiklis<\/b> (le\u00a0Vic Mackey de\u00a0<i>The Shield<\/i>) en brute \u00e9paisse un peu flippante,\u00a0<b>Patti Labelle<\/b> en bonne \u00e0 tout faire et\u00a0<b>Neil Patrick Harris<\/b> en meneur de revue un peu trop port\u00e9e sur la chose&#8230; Si l&rsquo;on retrouve la fascination toujours aussi vive et sinc\u00e8re de Murphy pour les monstres, il les filme avec une \u00e9tonnante bienveillance et ne cherche pas \u00e0 les sanctifier, quitte \u00e0 montrer leurs c\u00f4t\u00e9s les plus sombres. A une \u00e9poque o\u00f9 ces cirques \u00e9taient appr\u00e9ci\u00e9s et d\u00e9test\u00e9s, l&rsquo;on consid\u00e9rait ces gens comme de vulgaires objets de divertissement sans \u00e2me. Or, dans American Horror Story Freak Show, se veut le digne h\u00e9ritier moderne de\u00a0<i>Freaks, la Monstrueuse Parade<\/i>. On prend en compte les sentiments, les peines et les douleurs de chacun de vivre dans un monde qui ne leur fait aucune place. Murphy joue habilement sur les contraires de ses \u00ab\u00a0h\u00e9ros\u00a0\u00bb : au fond, qui est le monstre dans cette histoire ? Ceux que l&rsquo;on soup\u00e7onne monstrueux le sont-il r\u00e9ellement ? Voir Dandy, parfait petit Am\u00e9ricain, trucider tout ce qui croise son chemin, ou encore Jimmy utiliser ses doigts de homard pour d\u00e9florer des vierges, ou bien Mr Spencer qui pense tenir l&rsquo;affaire de sa vie en envoyant tout ces monstre direction le mus\u00e9e des Horreurs&#8230; On pense aussi \u00e0 l&rsquo;histoire touchante et poignante de Penny, jeune fille de bonne famille trait\u00e9e comme un animal par son p\u00e8re. Elle se retrouve d\u00e9figur\u00e9e par un \u00e9norme tatouage sur le visage et ras\u00e9e, condamn\u00e9e \u00e0 \u00eatre accueillie dans le cirque au milieu de gens rejet\u00e9s comme elle.<\/p>\n<p>American Horror Story \u00ab\u00a0Freak Show\u00a0\u00bb, le titre \u00e9tait tout trouv\u00e9. Pourtant, la saison marque des signes d&rsquo;essoufflement, et si la surench\u00e8re \u00e9tait convaincante dans\u00a0Coven, elle est plus aga\u00e7ante dans\u00a0Freak Show. <i>Tupperware Party<\/i> qui vire au bain de sang litt\u00e9ral dans une piscine, sourire de clown d\u00e9pec\u00e9 port\u00e9 par un fou, pauvre minuscule femme enferm\u00e9 dans un bol de formol expos\u00e9 au mus\u00e9e, cadavre outrag\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;on coud deux t\u00eates de femme. Trop, me diriez-vous ? Peut-\u00eatre. A force de partir dans tous les sens,\u00a0Freak Show p\u00e2tit d&rsquo;un manque de direction s\u00e9rieuse. La saison se targue m\u00eame de son premier crossover pas indispensable avec le personnage de Pepper. Mais si l&rsquo;on devait retenir la seule chose poignante de cette histoire, c&rsquo;est le th\u00e8me principal de la peur de l&rsquo;inconnu, et des illusions perdues. Elsa Mars, en qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de reconnaissance, doit perdre sa famille de substitution pour acc\u00e9der au confort mat\u00e9riel dont elle a toujours r\u00eav\u00e9 mais qui ne la comble pas. Le final, logique et touchant malgr\u00e9 l&rsquo;horreur, s&rsquo;av\u00e8re efficace. Malgr\u00e9 son caract\u00e8re tr\u00e8s brouillon,\u00a0Freak Show\u00a0se rattrape avec une fin \u00e9trangement positive.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/hotel.jpg\" alt=\"American Horror Story : anthologie baroque de la terreur - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/hotel.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/hotel-300x169.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/hotel-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/hotel-768x432.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/hotel-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > American Horror Story V : Hotel \/ L&rsquo;h\u00f4tel de l&rsquo;angoisse<\/h3>\n<p>Los Angeles, il existe de trop rares h\u00f4tels \u00e0 la fa\u00e7ade Art D\u00e9co, et l&rsquo;h\u00f4tel Cortez en fait partie. Imposant, imp\u00e9rieux mais sinistre, il est dirig\u00e9 de main de ma\u00eetre par l&rsquo;inqui\u00e9tante Comtesse, une cr\u00e9ature aux cheveux p\u00e2les qui ne se nourrit que de sang provenant de touristes trop curieux. Des \u00e9v\u00e9nements inqui\u00e9tants et d\u00e9rangeants interviennent fr\u00e9quemment dans les lieux, se m\u00e9langeant \u00e0 la faune du lieu : Sally, la toxicomane cynique,\u00a0Liz Taylor, le barman d\u00e9guis\u00e9 en femme, Hazel Evers, la femme de m\u00e9nage, Iris la g\u00e9rante de l&rsquo;h\u00f4tel, le fant\u00f4me de\u00a0James Patrick March, fondateur de l&rsquo;h\u00f4tel ou encore une ancienne actrice de la blaxploitation,\u00a0Ramona Royale, et qui semble avoir eu un lien tr\u00e8s fort avec la Comtesse. Tout se complique lorsqu&rsquo;un d\u00e9tective chevronn\u00e9 compte bien r\u00e9soudre le myst\u00e8re des meurtres macabres de l&rsquo;h\u00f4tel alors qu&rsquo;un c\u00e9l\u00e8bre couturier vient d&rsquo;y \u00e9lire domicile pour trouver l&rsquo;inspiration. D&rsquo;autres myst\u00e8res suivront&#8230;<\/p>\n<p>Certainement la saison la plus c\u00e9r\u00e9brale et la plus insolite de l&rsquo;anthologie. Peut-\u00eatre pas forc\u00e9ment la plus effrayant et la plus gore qui soit, mais un curieux objet de v\u00e9n\u00e9ration. Si la saison souffre un peu de l&rsquo;absence de\u00a0<b>Jessica Lange<\/b>, muse des muses, Ryan Murphy (sacr\u00e9 chanceux) a encore tir\u00e9 une bonne carte. Ici, le centre n\u00e9vralgique de\u00a0Hotel est sans conteste la chanteuse\u00a0<b>Lady Gaga<\/b>, qui d\u00e9voile un nuancier d&rsquo;\u00e9motions et de sensations complexes dans son jeu d&rsquo;actrice. Que l&rsquo;on aime ou pas sa house-pop 90 un peu filtr\u00e9e, force est de constater qu&rsquo;elle cr\u00e8ve l&rsquo;\u00e9cran par son physique atypique : teint et cheveux blond presque blanc, v\u00eatements haute couture dans une allure de cr\u00e9ature c\u00e9leste. Tour \u00e0 tour froide, hautaine, \u00e9l\u00e9gante, enrag\u00e9e ou bien sans \u00e9motions, elle domine largement le cast qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9 au hasard. On retrouve\u00a0<b>Sarah Paulson<\/b> en toxicomane d\u00e9pressive mais attachante (sans doute son meilleur r\u00f4le),\u00a0<b>Denis O&rsquo;Hare<\/b> en Liz Taylor (et avec dignit\u00e9 en plus), et\u00a0<b>Matt Bomer<\/b> en touchant mannequin qui ne cherche que l&rsquo;affection mais qui ne trouvera que l&rsquo;horreur et la d\u00e9bauche, ou encore <b>Wes Bentley<\/b> en flic un peu paum\u00e9 \u00e0 la vie familiale tragique. L&rsquo;on apercevra\u00a0<b>Lily Rabe<\/b> en Aileen Wuornos copinant avec Ramirez et Wayne Gacy durant la Nuit du Diable, o\u00f9 serial killers et humains (ou non-humains) discutent gentiment autour d&rsquo;un Tequila Sunrise&#8230; Que dire de la photographie du lieu : un somptueux paysage Art Deco aux moulages et aux formes complexes, g\u00e9om\u00e9triques, parfois agressives, souvent inqui\u00e9tantes, qui collent parfaitement \u00e0 l&rsquo;esprit clinique de la s\u00e9rie. Mention sp\u00e9ciale \u00e0 la \u00ab\u00a0r\u00e9serve \u00e0 sang frais\u00a0\u00bb, des enfants vampires dormant dans des cercueils d&rsquo;un blanc immacul\u00e9 au milieu de murs aux incrustations de Space Invaders ou Pacman&#8230;.<\/p>\n<p>Hotel n&rsquo;est pas aussi flamboyante que\u00a0<i>Coven<\/i> ou\u00a0<i>Asylum<\/i>.\u00a0Tout est ici question d&rsquo;ordre et de mesure, voire de d\u00e9mesure. Le th\u00e8me principal est le temps qui passe. Ce temps qui appara\u00eet comme un fardeau, vieillit les jeunes, d\u00e9tourne les uns des bonheurs de la vie ou bien plonge les anciens dans des ab\u00eemes de d\u00e9sespoir. Les fant\u00f4mes de l&rsquo;h\u00f4tel ont v\u00e9cu des vies horribles et errent sans but dans des couloirs vides. On y parle d&rsquo;immortalit\u00e9 par le biais du vampirisme, ressort \u00e9cul\u00e9 mais qui se r\u00e9v\u00e8le ici efficace. On y m\u00eale les l\u00e9gendaires acteurs <b>Rudolph Valentino<\/b> et son \u00e9pouse Natacha (qui ont exist\u00e9, voyez le\u00a0Cheikh\u00a0sur Wikip\u00e9dia, chef d&rsquo;oeuvre muet!) voulant vivre \u00e9ternellement dans leurs corps de beaux jeunes gens mais condamn\u00e9s \u00e0 se nourrir de sang pour subsister. On y parle de pi\u00e8ge amoureux, familial, voire \u00e9motionnel, de chantage. La famille est ici menac\u00e9e d&rsquo;extinction et voit son avenir \u00eatre sauv\u00e9 par des enfants qui servent de r\u00e9serve de sang. La barbarie n&rsquo;agit plus en actes, mais en sentiments, en sensations, et l&rsquo;on joue constamment sur nos nerfs. Le final, logique mais m\u00e9lancolique, ne fait qu&rsquo;enfoncer le clou. Peut-\u00eatre pas la meilleure saison, mais un \u00e9trange et cruel moment de suspension dans le Temps, qui laisse songeur.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/roanoke.jpg\" alt=\"American Horror Story : anthologie baroque de la terreur - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/roanoke.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/roanoke-300x169.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/roanoke-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/roanoke-768x432.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/roanoke-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > American Horror Story VI : Roanoke \/ Le cauchemar perp\u00e9tuel<\/h3>\n<p>Shelby et Matt Millers, un couple d&rsquo;Am\u00e9ricains lambda, confient leur histoire de maison hant\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9mission du moment de la t\u00e9l\u00e9vision am\u00e9ricaine, <em>My Roanoke Nightmare<\/em>. Ils expliquent face cam\u00e9ra (avec acteurs jouant leur r\u00f4le) qu&rsquo;ils se sont install\u00e9s apr\u00e8s une agression \u00e0 Los Angeles, non loin d&rsquo;un patelin o\u00f9 s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 le drame de Roanoke, une colonie puritaine qui a tourn\u00e9 au vinaigre. Si la maison semble accueillante, Shelby est tr\u00e8s angoiss\u00e9e et appelle Lee, la soeur de son mari, \u00e0 l&rsquo;aide. C&rsquo;est alors que des \u00e9v\u00e9nements \u00e9tranges font leur apparition : bruits de meurtres, dents jet\u00e9es en l&rsquo;air, communaut\u00e9s terr\u00e9es dans les bois ou encore silhouettes inqui\u00e9tantes. De myst\u00e9rieux et sordides personnage apparaissent comme le leader de la communaut\u00e9, appel\u00e9 La Bouch\u00e8re ou encore Edward Philippe Mott, fondateur de la maison o\u00f9 le couple vit. Le cauchemar ne fait que commencer.<\/p>\n<p>Conscient que le show commen\u00e7ait \u00e0 fatiguer un peu, Murphy tente cette fois-ci le coup du\u00a0found footage. Il se permet m\u00eame de dessiner la m\u00eame histoire deux fois : celle racont\u00e9e par les gens \u00ab\u00a0de la r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb et celle jou\u00e9e par des acteurs incarnant les personnages du r\u00e9el. Vous suivez ? On se retrouve alors avec une s\u00e9rie dans une s\u00e9rie&#8230; Si\u00a0Roanoke tente quelque chose, son c\u00f4t\u00e9 foutraque en fait son charme et sa faiblesse. Pourtant, pour une raison que j&rsquo;ignore,\u00a0Roanoke est certainement ma saison d&rsquo;AHS pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, et de loin. Au d\u00e9but tr\u00e8s longue et \u00e9tir\u00e9e comme pas possible, la saison conna\u00eet une brusque mont\u00e9e d&rsquo;adr\u00e9naline vers le milieu, puis acc\u00e9l\u00e8re de fa\u00e7on agressive. Jusqu&rsquo;\u00e0 nous proposer un final en apoth\u00e9ose o\u00f9 acteurs, gens du \u00ab\u00a0r\u00e9el\u00a0\u00bb et fant\u00f4mes ressuscit\u00e9s se tirent dans les pattes dans un d\u00e9ferlement de violence rarement atteint dans la s\u00e9rie. On y retrouve les vieilles obsessions de Murphy pour les fins de vie surr\u00e9alistes : d\u00e9capitation, homme-cochon, famille consanguine coupant des dents, gens enterr\u00e9s vivants, adolescents cram\u00e9s sur un b\u00fbcher, vidange d&rsquo;un chargeur de balles sur une demi-douzaine d&rsquo;acteurs. Les exemples ne manquent pas. Les acteurs sont toujours parfaits et inqui\u00e9tants, voire carr\u00e9ment repoussants malgr\u00e9 leur apparente normalit\u00e9. On critique sans vergogne les \u00e9missions\u00a0clickbait du style Chasseurs de Fant\u00f4me ou autre pot-pourri \u00e0 la Hanouna o\u00f9 la logique n&rsquo;existe que dans la t\u00eate des producteurs avides de pognon. Le personnage de Lana Winters y fait son apparition pour nous livrer une copie des pires heures d&rsquo;Oprah Winfrey bas de gamme. La t\u00e9l\u00e9ralit\u00e9 n&rsquo;est qu&rsquo;une soupe insipide, fait de coups de th\u00e9\u00e2tre calcul\u00e9s, les acteurs sont des p\u00e2les copies des personnes du \u00ab\u00a0r\u00e9el\u00a0\u00bb et tout ce petit monde va vite s&rsquo;\u00e9charper dans un d\u00e9luge de sang et d&rsquo;adr\u00e9naline.\u00a0On est revenus au bon vieux\u00a0AHS sanguinaire et barbare&#8230;<\/p>\n<p>Une saison tr\u00e8s \u00e9trange, parfois \u00e9tir\u00e9e en longueur comme un mauvais r\u00eave qui conna\u00eet une brusque mont\u00e9e de violence vers l&rsquo;\u00e9pisode 5 en r\u00e9alisant vers la fin un v\u00e9ritable feu d&rsquo;artifice. Il est ici question des apparences, du poids du pass\u00e9 et des remords. La touchante histoire de Flora, fille de Lee, risque d&rsquo;en faire pleurer plus d&rsquo;un &#8211; \u00e0 moins d&rsquo;avoir un coeur de pierre. On retient une conclusion \u00e9poustouflante, sauvage et forte, sous une lune rouge sang.\u00a0Si les \u00e9clats de lucidit\u00e9 en mode\u00a0Projet Blair Witch pourront en faire rire certains, on se prend \u00e0 rentrer dans le jeu, et m\u00eame \u00e0 frissonner aux moments o\u00f9 il faut frissonner. Les forces du Mal sont ici impitoyables et l&rsquo;on devine d&rsquo;entr\u00e9e que la chute n&rsquo;en sera que plus cruelle.\u00a0<i>Roanoke<\/i> ne r\u00e9volutionne certes pas le genre, mais lui donne une fougue et une jeunesse qu&rsquo;on se surprend \u00e0 appr\u00e9cier.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/cult.jpg\" alt=\"AHS : anthologie baroque de la terreur - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/cult.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/cult-300x169.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/cult-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/cult-768x432.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/cult-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > American Horror Story VII : Cult \/ La secte d\u00e9moniaque<\/h3>\n<p>Enfer et damnation ! Donald Trump a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu pr\u00e9sident des Etats-Unis. Non content de jouer l&rsquo;acteur occasionnel dans Sex &amp; The City et Maman j&rsquo;ai Rat\u00e9 l&rsquo;Avion, ou de poss\u00e9der sa propre tour \u00e0 New York, voil\u00e0 qu&rsquo;il pr\u00e9side sur le Bureau Ovale ! Mais je m&rsquo;\u00e9gare. Si bon nombre d&rsquo;Am\u00e9ricains ronge leurs freins en silence, le cas d&rsquo;Ally est plus pr\u00e9occupant. Malgr\u00e9 l&rsquo;amour de sa femme Ivy et de son fils adoptif Oz, Ally ne parvient plus \u00e0 r\u00e9fr\u00e9ner ses peurs : coulrophobie (celle des clowns), trypophobie (celle des trous) et h\u00e9matophobie (celle du sang). Parall\u00e8lement, Kai Anderson, un jeune homme d\u00e9rang\u00e9 aux cheveux bleus, jubile de cette victoire et d\u00e9cide de cr\u00e9er sa propre secte. Son lancement dans la politique (le si\u00e8ge du conseil municipal) arrive au m\u00eame instant ou Ally est t\u00e9moin de meurtres commis par des clowns tueurs. Mais personne dans son entourage, ne la croit. Elle va alors mener l&rsquo;enqu\u00eate malgr\u00e9 ses peurs et la v\u00e9rit\u00e9 qu&rsquo;elle d\u00e9couvre ne va pas lui plaire&#8230;<\/p>\n<p>En m\u00e9langeant l&rsquo;actualit\u00e9 \u00e0 ses fantasmes horrifiques,\u00a0<i>American Horror Story Cult <\/i>s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre la saison la plus politique et la plus c\u00e9r\u00e9brale d&rsquo;AHS.\u00a0Ici, les effets de peur sont dissip\u00e9s dans des \u00e9v\u00e9nements li\u00e9s aux sectes qui ont pullul\u00e9 dans l&rsquo;histoire am\u00e9ricaine. Sans surprise elles ont toutes \u00e9chou\u00e9 dans la mort et la violence : l&rsquo;affaire Waco, o\u00f9 plus de 85 personnes se sont suicid\u00e9s collectivement, Marshall Applewhite fondateur de &lsquo;Heaven&rsquo;s Gate\u00a0\u00bb qui se tua avec 38 de ses disciples en Californie, ou l&rsquo;\u00e9pouvantable issue des membres du Temple du Peuple g\u00e9r\u00e9 par le pasteur\u00a0Jim Jones, o\u00f9 pr\u00e8s de 900 membres (dont 300 enfants&#8230;) p\u00e9rirent apr\u00e8s aval\u00e9 du jus m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 du cyanure !! Comme terreau fertile, il n&rsquo;y avait qu&rsquo;\u00e0 se baisser pour ramasser. Qui de mieux qu&rsquo;<b>Evan Peters<\/b>, g\u00e9nie parmi les g\u00e9nies, pour incarner le tortur\u00e9 Kai ? Il incarnera successivement Andy Warhol, Jim Jones, Applewhite, Koresh (leader de la secte de Waco) voire m\u00eame Charles Manson dans des s\u00e9quences d&rsquo;une grande intensit\u00e9. La g\u00e9niale\u00a0<b>Sarah Paulson<\/b> en femme bless\u00e9e, puis en guerri\u00e8re nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, impressionne autant qu&rsquo;elle effraie. Il faut \u00e9galement citer l&rsquo;\u00e9patante <b>Billie Lourd,<\/b> fille de Carrie Fischer la c\u00e9l\u00e8bre princesse Leia, qui nous montre que le talent peut se transmettre \u00e0 la descendance. A la fois inqui\u00e9tante, fragile et perdue face \u00e0 ce fr\u00e8re psychopathe, elle d\u00e9tonne dans cet univers glauque.\u00a0Ici, c&rsquo;est la x\u00e9nophobie pure et dure qui est le sujet de la s\u00e9rie.\u00a0Tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule WASP voulu par Trump devront dispara\u00eetre. Vous \u00eates une femme, vous \u00eates gay, vous \u00eates \u00e9tranger, vous n&rsquo;\u00eates pas protestant ? Et bien allez donc vous faire voir ! R\u00e9volt\u00e9 et d\u00e9go\u00fbt\u00e9 (on le comprend), Murphy pr\u00e9f\u00e8re le biais de la secte pour d\u00e9noncer une politique affreuse. Gay et f\u00e9ministe, Ryan Murphy s&#8217;empare de l&rsquo;affaire Valerie Solanas connue pour avoir bless\u00e9 gravement Andy Warhol. Jou\u00e9e par la fabuleuse\u00a0<b>Lena Dunham<\/b>, cette militante f\u00e9ministe et lesbienne eut une existence humiliante faite de prostitution, de violences et de rejet, publia un manifeste qui gardera un \u00e9cho encore de nos jours. Sans doute que son cas illustre toutes les \u00e9preuves que l&rsquo;on peut vivre dans sa vie pour lutter contre ceux qui vous jettent sans fondement.<\/p>\n<p><i>American Horror Story Cult<\/i> ne s&#8217;embarrasse pas de mani\u00e8res, c&rsquo;est vrai. La parano\u00efa, centre n\u00e9vralgique de l&rsquo;histoire, se glisse dans la t\u00eate des protagonistes encore plus rapidement que les \u00e9lucubrations de Trump \u00e0 ses sujets. Elle change les agneaux en loups et les poussent dans leurs derniers retranchements, avec son cocktail de meurtres sordides, de trahisons, d&#8217;empoisonnements, d&#8217;emprise sexuelle, de folie ordinaire. Kai, le Diable en personne, s&rsquo;imagine pouvoir les dompter avec ces \u00e9l\u00e9ments, mais cela s&rsquo;av\u00e8re illusoire. La femme l&#8217;emporte. Le plan de fin, ambigu, s&rsquo;annoncerait salvateur, mais c&rsquo;est un leurre. La femme sera-t-elle l&rsquo;avenir de l&rsquo;homme ? Ou bien se montrera-t-elle pire que celui-ci ? Murphy n&rsquo;y r\u00e9pond pas, et nous laisse dans une incertitude totale. Ce qui est certainement plus angoissant et insupportable que le d\u00e9roulement de l&rsquo;histoire. Une critique profonde et f\u00e9roce des peurs sombres et cach\u00e9es de l&rsquo;Am\u00e9rique.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/apocalypse.jpg\" alt=\"AHS : anthologie baroque de la terreur - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/apocalypse.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/apocalypse-300x169.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/apocalypse-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/apocalypse-768x432.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/apocalypse-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > American Horror Story VIII : Apocalypse \/ Fin et Renouveau d&rsquo;AHS<\/h3>\n<p>Un ensemble de catastrophes nucl\u00e9aires, missiles et compagnie, a compl\u00e8tement ravag\u00e9 la plan\u00e8te de ses habitants. Le globe terrestre ressemble plus \u00e0 un paysage de\u00a0Fallout avec ses effluves empoisonn\u00e9es et ses humains radi\u00e9s au mieux comdamn\u00e9s \u00e0 mourir, au pire \u00e0 virer cannibales. Une \u00e9trange organisation, la Coop\u00e9rative, a r\u00e9alis\u00e9 une s\u00e9lection d&rsquo;ADN sup\u00e9rieurs pour caster les humains les plus aptes \u00e0 la survie, et aussi les plus riches qui peuvent s&rsquo;offrir le ticket d&rsquo;entr\u00e9e \u00e0 plusieurs milliers de dollars. Ils cr\u00e9ent ainsi un bunker central, ainsi que d&rsquo;autres avant-gardes cens\u00e9s prot\u00e9ger d&rsquo;autres humains. Dans le bunker de l&rsquo;intrigue, on retrouve Coco Vanderbilt, insupportable milliardaire fille \u00e0 papa, son assistante esclave Mallory, son meilleur ami gay coiffeur Mr Gallant, sa grand-m\u00e8re Evie, un couple lambda Timothy et Emily. Ce petit monde est r\u00e9gi par deux bourreaux f\u00e9minins : Wilhemina Venable et ses r\u00e9parties aigres, et l&rsquo;\u00e9trange Mead, taiseuse et froide. Alors que les rations s&rsquo;amenuisent et que les avant-gardes tombent comme des mouches, un myst\u00e9rieux jeune homme, Michael Langdon, brave les \u00e9l\u00e9ments pour constituer une derni\u00e8re \u00e9quipe d&rsquo;humains pour les conduire \u00e0 un dernier sanctuaire&#8230;<\/p>\n<p>Apr\u00e8s nous avoir fait voyag\u00e9 dans tous les symboles de l&rsquo;horreur du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent, Ryan Murphy nous livre sa vision personnelle de l&rsquo;Apocalypse. Et le moins qu&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est que c&rsquo;est certainement la saison la plus dense et la plus charg\u00e9e jamais r\u00e9alis\u00e9e. En cause? Les multiples crossovers des autres saisons \u00e0 <em>American Horror Story : Apocalypse<\/em>, logiquement connect\u00e9es \u00e0 l&rsquo;intrigue de cette derni\u00e8re. Ce qui en fait un vibrant maelstr\u00f6m o\u00f9 j&rsquo;avoue, on s&rsquo;y perd un peu. On retrouve <strong>Leslie Grossman<\/strong>, autre muse de Murphy aper\u00e7ue dans\u00a0<em>Popular<\/em>, <em>Nip-Tuck<\/em> et autres saisons,\u00a0<strong>Billie Lourd<\/strong> \u00e0 notre plus grand bonheur, grande sorci\u00e8re transform\u00e9e en larbin gris\u00e2tre,\u00a0<strong>Joan Collins<\/strong> en mamie un peu folle,\u00a0<strong>Kathy Bates<\/strong> en vraie-fausse femme tortionnaire, et de nouvelles t\u00eates bienvenues comme\u00a0<strong>Adina Porter<\/strong>, la sensible Emily associ\u00e9 \u00e0 son amour Timothy (<strong>Kyle Allen<\/strong>, impeccable), formant un couple d&rsquo;amoureux dans un oc\u00e9an de perdition. Le plus de la saison est le charme magn\u00e9tique du terrifiant\u00a0Cody Fenn, jouant Michael Langdon, le rejeton du Diable, avec brio. Sans scrupules, d&rsquo;une cruaut\u00e9 presque math\u00e9matique, amoral et sans \u00e9motions, il charme ses troupes tout en terrorisant ses ennemis, avec au fond une \u00e2me d&rsquo;enfant mal aim\u00e9. Je ne peux vous en dire plus. On y croise sorci\u00e8res de\u00a0Coven, famille de la\u00a0Murder House, quelques touches\u00a0d&rsquo;Asylum et un peu de l&rsquo;h\u00f4tel Cortez d&rsquo;Hotel. Tous tentent de sauver ce qui peut l&rsquo;\u00eatre avant que ce ne soit trop tard. Cette fois-ci, on s&rsquo;int\u00e9resse clairement aux rapports de force et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une hi\u00e9rarchie presque moyen\u00e2geuse : les pauvres en larbins gris, les riches au sommet de la tour entre f\u00eates folles, brushings impeccables et mets de choix, quand le garde-manger le permet. Le surnaturel y est quasi-obligatoire, jonglant sans cesse avec les sorci\u00e8res, les esprits, les fant\u00f4mes, le vaudou, les junkies avec en prime, des humains radi\u00e9s plus proches de\u00a0Toxic Avenger que de\u00a0Walking Dead ! Si ce c\u00f4t\u00e9 foutraque peut en \u00e9puiser certains, il se r\u00e9v\u00e8le \u00e9trangement jouissif. On se surprend m\u00eame \u00e0 c\u00f4toyer des satanistes et Anton LaVey (fondateur du mouvement), deux geeks travaillant pour les Illuminati et.. un robot.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai plus les mots. Murphy a \u00e9puis\u00e9 ses derni\u00e8res ressources dans un dernier jet de cr\u00e9ativit\u00e9, un peu lourd par moments, mais qui saura \u00eatre un r\u00e9gal pour les fans. Avec une certaine candeur, il revisite \u00e0 sa sauce un univers post-apocalyptique o\u00f9 l&rsquo;ancien et le nouveau se confondent dans une fin tragique o\u00f9 l&rsquo;humanit\u00e9 s&rsquo;est tu\u00e9e toute seule. La fin d&rsquo;un monde pourrait m\u00eame en engendrer un deuxi\u00e8me, en remontant le cours du Temps et en recommen\u00e7ant les bonnes actions jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre son but&#8230; ou pas. Je n&rsquo;en dis pas plus. Nihiliste, anticapitaliste, jusqu&rsquo;au-boutiste, Apocalypse est une fin totale, mais ce qui suit derri\u00e8re ne sera pas mieux. Ryan Murphy, proph\u00e8te des temps modernes?<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/sonologysm.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/1984.jpg\" alt=\"AHS : anthologie baroque de la terreur - Alworld.fr\" srcset=\"https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/1984.jpg 1920w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/1984-300x169.jpg 300w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/1984-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/1984-768x432.jpg 768w, https:\/\/alworld.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/1984-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<h3  > American Horror Story IX : 1984 \/ L&rsquo;\u00e9t\u00e9 meurtrier<\/h3>\n<p>Nous sommes en 1984, en pleine \u00e8re Reagan, en pleine guerre Froide. Dragon Ball vient d&rsquo;\u00eatre publi\u00e9 au Japon, Pinochet \u00e9tablit la dictature en Argentine, et la guerre du Liban \u00e9clate \u00e0 Beyrouth. Mais tout ceci n&rsquo;est qu&rsquo;un contexte&#8230; car pour le moment c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9t\u00e9 \u00e0 Los Angeles, et une bande de beaux jeunes gens d\u00e9cident de partir pour le Camp Redwood en tant que moniteurs dans une colonie de vacances. Elle est compos\u00e9e de Brooke, la nouvelle du cours d&rsquo;a\u00e9robic venant de P\u00e9taouchnoque, Xavier, le beau gosse dirigeant du cours d&rsquo;a\u00e9robic, Chet, le type sympa, Ray, l&rsquo;Afro-Am\u00e9ricain de service, et Montana, grande gueule coca\u00efn\u00e9e peroxyd\u00e9e. Une bonne raison pour fuir des meurtres violents \u00e0 Los Angeles et les Jeux Olympiques et se payer du bon temps \u00e0 peu de frais. La nuit tomb\u00e9e, Brooke est agress\u00e9e par un sataniste comme \u00ab\u00a0mise en garde\u00a0\u00bb. Le lendemain, tous partent pour le Camp o\u00f9 ils font la connaissance de Margaret Booth, propri\u00e9taire du Camp,\u00a0Trevor le directeur des activit\u00e9s, Rita l&rsquo;infirmi\u00e8re, et\u00a0Bertie, la cuisini\u00e8re. Au cours d&rsquo;un feu de camp, Rita leur d\u00e9voile les sombres atrocit\u00e9s qui ont eu lieu au Camp Redwood il y a de cela 14 ans par un certain M. Grelots. Ancien combattant du Vietnam, il chercherait en ce moment m\u00eame \u00e0 se venger de la 10e victime qui s&rsquo;est \u00e9chapp\u00e9e&#8230; Pourrait-il \u00eatre le fameux meurtrier de Los Angeles ?<\/p>\n<p>Si on pensait que Ryan Murphy ne c\u00e8derait pas aux lueurs de la nostalgie \u00e0 la\u00a0Stranger Things, c&rsquo;est rat\u00e9. On plonge carr\u00e9ment dans cette \u00e9poque riche en \u00e9paulettes, vid\u00e9os kitsch d&rsquo;a\u00e9robic, et aux cheveux d\u00e9fiant la gravit\u00e9. On est clairement dans l&rsquo;hommage un peu (trop?) appuy\u00e9 aux\u00a0slasher movies qui ont fait les beaux jours des salles obscures des ann\u00e9es 80. Comment ne pas penser directement au fameux\u00a0Vendredi 13 dont American Horror Story 1984 s&rsquo;inspire (trop) largement ? Si l&rsquo;envie de se taper le front nous vient \u00e0 l&rsquo;esprit, on ne peut s&#8217;emp\u00eacher de constater que Murphy, une fois encore, a r\u00e9ussi son pari de la nostalgie. En outre, il propose m\u00eame un jeu d&rsquo;acteurs parfois surjou\u00e9 pour renforcer le c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0film d&rsquo;horreur ado\u00a0\u00bb de son sujet.\u00a0<strong>Billie Lourd<\/strong> est tr\u00e8s convaicante en sensuelle gazelle folle d&rsquo;hommes et de sensations fortes, <strong>Cody Fenn<\/strong> se mue en clone de <strong>Simon LeBon<\/strong> (chanteur de Duran Duran), <strong>Emma Roberts<\/strong> dans un r\u00f4le \u00e0 contre-courant de demoiselle en d\u00e9tresse pas stupide, ou l&rsquo;apparition trop rare d&rsquo;<strong>Angelina Ross<\/strong>, en infirmi\u00e8re ancienne soldate, qui avait jou\u00e9 dans <em>Roanoke<\/em>. On retrouve <strong>Matthew Morrison<\/strong> en prof de sport libidineux port\u00e9 sur la chose et encore une nouvelle r\u00e9v\u00e9lation d&rsquo;acteur : le stup\u00e9fiant <strong>Zach Villa<\/strong> dans la peau du tueur en s\u00e9rie Richard Ramirez ! Sa prestation, incandescente et cachant une rage sourde, nous \u00e9pate et arrive m\u00eame \u00e0 nous faire (beaucoup) peur. Citons le fameux M. Grelots, jou\u00e9 par l&rsquo;excellent <strong>John Carroll Lynch<\/strong> (<em>Fargo, Volte\/Face<\/em>, Twisty le clown de Freak Show, et John Wayne Gacy dans <em>Hotel<\/em>), pr\u00e9sent\u00e9 comme l&rsquo;antagoniste de l&rsquo;histoire, mais qui va vite nous faire virer de bord, au m\u00eame moment que l&rsquo;histoire prend un twist inattendu. L&rsquo;atmosph\u00e8re eighties est tr\u00e8s bien repr\u00e9sent\u00e9e, avec ses v\u00eatements criards et ses hits de l&rsquo;\u00e9poque (<strong>Kajagoogoo<\/strong>, <strong>Billy Idol, Cyndi Lauper<\/strong>), l&rsquo;ambiance slasher \u00e9galement avec ses nombreux codes inviol\u00e9s : psychopathe solitaire, bande de jeux d\u00e9c\u00e9r\u00e9br\u00e9s, jeu de massacre, sang et compagnie. Si l&rsquo;on est tout aussi fan de l&rsquo;univers barr\u00e9 de Ryan Murphy, une certaine lassitude s&rsquo;installe, heureusement \u00e9vacu\u00e9e par des acteurs toujours plus m\u00e9ritants et un cadre desservi par une excellente photographie.<\/p>\n<p>Le cr\u00e9ateur de la s\u00e9rie exposait des th\u00e8mes tr\u00e8s personnels dans ses oeuvres (racisme, sexisme, rejet, intol\u00e9rance, capitalisme, homophobie, violence). Dans\u00a01984, il est question de nostalgie, des regrets du pass\u00e9 et de m\u00e9lancolie. La derni\u00e8re phrase prononc\u00e9 par Montana l&rsquo;affirme : \u00ab\u00a0les ann\u00e9es 80 ne mourront jamais, mec\u00a0\u00bb. Le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent semblent toujours \u00eatre maintenus par une corde raide o\u00f9 les esprits vagabonds voguent \u00e0 leur aise, mais rarement apais\u00e9s. La fronti\u00e8re entre vie et mort y est toujours minuscule, comme pour dire que le temps n&rsquo;est qu&rsquo;au final qu&rsquo;une grande boucle, un grand tout qui fait que les \u00e9v\u00e9nements qui nous arrivent sont toujours connect\u00e9s. Bien s\u00fbr, il est question de paternit\u00e9, du poids des origines et des fautes du pass\u00e9 : voir le personnage bouleversant de M. Grelots, qui vient d&rsquo;avoir un fils et se demande s&rsquo;il ne sera pas aussi mauvais que lui. Une morale sous-jacente se profile alors : les actes violents sont punis par une errance \u00e9ternelle, les actes m\u00e9ritants sont r\u00e9compens\u00e9s par de l&rsquo;attente et de la douleur.<\/p>\n<p>Cela pourrait aussi \u00eatre une conclusion globale \u00e0 l&rsquo;ensemble de la s\u00e9rie si l&rsquo;on voit dans l&rsquo;ordre les diff\u00e9rentes saisons d&rsquo;AHS : <em>Murder House<\/em> le deuil impossible, <em>Asylum<\/em> l&rsquo;\u00e9volution contrainte, <em>Coven<\/em> la famille dysfonctionnelle et coinc\u00e9e, <em>Freak Show<\/em> le rejet brutal, <em>Hotel<\/em> le temps qui passe, <em>Roanoke<\/em> le miroir des apparences, <em>Cult<\/em> le monde politique et enfin 1984 la nostalgie n\u00e9vralgique.<\/p>\n<h3  > Bonus vid\u00e9o : Compilations des opening des saisons d&rsquo;AHS<\/h3>\n<p>\t\thttps:\/\/www.youtube.com\/watch?v=uszyuXefJyA<\/p>\n<p>Nous sommes en face d&rsquo;une compilation des g\u00e9n\u00e9riques d&rsquo;ouverture d&rsquo;American Horror Story d&rsquo;une rare beaut\u00e9 et qui personnellement me font un peu flipper. Un grand merci \u00e0\u00a0<strong>Kyle Cooper<\/strong>, dirigeant de la soci\u00e9t\u00e9 <strong>Prologue<\/strong>, un sp\u00e9cialiste des effets sp\u00e9ciaux car il a r\u00e9alis\u00e9 personnellement les g\u00e9n\u00e9riques de films comme\u00a0<em>Mother !, Paradise Lost, Star Trek Beyond<\/em>\u00a0ou encore\u00a0<em>Rock&rsquo;n&rsquo;Rolla<\/em>. Pas vraiment un d\u00e9butant donc.<\/p>\n<p>Le th\u00e8me ? Celui de la saison en cours, avec des \u00e9l\u00e9ments graphiques extr\u00eamement soign\u00e9s et subtilement int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ensemble. Pour plus de coh\u00e9rence, chaque saison a son g\u00e9n\u00e9rique propre, sauf\u00a0<em>Roanoke<\/em>, qui se contente d&rsquo;un simple g\u00e9n\u00e9rique noir et blanc pour bien nous pi\u00e9ger avec le g\u00e9n\u00e9rique d&rsquo;une v\u00e9ritable \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9. La musique y est stridente, violente pour les oreilles, tout comme les images qui d\u00e9filent, pas franchement rassurantes. <em>Murder House<\/em> et ses v\u00eatements d&rsquo;enfant perdus dans le sang et les larmes, ou encore des gravures de sorcellerie pour <em>Coven<\/em>, ou bien un cirque miniature aux excentricit\u00e9s corporelles (la \u00ab\u00a0botte-vagin\u00a0\u00bb, la t\u00eate qui vomit) pour <em>Freak Show<\/em>. Les \u00e9l\u00e9ments politiques sont plus subtils dans <em>Cult<\/em>, avec un voyou grim\u00e9 en Trump devant une glace et un briquet pr\u00eat \u00e0 enflammer de l&rsquo;alcool, ou plus g\u00e9n\u00e9rationnels avec le splendide hommage des ann\u00e9es 80 de\u00a01984 avec ses vid\u00e9os d&rsquo;a\u00e9robic sous acide recouvertes d&rsquo;\u00e9claboussures de sang et ses transitions style <em>Miami Vice<\/em>.<\/p>\n<p>Bref, aucun g\u00e9n\u00e9rique ne se ressemble et nous aide davantage \u00e0 appr\u00e9cier les anthologies que nous offre la s\u00e9rie. Un univers propre, gracieux dans son horreur, qui r\u00e9v\u00e8le plein de surprises \u00e0 chaque plan. Excellent job.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>American Horror Story, un m\u00e9lange de NFSW et de d\u00e9lire gore et grandguignolesque r\u00e9alis\u00e9 avec une certaine classe. Apr\u00e8s la superficialit\u00e9 ado (Popular), les contes cruels de l&rsquo;esth\u00e9tique (Nip-Tuck), les d\u00e9boires gays (The Normal Heart), Ryan Murphy propose une relecture intriguante et prenante de l&rsquo;horreur. 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